29 avr 2021

La Grâce

Montaigu, Thibault de

La Grâce

Lorsque j’ai eu 37 ans, je ne trouvais plus aucun sens à l’existence. J’ai cessé d’écrire, j’ai cessé toute activité. J’ai décidé, sous l’insistance de ma femme, de consulter une psychologue. Cette dernière, après avoir écouté mon récit, a suggéré de faire ce que je savais le mieux faire : écrire. Je me suis intéressé à une histoire sordide de meurtre. Une homme avait tué sa femme, et semblait avoir disparu de la surface de la terre. Jusqu’à une nuit, dans la chapelle d’un monastère, où je fus touché par la grâce en écoutant des moines chanter. La sensation d’un contact charnel avec Dieu.

Une seule personne pouvait m’expliquer ce que j’avais vécu : mon oncle Christian, moine franciscain qui, comme moi, a vécu un appel de Dieu à l’âge de 37 ans. Cet homme était amoureux de sa cousine durant son adolescence ; il avait un corps élancé et de mauvais résultats scolaires. À une certaine époque, les gens quittent les églises. Christian ne les fréquente pas. Il avoue à sa famille qu’il est homosexuel. Il drague les hommes dans les lieux publics. Et sur une route, entre deux villes, sa vie prend un tournant. Il choisit de devenir moine franciscain. Il meurt avant que je ne puisse lui parler de mon vide existentiel.

Ma quête débute à ce moment. Je décide de parcourir la vie de cet homme afin de comprendre son choix. Cette démarche m’a amené vers François d’Assise et à suivre ses pas. Je marchais dans ceux de Christian et de François d’Assise à chaque nouvelle rencontre visant la compréhension de mon oncle et de son choix. J’ai découvert dans cette quête de nouvelles définitions pour les mots « espérance » et « extase ». « Il faut parfois abandonner l’idée de jouer un rôle à tout prix pour trouver le sien. »

J’ai rencontré des gens dans divers lieux qui m’ont parlé de Christian. J’ai réfléchi aux mots suivants : écoute, présence et compassion. Je suis revenu auprès des miens lorsque ma quête fut terminée. Quelle réponse a donné cette quête ? Dois-je devenir moine ou juste vous parler d’un sac de couchage ?

Ce livre m’a redonné de goût de prendre des notes. Cette quête est envoûtante et la narration est intime. J’ai noté durant ma lecture des réflexions particulières que je veux partager.

« Il y a un moment ou l’on découvre avec stupeur que l’on a été jeté dans cette vie sans raison. »

« On entre dans le pourquoi du monde et la raison tremble à l’idée que rien ne justifie notre présence ici bas. »

« La grâce est comme un accord parfait au piano, et le péché cette distraction qui soudain vous fait sonner faux. Le péché qui n’est pas la faute, qui n’est pas la tache, mais le fait tout simplement de tomber à coté. De manquer la note juste. Et combien de fois dans la vie on ne fait pas attention et l’on commence à jouer de travers. Mais aucune de ces fausses notes n’est grave si l’on sait. Si l’on revient au visage tendre et sérieux de l’enfant sous les traits duquel, à chaque instant, la grâce attend de surgir. »

« Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille des hommes. »

Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu

Montaigu, Thibault de. La Grâce, Éditions Plon, 2020, 209 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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