20 mai 2021

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Une amitié de jeunesse peut-elle résister au temps ? C’est ce que vous saurez en lisant Trois (Albin Michel, 2021) de Valérie Perrin, cette même Valérie Perrin qui a obtenu la faveur des membres du jury du Club des Irrésistibles lors de la 13e remise du prix en avril dernier.

Il est donc ici question de trois amis – auxquels viennent se greffer bien d’autres personnages au fil des ans. Ils habitent La Comelle, en Bourgogne. Nous les suivons du 5 juillet 1987 au 4 décembre 2018, des allers-retours dans le temps qui nous permettent d’attacher toutes les ficelles des différentes intrigues que comporte ce fabuleux roman de 669 pages. J’ai adoré !

Même si elle était alors invisible à leurs yeux, Virginie, la narratrice, a bien connu les trois inséparables : Nina Beau, Étienne Beaulieu et Adrien Bobin. « C’est Nina qui était leur trait d’union. Sans elle, Adrien et Étienne ne se voyaient pas. Ils étaient trois ou rien. »

Ils sont devenus amis alors qu’ils étaient en CM2, soit un an avant leur entrée au collège du Vieux-Colombier. Malgré leur différence de caractère et d’intérêts, ils avaient le souhait de partir vivre à Paris et de faire de la musique ensemble.

Nina Beau, née comme les deux autres en 1976, ne sait pas qui est son père et, pour ce qui est de sa mère, Marion, elle n’en sait pas beaucoup plus. Abandonnée deux mois après sa naissance, elle a été élevée par Pierre Beau, son grand-père maternel qui adore sa petite-fille. Depuis 36 ans employé des Postes, il livre les lettres à bicyclette.

Nina est une belle femme, qui a un indéniable talent pour le dessin, particulièrement au fusain. Maintenant la quarantaine, elle est, depuis 17 ans, en charge d’un refuge pour animaux abandonnés. Quelques bénévoles travaillent à ses côtés dont Simone, qui a perdu son fils unique à la suite d’un accident de voiture.

Marc Beaulieu et Marie-Laure, tous deux fonctionnaires, sont les parents d’Étienne, de Paul-Émile et de Louise.
Étienne est celui des trois enfants qui réussit le moins bien à l’école, mais il obtiendra malgré tout son bac grâce à l’aide apportée par Adrien et Nina.

Sylvain Bobin, banquier de profession, et Joséphine Simoni, auxiliaire puéricultrice, sont les parents d’Adrien. Elle a élevé seule son fils, le père étant parti peu après sa naissance. Il revient à l’improviste, laissant un chèque sur le coin de la table, avant de repartir à Paris. Adrien est celui des trois amis qui a les meilleurs résultats scolaires.

« Nina était élevée par un vieux.

Étienne était le fils d’un vieux.

Adrien celui d’un père absent et d’une mère soixante-huitarde qui fumait des roulées et écoutait Say It Ain’t So, Joe de Murray Head en nettoyant les vitres de sa salle à manger. »

Que deviendront-ils ? Qui restera en Saône-et-Loire ? Qui parmi eux fondera une famille ? Je vous laisse découvrir les diverses avenues qui s’offrent à nous.

Mais revenons un instant à Virginie, la narratrice. En 1987, elle venait d’arriver à La Commelle, commune d’à peine 12 000 âmes. Plusieurs de cette « cité ouvrière du centre de la France », décident de partir, alors que certains autres reviennent s’y installer. Ce fut son cas, 30 ans plus tard. Elle vient de s’acheter une petite maison et cumule quelques boulots dont celui de remplaçante au journal local, deux fois par année, durant les vacances.

Justement, il a fallu qu’elle soit de service au mois de décembre 2017 lorsqu’on retrouva une voiture dans la partie ouest du lac de la Forêt qui venait d’être vidée « pour une réfection d’une berge », celui-là même où les jeunes se baignaient à l’époque. Grâce à la plaque d’immatriculation, les enquêteurs ont pu dire qu’il s’agissait de la Twingo qui avait été volée à La Commelle le 17 août 1994, date qui est également celle de la disparition à l’âge de 18 ans de Clotilde Marais, l’amoureuse d’Étienne.

Comme vous le constatez, il y a de tout dans ce roman : amitié, attirance des corps, découverte de la sexualité, amour, mensonges, mariages, divorces, décès, réussites scolaires et professionnelles, déceptions, jalousie, trahisons, rêves brisés, secrets difficiles à dévoiler, entre-aide, solidarité, le tout entrecoupé de moments joyeux et d’autres plus tristes.

Il est aussi beaucoup question de musique dans ces pages. Si cela vous intéresse, sachez qu’on retrouve les noms des artistes en fin de volume sous la rubrique des remerciements.

Je n’ai pu m’empêcher de faire une analogie entre ces animaux abandonnés au refuge et l’abandon que vivront plusieurs protagonistes de cette histoire qui sera, j’en suis convaincue, un jour portée à l’écran.


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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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