27 mai 2021

Paris, mille vies

Gaudé, Laurent

Paris, mille vies

Dans ce court livre de 91 pages, un homme arrive dans une gare de Paris. Il croise un inconnu, vêtements et corps sales, qui lui demande : « Qui es-tu, toi ? ».

Débute alors une lente marche de nuit dans cette ville. Nous allons au devant des souvenirs et des morts. « À chaque seconde, quelque chose me fait sentir que cette nuit va être peuplée et que le souvenir de ma douleur n’est rien d’autre qu’une sorte de geste inaugural qui va libérer tout ce qui se presse autour de moi. C’est l’heure de l’invisible et des mots. Alors, entre mes dents serrées, je m’entends dire avec un ton de fièvre : “Et maintenant qu’apparaisse tout ce qui gronde !” » (p. 23)

De multiples vies s’imposent au souvenir de cette nuit. À la page 79, nous pouvons lire : « […] Une seule chose nous sauve, c’est l’intensité. Il n’y a qu’elle à opposer à la fragilité de nos existences. » Le narrateur répond à la question du début. Et il nous amène à cette phrase : « C’est à cause que tout doit finir que tout est si beau. »

Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu

Gaudé, Laurent. Paris, mille vies, Éditions Actes Sud, Leméac, 2020, 91 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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