19 déc 2019

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Si vous aimez le théâtre, vous serez heureux de lire Le Cœur en bandoulière (Leméac/Actes Sud, 2019) de Michel Tremblay ; si vous aimez l’œuvre du dramaturge russe Anton Tchekhov – à qui l’écrivain a voulu rendre hommage – votre plaisir sera augmenté… mais si ce n’est pas le cas, qu’à cela ne tienne, vous aurez malgré tout de quoi vous sustenter, car notre prolifique auteur met également en scène un narrateur (lisez Michel Tremblay), jamais nommé, qui, le temps de cinq couchers de soleil à Key West, reprend sa pièce laissée en friche il y a cinq ans.

Il avait alors écrit 90 pages de sa pièce de théâtre, Cher Tchekhov. Pour une rare fois, peut-être la seule fois dans sa vie, il n’avait pu la terminer. Panne d’inspiration ? Devait-il poursuivre son projet ? Si oui, dans quel intérêt ? Quoiqu’il en soit, il s’est mis à relire, à corriger, à peaufiner l’intrigue et à enrichir ses personnages, pour en arriver à un résultat final de 125 pages.

Le narrateur du Cœur en bandoulière a aujourd’hui 76 ans. C’est un homme d’habitudes qui passe ses hivers en Floride, à Key West, depuis un quart de siècle. Rituel du matin : piscine, petit-déjeuner, parfois une partie d’Angry Birds sur sa tablette électronique… À la brunante, peu importe les conditions météorologiques, il se rend à pied jusqu’au bout de la rue Reynods pour voir le coucher de soleil, tout en mangeant une orange. Comme il le précise, santé oblige ! Le tout se poursuit au Salute « seul restaurant qui donne directement sur la plage » où il déguste un Margarita avec sel.

Donc, le narrateur reprend là où il avait laissé en 2013 les sept protagonistes de Cher Tchekhov : Benoit, le dramaturge de la famille (l’alter ego de Tremblay… prénommé Jean-Marc dans d’autres livres), n’a plus d’inspiration depuis trois ans ; son frère Benjamin considère qu’il est le moins talentueux de la fratrie ; Claire, Gisèle et Marie sont toutes trois comédiennes.

Tout ce beau monde est réuni à la maison familiale de Vaudreuil pour le souper de l’Action de grâce. Se joignent à eux, Laurent, le chum de Benoit et acteur pour la télévision, et Christian, critique de théâtre et l’amoureux de Claire. Ces retrouvailles ne seront pas de tout repos, chacun y allant de répliques cinglantes.

Michel Tremblay ponctue également Cher Tchekhov de quelques nota bene nous donnant, par la même occasion, des informations complémentaires sur son processus de création, sur ses doutes, sur ses bons coups.

J’ai ressenti une certaine tristesse à la lecture de ce Cœur en bandoulière, alors que Tremblay se questionne à maintes reprises sur la pertinence d’écrire, et ce, précisons-le, malgré le fait qu’il publie depuis plus de cinq décennies.

À chaque semaine, François Busnel, animateur de l’émission La Grande Librairie, demande à un libraire ses coups de cœur. Je venais de terminer ma lecture du Cœur en bandoulière, quand l’un deux a proposé le récit d’un anonyme, La Scierie, dont la première phrase commence ainsi : « J’écris parce que je crois que j’ai quelque chose à dire. » N’en doutez point, Michel Tremblay, vous aussi, vous avez encore quelque chose à dire !

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.


Lundi dernier, je recevais la metteure en scène Natalie Lecompte, venue nous parler du spectacle 2019 Revue et corrigée, présenté au Théâtre du Rideau Vert jusqu’au 5 janvier 2019, puis au Capitole de Québec du 9 au 12 janvier 2020.



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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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