10 juin 2021

Salina : les trois exils

Gaudé, Laurent

Salina les trois exils Gaudé

Avant de faire le résumé de ce roman, je dois faire un aveu : certains livres marquent mon imaginaire par leur différence. Différence dans le style, dans le ton, dans la forme, dans la proposition.

J’ai vécu des moments différents avec la lecture de Dune et Le Messie de Dune de Frank Herbert. Toute la structure de ces romans de science-fiction était addictive.

Avec Anne Rice, La Voix des anges parle de la vie d’un castrat. Ce roman différait de la chronique des vampires.

À la lecture de Salina, j’ai renoué avec différents livres qui s’imposaient à ma mémoire. J’ai vécu avec Yôko Ogawa et son récit Le Petit joueur d’échecs. La tendresse de cette écriture était salutaire.

J’ai pensé à La Seule histoire de Julian Barnes qui nous fait entendre le témoignage d’un jeune homme en amour avec une femme plus âgée et alcoolique.

Je me suis laissé bercer par Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin. La générosité du partage et de l’intimité de cette histoire est rassurante.

Je dois ajouter à cette liste L’Absente de tous bouquets de Catherine Mavrikakis, récit qui permet à l’auteure de livrer une tranche de vie, soit le deuil vécu lors du décès de sa mère.

Je veux aussi souligner le livre d’Éric-Emmanuel Schmitt, Journal d’un amour perdu qui livre l’intensité d’une perte et qui nous fait partager les étapes d’un deuil.

Dans Salina, Malaka doit trouver un endroit afin d’enterrer sa mère qui vient de mourir. Il arrive dans une ville et cherche le cimetière. Il doit se faire aider par un passeur, car le cimetière est une île. Une condition doit être respectée pour que le cimetière accepte Salina : Malaka doit faire le récit de la vie de sa mère.

Dans ce court recueil, nous découvrons la vie de cette femme : bébé rejeté des siens et adopté par une tribu réticente ; jeune fille avec une enfance heureuse, mariée à un homme qu’elle ne désire pas ; femme de trois fils et de trois exils.

Le récit de son fils attire toute la ville sur l’étendue d’eau qui mène à l’île-cimetière. La franchise de Malaka va-t-elle influencer l’ouverture des portes de cette île-cimetière ? Ce fils peut-il vraiment témoigner de l’enfance de cette femme et trouvera-t-il les mots afin de parler de ses frères qu’il ne connaît pas ?

Mon seul souhait est d’avoir choisi les bons mots afin de susciter votre curiosité pour ce roman.

Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu

Gaudé, Laurent. Salina : les trois exils, Éditions Actes Sud, 2018, 149 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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