17 juin 2021

La Cité de feu

Mosse, Kate

La Cité de feu

Dans le premier tome d’une trilogie, l’auteure Kate Mosse ancre son intrigue dans les guerres de religion qui ont ravagé le royaume de France, opposant catholiques et protestants (également appelés huguenots) dans la deuxième moitié du XVIe siècle.

L’histoire débute en 1862 au cap de Bonne-Espérance. Une jeune femme se penche sur la stèle de ses ancêtres, s’il faut en croire un journal intime vieux de trois cents ans. Tout à coup, elle sent une arme pressée sur sa nuque. Un homme qui la traque depuis longtemps veut lui ravir le journal et, sûrement, la faire disparaître. Pourquoi ?

La réponse se situe dans un passé très lointain. En 1562, la famille Joubert, d’obédience catholique, habite la cité de Carcassonne, mais tient dans la bastide une librairie spécialisée dans les ouvrages religieux de toutes tendances. Depuis le décès de Florence, sa femme, le père, Bernard, élève seul ses trois enfants : Marguerite, dite Minou, Aimeric et Alis.

Plusieurs fils de l’intrigue s’entremêlent sur fond de la montée de l’intolérance religieuse. À Carcassonne, Minou croise un jeune huguenot, Piet Reydon, qui se bat pour la liberté de culte. Par un concours de circonstances, le couple se rencontrera de nouveau à Toulouse, mais une menace pesant sur Minou le conduira à un domaine mystérieux en pleine forêt.

Piet retrouve Vital, un vieux compagnon d’études dont il était très proche. Vital est maintenant le chanoine Valentin et poursuit des objectifs à première vue religieux, mais de plus en plus teintés d’ambition et d’une passion dévorante pour les reliques religieuses. Vital pourchassera Piet, accusé d’avoir volé un fragment du suaire d’Antioche.

Dans le petit village de Puivert, le seigneur de Bruyère se meurt, empoisonné par son épouse, Blanche. Il révèle à son entourage l’existence d’un testament de sa première femme, Marguerite, morte en couches, en vertu duquel le nouveau-né, et non Blanche, héritera du domaine. Or, ce nouveau-né n’est autre que Minou, soustraite par Bernard et Florence au courroux du seigneur vingt ans plus tôt. À partir de ce moment, Blanche n’a qu’une obsession : récupérer le testament et éliminer Minou.

Kate Mosse mélange avec art la petite et la grande histoire. Les éléments de fiction s’imbriquent aisément dans les faits historiques, ce qui donne une lecture à la fois divertissante et instructive. Les personnages sont bien définis, particulièrement Minou, dont l’esprit vif et indépendant est singulier pour l’époque.

Titre original : The Burning Chambers

Membre : Ginette, bibliothèque d’Ahuntsic

Mosse, Kate. La Cité de feu, Éditions Sonatine, 2018, 2020, 605 pages.



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