14 oct 2021

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

L’œuvre de Catherine Cusset est traduite dans une vingtaine de langues. Je suis toujours curieuse de connaître le sujet de son prochain livre. Cette fois, avec La Définition du bonheur (Gallimard, 2021), l’écrivaine française nous plonge dans l’histoire de Clarisse, qui habite Paris, et d’Ève, Brooklyn. Nous suivons avec intérêt et curiosité le destin de ces femmes et de leur entourage du mois d’août 1979 au 29 janvier 2021.

Le prologue nous laisse à lire : « Paul [le mari d’Ève] et moi passions la nuit chez mes parents à Boulogne. Nous avions fait l’aller-retour pour enterrer Clarisse [1963-2021] et reprenions l’avion le lendemain matin pour New York. » Avant de quitter le cimetière de Bagneux, l’aîné des fils de la défunte avait remis à Ève une clef USB sur laquelle il y avait les premières 250 pages de La Définition du bonheur qui démarrait à l’été 1979 où l’adolescente avait passé trois semaines à Hyères, dans un club de vacances, gérés par des amis de sa mère.

Dès le départ, nous nous demandons quel est le lien qui unit Ève et Clarisse ? Se connaissent-elles depuis longtemps ? Sont-elles amies ou parentes ? C’est ce que la deuxième partie nous dévoilera.

Sans préciser s’il s’agit de Clarisse ou d’Ève, voici quelques particularités glanées durant ma lecture, et qui, je l’espère, piqueront votre curiosité.

L’une est juive, l’autre catholique.

L’une est fille unique, l’autre a trois frères.

L’une a une mère alcoolique, l’autre n’est pas confrontée au même problème.

L’une a été violée à 16 ans et a fait deux tentatives de suicides, l’autre pas.

L’une apprend, à l’âge de 17 ans, que l’homme qui l’a élevée n’est pas son père biologique, l’autre a eu très peu de contact avec son paternel.

L’une a abandonné son bac, l’autre a poursuivi ses études universitaires.

L’une est nomade et a beaucoup voyagé, l’autre s’est ancrée plus rapidement.

L’une est un électron libre qui cumule divers boulots, l’autre a mis sur pied son entreprise culinaire.

Les deux se sont mariées, l’une à un Américain, l’autre à un Belge.

L’une fera une fausse-couche, l’autre subira un avortement.

L’une aura trois garçons, l’autre, deux filles.

L’une divorcera lorsqu’elle apprendra que son mari l’a trompée avec sa meilleure amie, l’autre restera auprès du père de ses enfants même si l’usure du temps joue sur leur libido.

L’une aura des amours heureuses, l’autre, tumultueuses.

L’une a un mari qui ne peut vivre sans elle, l’autre multipliera les amants.

L’une aura un diagnostic de cancer du sein, l’autre devra porter plainte pour coups et blessures.

Le roman est fait d’ellipses. Il traverse plusieurs périodes houleuses de la fin des années 70 à 2021 : sida, 11 Septembre 2001, guerre en Irak, attentat du Bataclan, règne de Trump, COVID-19…

Soyez assurés que tous les morceaux du puzzle auront été mis en place avant de refermer La Définition du bonheur. Catherine Cusset signe un roman d’une grande justesse autant sur des événements qui ont marqué les XXe et XXIe siècles, que sur les sentiments contradictoires qui habitent l’être humain.


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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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