30/06

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Le Jeune homme (Gallimard, 2022) d’Annie Ernaux s’apparente plus à une novella (27 pages de texte) qu’à un roman. Comme toujours, le récit est écrit au « je » puisqu’il s’agit d’une autre fenêtre qu’ouvre sur l’intime l’écrivaine octogénaire française.

L’incipit se lit comme suit : « Si je ne les écris pas, les choses ne sont pas allées jusqu’à leur terme, elles ont été seulement vécues. » Ou, encore, quelques lignes plus loin : « Souvent j’ai fait l’amour pour m’obliger à écrire. […] J’espérais que la fin de l’attente la plus violente qui soit, celle de jouir, me fasse éprouver la certitude qu’il n’y avait pas de jouissance supérieure à celle de l’écriture d’un livre. »

Fille d’épiciers-cafetiers d’Yvetot, Annie Ernaux avait 54 ans au moment de sa rencontre avec A. Son amant de 28 ans, natif de Normandie, vivait alors à Rouen, ville où, drôle de coïncidence, l’écrivaine avait étudié et où, fait encore plus étonnant, le logement de A. faisait face à l’Hôtel-Dieu où, à 23 ans, elle avait été hospitalisée à la suite d’un avortement clandestin qui avait mal tourné.

Ils se voient d’abord les fins de semaine, puis de plus en plus souvent. Tous deux, d’origine populaire, c’est peut-être, avec leur attirance sexuelle, l’un de leurs seuls points communs. Bien sûr, les gens jasent autour d’eux ; les amis de A. ne comprennent pas la relation qu’il entretient avec une femme qui pourrait être sa mère. « Il m’arrachait à ma génération mais je n’étais pas dans la sienne. » (p. 17) « Il était le passé incorporé », comme elle le dit si joliment page 21.

Les écrits d’Annie Ernaux ne comprennent aucune fioriture ni métaphore. Elle va droit au but, choisit parcimonieusement les mots qu’elle emploie, et même si tout part de sa personne – non, ce n’est pas du narcissisme –, elle englobe l’universel en parlant des femmes et de la société.

J’ai lu ce livre de manière distanciée. Pourquoi ? Parce qu’Annie Ernaux décrit ce qu’elle a vécu à la fin du millénaire sans pathos, sans regrets, mais de manière cérébrale. Je pense que son œuvre aura une influence certaine pour beaucoup d’entre nous.

Je vais maintenant poursuivre ma lecture avec L'Étreinte de Philippe Vilain (né en 1969), ce fameux « jeune homme » qui a donné, en 1997, sa version de sa relation avec Annie Ernaux. Je vous en reparle !


Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) présente, jusqu’au 28 août prochain, l’installation performative intitulée Musée d'art actuel / Département des invisibles (MAADI) dont le directeur général et conservateur en chef est nul autre que le polyvalent Stanley Février.

Pourquoi ce plasticien, né en 1976 à Port-au-Prince et qui travaille au Québec depuis 34 ans, a-t-il senti le besoin de créer son propre musée ? Parce qu’il y a sous-représentation d’artistes issus de minorités ethniques, de femmes ou de communautés autochtones dans les institutions muséales et les galeries d’art. Ainsi, en collaboration avec Laura Delfino, muséologue et commissaire invitée, et Iris Amizlev, conservatrice – Projets et engagement communautaires au MBAM, il a voulu donner une place de choix à 25 artistes québécois.

Ce qui rend le projet d’autant plus intéressant et assez unique, c’est que les 27 œuvres que l’on peut voir dans le pavillon Michal et Renata Hornstein – dans une petite salle située à la gauche de l’escalier monumentale menant à l’exposition L’Heure mauve de Nicolas Party –, font partie de la collection privée de Stanley Février.

En effet, depuis 2006, il acquiert des peintures, photographies, sculptures, vidéos, installations en tous genres auprès de talentueux créateurs, souvent restés dans l’ombre. Soyons honnête ! Peu de gens, moi la première, connaissent le travail de Clovis-Alexandre Desvarieux (dit Séadé) ou celui de Claudia Bernal ; de José Dupuis ou de Maria Ezcurra ; de Montserrat Duran Muntadas ou de My-Van Dam ; de Wilman Gomez Tamayo ou de Vanessa Suzanne.

Plusieurs sujets sont abordés ici qui portent à réfléchir sur les répercussions de certaines politiques dans notre quotidien, sur nos rapports à l’autre, à la famille, au temps, à la transmission, aux coutumes et aux rites ancestraux.

Les vendredis et samedis du mois de juin et de juillet, durant trois heures, de 14 h à 17 h, Stanley Février sera sur place « pour donner vie à l’installation », tandis que les jeudis et dimanches, de 14 h à 16 h, des guides-ressources du MBAM seront, et je cite, « présents au cœur de l’installation et participeront à l’aspect performatif de l’œuvre en interagissant avec les visiteurs de façon surprenante et ludique ». Intriguant, non ?

Avec la mise en espace de cette exposition, Stanley Février a posé un geste concret d’ouverture et de partage. J’espère que cette belle initiative en inspirera d’autres. Vive la diversité et l’équité !


Les Irrésistibles de Marie-Anne ont aussi leur page Facebook. Venez voir !

https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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Être un homme

Krauss, Nicole

Être un homme

« Ils vivent en Suisse, au Japon, à New York, Los Angeles ou Tel-Aviv. Ce sont des hommes et des femmes de tous âges qu'à priori rien ne rapproche. Saisis à un moment décisif de leur parcours, les personnages d'Être un homme sont poussés à questionner le sens profond de leur existence. »

Voici un recueil de 10 nouvelles qui interpellent les liens qui unissent les gens. La première, intitulée En Suisse, parle de notre humanité. La narratrice indique qu'elle n'a pas vu Soraya depuis trente ans. Elle s'est mariée et a deux filles.

Elle avait rencontré Soraya à l'âge de treize ans ; elles partageaient la même pension. Les souvenirs de Soraya sont reliés aux activités sexuelles de cette dernière. Soraya fréquentait un homme plus âgé et acceptait de se soumettre à certains actes avec lui. Pourquoi Soraya acceptait-elle cette relation ? Quelles sont les activités sexuelles réalisées ? Pourquoi la narratrice se souvient-elle maintenant de Soraya ?

Chaque nouvelle porte à réflexion ; les personnages sont humains.

Titre original : To Be a Man Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu Krauss, Nicole. Être un homme, Éditions de l’Olivier, 2020, 2021, 269 pages.

For Those that Wish to Exist at Abbey Road

Architects

For Those that Wish to Exist at Abbey Road

Formé en 2004, le groupe de metal britannique livre ici son 10e album. Celui-ci est un peu particulier, car il s’agit d’un « live » de leur dernier album du même titre, enregistré dans les célèbres studios d’Abbey Road.

Pour cette occasion, chaque morceau a été réarrangé en version orchestrale ; la fusion metal – musique classique est plus que réussie ! L’orchestre apporte une nouvelle dimension à leurs titres déjà excellents (Do you Dream of Armageddon, Animals ou encore Impermanence). Frissons garantis !

Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Architects. For Those that Wish to Exist at Abbey Road, CD, 2022.

Guerre

Céline, Louis-Ferdinand

Guerre Céline

À cause du titre, je suis entré dans ce roman avec une certaine appréhension. Pas trop envie, ces temps-ci, d'une atmosphère de charnier... Mais Céline étant Céline, son style extraordinaire désamorce, en fait, la violence de son évocation de la Première Guerre mondiale. J'ai même ri, imaginez... Plaisir, aussi, de retrouver sa « petite musique », celle-là même qui s'entend dans Voyage au bout de la nuit.

À quoi tient-elle au juste, cette musique ? J'aime tant, que je n'ai jamais trop cherché à savoir. Une chose est sûre, elle a évolué ; du Voyage à Mort à crédit, son deuxième roman, Céline pousse plus loin son style, systématise l'emploi des trois points, démantèle complètement la phrase... Moi, je n'ai pas évolué. Ce qui m'avait soufflé dans le Voyage, lu une première fois à vingt ans, c'est aussi ce qui m'a d'abord plu dans Guerre, soit l'emploi distinctif de certains mots, des adverbes pour la plupart : « bien plus fort que moi alors », « à ce moment-là quand même », « c’était bien leur tour », « un canon tout à fait loin », « le train s’est traîné encore tout au bord de la campagne », « en cercle pour ainsi dire », « l'idée est venue, bien alors », « de l’injure bien vengée tout entière en fin de compte », « pour le plaisir en somme », « qui me faisait plutôt résister, suprêmement », « c’était le mien quand même de cœur », « que je me disais », « faut le dire », « pour de bon », « tout le monde était dans l’émotion vive »...

Liste non exhaustive, à mettre en lien avec l'effet d'oralité, qui est la grande affaire de Céline. D'où aussi l'emploi de termes empruntés à l'argot et au registre familier de la langue, le « ça » et autres petits trucs du métier. Et les insultes aussi, d'une prodigieuse et infinie créativité ! Les personnages, forts en gueule, s'y donnent à fond, sans retenue aucune. Défoulatoire et jubilatoire. Ma préférée : « confiture d'étrons » !

Céline a fait des petits. Suffit de lire San Antonio pour s'en convaincre. Ou Annie Ernaux. Son premier roman, Les Armoires vides, utilise aussi l'argot, le langage familier, un vocabulaire extrêmement varié, une certaine virulence, jusqu'au chaos de la phrase, pour exprimer la réalité d'une enfant de la classe ouvrière normande. Elle va même jusqu'à emprunter les fameux trois points si représentatifs du style célinien.

Alors, lire ou pas, Guerre ? C'est un brouillon, faut pas l'oublier. Je me demande quand même si l'univers célinien est soluble dans notre époque, si prompte au jugement moral. Univers pessimiste à l'extrême (« un malheur arrive jamais seul », « il pouvait jamais plus arriver que du pire »), où la bonté est (presque) totalement absente, la méfiance, toujours éveillée. Tout acte a sa raison, aucun n'est désintéressé. Il y a toujours quelqu'un, quelque part, qui veut nous faire danser sur sa musique. Ce que m'a appris cet écrivain misanthrope, c'est la théâtralité des comportements humains. J'ai retrouvé dans Guerre ce regard sur les gens et les choses, à travers l'évocation de la vie sous les bombes, laquelle a remplacé pour toujours la vie d'avant, « avant qu’on soye condamnés à mort », et où les corps ne sont plus que « viandes », « saignants », « puants », « purulents »...

Il faut lire Guerre parce que, bien que pessimiste, Céline y réaffirme la puissance de la pulsion vitale (« je sentais de la vie qu’il en restait encore beaucoup en dedans, qui se défendait pour ainsi dire »). Au-delà des belligérants, la bataille oppose, ultimement, la vie à la mort. C'est dans cette perspective qu'il faut comprendre les scènes de sexe débridées, et les extraordinaires volées d'insultes, comme la libération d'une vitalité qui refuse de se donner pour vaincue.

Il faut lire Guerre aussi parce que ce « délire des choses » où tout espoir s'annihile, est encore celui d'aujourd'hui. Simplement, le bruit s'est tu, nous vivons dans un oppressant et comme irréel « printemps silencieux » (Silent Spring). De ses parents, Ferdinand le narrateur dira : « Ils ne concevaient pas ce monde d’atrocité, une torture sans limite. Donc ils le niaient ».

Membre : S. de Montréal Céline, Louis-Ferdinand. Guerre, Éditions Gallimard, collection Blanche, 2022, 185 pages.

L'Affaire Alaska Sanders

Dicker, Joël

L'Affaire Alaska Sanders

Nous partons en voyage. Nous connaissons notre destination, mais les choses se compliquent. Un passager est manquant, l’avion s’attarde sur le tarmac, il faut passer à la station de déglaçage, une tempête nous oblige à être détournés vers Toronto. Bref, les imprévus se multiplient et on ne sait trop quand on débarquera enfin !

C’est ainsi que fonctionne Joël Dicker. Il nous fait faire de nombreux détours dans plusieurs récits se situant à plusieurs époques différentes. « La force de L’Affaire Alaska Sanders […] repose dans l’enchevêtrement virtuose de ses trames narratives, qui garde le lecteur en haleine et ne cesse de lui proposer de fausses pistes et rebondissements spectaculaires… » (Anne-Frédérique Hébert-Dolbec, Le Devoir, mai 2022). On le connaît, Joël Dicker, c’est un habile pilote qui nous entraîne dans un remarquable roman fait de « multiples pistes et retournements de situations » (Marie-Anne Poggi, Billet de la semaine du 26 mai dernier).

On se demande diable où tout cela nous mènera. Mais on sait qu’on arrivera à destination. Alors, on accepte de faire cet étrange périple et on fait confiance à ce maître du suspense, tout en nous délectant de cette prose simple et efficace. Une vraie lecture de vacances !

Membre : Monique L. de Sherbrooke Dicker, Joël. L'Affaire Alaska Sanders, Éditions Rosie & Wolfe, 2022, 575 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La Décision

Tuil, Karine

La Décision Karine Tuil

Un grand merci aux membres des Irrésistibles qui m’ont mis sur la piste de ce fabuleux roman de Karine Tuil. Que dire de plus que ce qui n’a pas déjà été dit ?

Suivre le quotidien d’Alma Revel dans sa vie familiale et comme juge d’instruction antiterroriste a été un pur plaisir de lecture, même si j’ai été assise sur le bout de ma chaise à quelques occasions. Je n’ai pu faire autrement que de me mettre dans ses souliers, à savoir quelle direction elle prendrait auprès de son mari, mais aussi, dans son travail. Va-t-elle libérer un jeune homme que l’on soupçonne être un terroriste ou lui donnera-t-elle le bénéfice du doute ?

À lire, si on n’est pas trop stressé !

Membre : P. de Rosemont Tuil, Karine. La Décision, Éditions Gallimard, 2022, 296 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La Désidérata

Poitras, Marie Hélène

La Désidérata

Dans le village de Noirax, tout est secret. Dans la Malmaison, les hommes contrôlent et dominent. Une vérité est cachée, laquelle ? Le père veut se lancer en politique afin de faire revivre ce village qui est à l'abandon. Aliénor arrive avec la ferme intention de changer le cours des événements. Qui est-elle ? D'où vient-elle ? Quels seront les secrets que cette femme désire dévoiler et qui sont concernés par ces secrets ?

Les « désidératas » sont toutes ces femmes qui ont disparu durant ces années. Elles étaient exceptionnelles par leur beauté et par leurs différences évidentes. Où sont-elles maintenant ?

Quel plaisir que lire ce livre. Le langage particulier fait sourire. L'écriture est pleine de lumière. Les allusions au sexe sont précises et charmantes. La nécessité de dévoiler les secrets, malgré les blessures possibles, devient rapidement une évidence. Pour ma part, j'y trouve un discours libérateur et féministe. Lire Désidérata fut un moment paisible et agréable.

Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu Poitras, Marie Hélène. La Désidérata, Éditions Alto, 2021, 184 pages.

La Diaspora des Desrosiers. 5, La Grande mêlée

Tremblay, Michel

La grande mêlée

C'est un retour à Michel Tremblay que j'avais quitté il y a plusieurs années.

Nous sommes en 1922. Maria Desrosiers va marier sa fille, Rhéauna, avec Gabriel. Elle veut un gros mariage, même si elle ne sait pas comment elle va le payer. Des invitations sont envoyées à tous les membres de la famille dans tout le Canada.

Pour moi, La Grande mêlée fut une replongée dans l'univers de tous ces personnages si attachants. Une très belle lecture !

Membre : Lachine Tremblay, Michel. La Diaspora des Desrosiers. 5, La Grande mêlée, Éditions Actes Sud, Leméac, 2011, 272 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Le Violoncelliste de Sarajevo

Galloway, Steven

Le Violoncelliste de Sarajevo

Tout a été dit sur ce magnifique roman. C'est justement parce qu'il était l’un des cinq coups de coeur revenus le plus souvent chez les membres du Club des Irrésistibles en 2010 que je l'ai lu. Je voulais seulement ajouter ma voix à tous ceux et celles qui ont été touchés par ce récit.

Titre original : The Cellist of Sarajevo Membre : Outremont Galloway, Steven. Le Violoncelliste de Sarajevo, Éditions Jean-Claude Lattès, 2008, 2009, 298 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Les Villages de Dieu

Prophète, Emmelie

Les Villages de Dieu

Haïti, Cité de la Puissance Divine, fin des années 2000. C’est loin d’être un quartier où l’on a envie de s’installer, avec un manque flagrant de ressources de toutes sortes, à commencer par l’eau potable. La pauvreté est à chaque coin de rue, les odeurs sont omniprésentes, la saleté se fait sentir partout, mais les habitants craignent par-dessus tout les gangs de rue de plus en plus violents. Le plus décourageant c’est que même si on arrive à se débarrasser, pour ne pas dire à éliminer, certains d’entre eux, d’autres prennent leur place à la vitesse de l’éclair.

C’est malheureusement là où vit Célia auprès de sa grand-mère et de son oncle Frédo qui ne fait rien de ses journées, sauf dormir. Que fera la jeune fille à la mort de Grand Ma qui a pris soin d’elle jusqu’à la fin, comme si c’était sa propre fille ? Devra-t-elle se prostituer pour survivre ? Prendre n’importe quel petit boulot pour se nourrir ?

Superbement rendu, cette histoire aurait pu nous miner le moral, mais non, car il ne faudrait pas oublier la résilience du peuple haïtien, sa force intérieure, sa capacité de toujours rebondir, de ne pas lâcher prise. Peut-on parler d’un livre lumineux ? À vous de voir…

Membre : Ahuntsic Prophète, Emmelie. Les Villages de Dieu, Éditions Mémoire d’encrier, 2020, 215 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Lune noire

Smith, Anthony Neil

Lune noire

L’honnêteté et l’intégrité ne sont pas forcément les valeurs qui qualifient le mieux Billy Laffite récemment recruté au sein de l’équipe du shérif de Yellow Medecine, Minnesota. L’état de délabrement dans lequel l’ouragan Katrina a laissé la Nouvelle-Orléans lui a permis de s’exercer à des pratiques pas franchement légales. Désormais, à Yellow Medecine, il veille sur les trafiquants de meth moyennant quelques dollars sonnants et trébuchants !

Malgré ses travers, Billy Laffite aime rendre service, surtout si la personne qui demande possède quelques attributs avantageux auxquels il n’est pas insensible. Malheureusement pour lui, il va se trouver mêler à un réseau de trafic de drogue dont les trafiquants ont des pratiques très particulières. Les cadavres ne vont alors cesser de s’accumuler autour de Billy, au point que le FBI l’interpelle et lui demande quelques explications.

Le récit est à l’image du climat du Minnesota, âpre, violent, glacé. Billy Laffite est un vrai antihéros qui malgré ses nombreux écarts de conduite (peut-on d’ailleurs encore parler d’écart ?) qui le conduisent loin dans l’immoralité, Billy Laffite a un grand cœur et vous ne pouvez pas le détester. Ce roman se lit très vite, confortablement installé chez soi.

Titre original : Yellow Medicine Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Smith, Anthony Neil. Lune noire, Éditions Sonatine, 2008, 2019, 293 pages.

Syngué sabour : pierre de patience

Rahimi, Atiq

Syngué Sabour Folio

J’ai lu d’une traite ce livre d’Atiq Rahimi si fortement recommandé.

La vie malheureuse et l’humiliation des femmes de ces pays lointains nous touchent profondément tous et toutes.

Cependant, ce monologue écrit sur un ton un peu sec et journaliste, manque d’émotion et de coeur. Les protagonistes n’ont ni visage ni nom et pour moi, ils sont faits de carton. Clairement pas ma lecture de prédilection !

Membre : Westmount Rahimi, Atiq. Syngué sabour : pierre de patience, Éditions P.O.L., 2008, 154 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

pas touche!!!