24/11

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Le jeudi 15 décembre prochain seront dévoilés, à même cet envoi, les cinq titres qui ont été le plus souvent mentionnés en 2022.

Tous les membres du Club des Irrésistibles (anciens et nouveaux) peuvent participer à la remise du prix en tant que membre du jury. Il suffit de s’inscrire avant que les ouvrages en lice ne soient connus. Vous avez donc jusqu’au 14 décembre pour me faire part de votre intention.

En quoi cela consiste-t-il ? Il faut lire les titres d’ici la mi-avril 2023 et en choisir un.

Si un ouvrage vous plaît moins, vous pouvez le laisser de côté, car vous savez qu’il n’obtiendra pas votre vote.

Vous n’avez aucun justificatif à donner ni de texte à écrire. Vous devez seulement me transmettre votre choix, une fois vos lectures terminées.

Si l’expérience vous tente, j’ai simplement besoin de votre nom, prénom et la localité où vous habitez.

Des questions ? N’hésitez pas à me les soumettre. Il me fera plaisir d’y répondre.

En attendant, si vous avez beaucoup aimé un livre, pensez à écrire quelques lignes d’ici la mi-décembre pour donner une chance à l’auteur(e) de se retrouver finaliste pour la 15e remise du prix des Irrésistibles. C’est un rendez-vous !


Après la pluie / Dopo la pioggia (Mercure de France, 2021, 2022) est le premier titre traduit en français de l’écrivaine italienne Chiara Mezzalama, également traductrice et psychothérapeute. J’ai été enchantée par cette lecture qui touche un sujet brûlant d’actualité et dont les chapitres alternent principalement entre la parole donnée à Elena et à celle d’Ettore, son mari.

Est-ce un roman dystopique ou utopique ? Un cri de désespoir sur les ravages des changements climatiques ? Un « wake up call » avant qu’il ne soit trop tard ? Tout cela alors qu’Elena et Ettore vivent, au sein de leur union, une tempête de laquelle ils ne sortiront pas indemnes.

Elena, traductrice de 45 ans, habite Rome. Fille unique et orpheline – sa mère est morte alors qu’elle avait 10 ans –, elle partage sa vie depuis 20 ans avec Ettore et leurs deux enfants, Susanna et Giovanni. L’aînée a notre planète Terre à cœur et s’inquiète pour la suite du monde : « Je ne fais que parler de catastrophes écologiques, de crise climatique, de pollution de la mer, d’extinction des animaux », tandis que son frère de neuf ans aime prendre des cours de danse classique.

Tout allait relativement bien dans le couple jusqu’au jour où Elena découvre que son mari a, depuis des mois, une maîtresse. Claudia est une collègue de travail, plus jeune qu’elle et qu’il voit dans son appartement d’étudiant supposément loué, mais qu’il garde pour ses escapades extraconjugales.

Le château de cartes vient de s’écrouler. Elena décide sur un coup de tête, en ce 4 octobre de l’an…, de partir quelques jours en Ombrie, là se trouve le Hêtre roux, la maison de campagne léguée par sa mère.

Ce matin-là, Ettore, qui a fait des études d’ingénieur, mais qui est promoteur immobilier et très bon orateur, doit prendre la parole lors de l’assemblée générale de l’entreprise. « [Il] n’était pas inquiet car les choses se passaient bien, le chiffre d’affaires de la société [entreprise de construction fondée par son père] augmentait et la reconversion du ciment vers le bois commençait à porter ses fruits, même si un imprévu pouvait toujours se produire, une question embarrassante d’un associé frustré ou jaloux. » Rien ne se passe comme prévu.

En rentrant chez lui, il constate qu’Elena, qui travaille normalement de leur appartement, n’est pas là. Fait rarissime, d’autant qu’elle a laissé les lieux en désordre. Arrive l’heure du souper, les enfants ont faim, leur mère n’a toujours pas donné signe de vie. C’est au moment de se coucher qu’Ettore voit la note laissée par sa femme : « Je prends quelques jours, je dois réfléchir. Je t’ai vu avec elle. C’est très douloureux. Pourquoi tu m’as fait ça ? »

Le lendemain, à la perturbation familiale s’ajoutent des intempéries naturelles. Après des semaines et des semaines de sécheresse, voilà que le temps se déchaîne, qu’un « phénomène météorologique extraordinaire [frappe] le centre de l’Italie ». Pris de panique, Ettore décide de rejoindre Elena avec les enfants.

Ce périple s’annonce ardu, désespérant et décourageant par moments, mais sera également l’occasion de rencontres inespérées et, à prime abord, improbables. Qu’il s’agisse d’Ove, un jeune Norvégien installé depuis peu en Italie ; de Guido, un solitaire cueilleur de truffes, « expert en forêts et en champignons » qui habite seul avec son chien Orzo ; d’Hiroko, une Japonaise qui a vécu près de la centrale nucléaire de Fukushima quand, le 11 mars 2011, la catastrophe s’est produite ; des inspirantes et débrouillardes sœurs bénédictines du monastère de Vitorchiano… Quelle place occuperont-ils dans cette histoire ?

Après la pluie, Ettore retournera-t-il auprès de Claudia ? Tentera-t-il d’obtenir le pardon de sa femme ? Est-ce que les fondations sont assez solides pour tenir le coup ? Quelle décision prendra Elena ? Rester auprès de ses enfants et faire comme si… ou demander le divorce ? Dans quel état retrouveront-ils leur appartement romain et leur résidence secondaire ?

Pour votre information, Chiara Mezzalama, qui parle très bien le français, sera présente au Salon du livre de Montréal pour dédicacer son roman, le vendredi 25 novembre à 17 h 45 ainsi que le lendemain à 11 h.

Je signale, en terminant, la très bonne traduction de Léa Drouet et je laisse le mot de la fin à Hiroko : « […] Ce sont les rencontres qui font la famille, pas le sang. Ça aussi, on devra l’apprendre si on veut survivre sur cette Terre. » Bonne lecture !


Les Irrésistibles de Marie-Anne ont aussi leur page Facebook. Venez voir !

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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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Au vent mauvais

Adimi, Kaouther

Au vent mauvais

Depuis mon immense coup de cœur pour Nos Richesses (2017), j'ai décidé de suivre aveuglément Kaouther Adimi dans ses différentes œuvres et je n'ai jamais été déçue.

Je sais (sans aucune hésitation) que j'ai lu une grande et magnifique fresque historique portée par une plume d'une grande justesse.

Ce roman confirme mon amour indéfectible pour l'écriture de cette jeune romancière, pour son sens de la narration, pour ses thèmes de prédilection, pour son engagement et pour sa faculté à nous happer et nous émouvoir.

Au vent mauvais mêle le récit intime à la grande Histoire.

Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Adimi, Kaouther. Au vent mauvais, Éditions du Seuil, 2022, 260 pages.

Chien blanc

Barbeau-Lavalette, Anaïs

Chien blanc Film

À la suite de l'assassinat de Martin Luther King, l'écrivain Romain Gary et sa femme, Jean Seberg, adoptent un chien qui est dressé pour attaquer les gens de couleur. Gary refuse de se départir de l’animal et désire défaire le conditionnement de la bête.

Un film qui « bardasse » comme le dit Anaïs Barbeau-Lavalette. Chien blanc est une lente réflexion sur le racisme de cette époque et de la nôtre. Le film nous oblige à réfléchir sur ce sujet. La lenteur de Chien blanc et les images violentes sont dérangeantes.

Précisons que les échanges sont en anglais avec sous-titre français.

Film adapté du roman de Romain Gary. Avec, entre autres, Denis Mélochet, Kacey Rohl, K.C. Collins et Jhaleil Swaby. Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu Barbeau-Lavalette, Anaïs. Chien blanc, Film québécois, 2022.

Hadassa

Beaudoin, Myriam

Hadassa

Alice, professeure de français, découvrira petit à petit, avec beaucoup de patience, à travers Hadassa et toutes ses élèves de 11-12 ans, le monde secret des Juifs hassidiques, leurs fêtes, leurs codes, leurs rituels et leurs interdits.

En parallèle, l’auteure décrit avec finesse et délicatesse la lente éclosion d’un amour entre un jeune Polonais célibataire récemment immigré et une jeune femme hassidique mariée et sans enfant. On sent l’amour qui grandit et qui, en même temps, risque fort de s’avérer impossible.

Il est indéniable que ce roman suscite l’intérêt, en ce qu’il permet de découvrir ce monde hassidique, bien campé dans les quartiers d’Outremont et du Mile-End, complètement inconnu de la très grande majorité des goyim (non-juifs) et en même temps, combien fascinant.

Ce roman s'était mérité le Prix littéraire des collégiens en 2007. Membre : Outremont Beaudoin, Myriam. Hadassa, Éditions Leméac, 2006, 196 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

L'Élégance du hérisson

Barbery, Muriel

L'Élégance du hérisson

La vie des résidents d’un immeuble parisien à travers les yeux de Renée, la concierge, et d’une jeune ado, Paloma.

Un petit bijou de livre tout en finesse qui démontre que, sous des atours ordinaires, se cachent des personnes extraordinaires !

Membre : Ste-Dorothée Barbery, Muriel. L'Élégance du hérisson, Éditions Gallimard, collection Folio, 2006, 368 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

L'Évangile selon Pilate

Schmitt, Éric-Emmanuel

L'Évangile selon Pilate

J'ai bien aimé la lecture de ce roman qui est divisé en deux parties : dans la première, Jésus, condamné à mourir sur la croix, raconte sa vie et ses doutes sur le rôle de Messie que ses disciples lui attribuent.

Dans la deuxième, qui se lit presque comme un polar, Pilate ne réussit pas à résoudre de façon logique l'énigme de la résurrection de Jésus.

J'aime l'écriture claire, sans fioriture et cette version originale de l'Évangile qui nous présente Jésus-Christ dans toute son humanité.

Membre : Ville Mont-Royal Schmitt, Éric-Emmanuel. L'Évangile selon Pilate, Éditions Albin Michel, 2000, 369 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Là où je me terre

Dawson, Caroline

Là où je me terre

J’ai écouté ce livre en version audio par curiosité, car j’ai aimé le titre : Là où je me terre ! Eh oui, on peut choisir de lire un livre par attrait du titre, non ?

L’auteure, Caroline Dawson, est née chilienne ; elle a quitté son pays le 24 décembre 1986 alors qu’elle avait 10 ans. Donc, c’est en portant ses lunettes de l’enfance à l’âge adulte que nous grandissons et vivons avec elle cette épreuve difficile de l’immigration qui change une personne à jamais.

Les valeurs humaines telles que la résilience, la confiance à la vie et l’ouverture à l’autre sont importantes dans ce long cheminement.

Merci à cette auteure de m’avoir permis de mieux comprendre la réalité des immigrants. Je suis une bonne Québécoise de souche qui se croyait ouverte aux autres… mais j’ai pu ouvrir davantage mon cœur face à cette réalité.

Membre : Josette G., Montréal Dawson, Caroline. Là où je me terre, Éditions du Remue-ménage, 2020, 206 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Le Joueur de triangle

Gilbert, Nicolas

Le Joueur de triangle

J’ai aimé Le Joueur de triangle parce que c’est un roman frais : il est écrit avec créativité et il met en scène des personnages intéressants.

L’histoire se déroule d’un vendredi à un mardi. On suit tour à tour, Louis, un jeune musicien sans emploi qui essaie de devenir aide-cuisinier pour survivre (le chapitre initial à cet égard est particulièrement savoureux !) puis Pierre Delambre, chef d’orchestre préparant un concert à Moscou et enfin, Justine, fille d’un sculpteur célèbre, assistant à un hommage à son père décédé.

Nicolas Gilbert connaît bien la musique, il est lui-même compositeur, et probablement aussi a-t-il fréquenté les milieux de l’art visuel, car les situations dans lesquelles il place ses protagonistes sont très crédibles. Évidemment les destins de ces trois personnages vont se croiser.

Le dernier chapitre, avec originalité, donnera la parole à des témoins extérieurs : leurs interventions permettront-elles à Louis, Pierre et Justine d’aller au bout de leur quête ? Si vous avez aimé des romans comme L'Élégance du hérisson (2006) de Muriel Barbery, celui-ci pourrait vous plaire !

Membre : LaSalle Gilbert, Nicolas. Le Joueur de triangle, Éditions Leméac, 2009, 196 pages.

Le Muguet rouge

Bobin, Christian

Le Muguet rouge

De petits textes qui sont de magnifiques poèmes en prose, des opinions personnelles sur divers sujets et parfois, à travers le souvenir de grands écrivains poètes. « Je vais souvent chercher mes lunettes dans les siècles passés. »

Le muguet rouge ? Sans doute les baies rouges qui peuvent se former sur les tiges de muguet à l’inflorescence. Ce qui se dégage du livre, c’est une certaine tristesse sur l’évolution moderne de l’humanité, une nostalgie de l’époque de grands écrivains, mathématiciens et philosophes du siècle passé avec des références très intéressantes.

Le premier chapitre parle de Dora Diamant, cette femme très aimée de Kafka, sur la tombe de laquelle on trouve « un brin de muguet rouge, et ces mots : “Seul qui connaît Dora sait ce qu’aimer veut dire” ».

Mais il est question aussi, à partir de l’observation de la nature surtout, de la jeunesse et de merveilleux élans de joie. De l’humour aussi : « Descartes, mon pauvre René, qu’est-ce qui t’as pris ? Tu dis des animaux qu’ils sont des machines ? Mais les trois secondes où le chat après manger se lèche les babines, c’est d’Artagnan qui s’essuie les moustaches après un festin ! » Parce qu’après tout : « La poésie est le don de lire la vie. »

Membre : N.L., Île-des-Soeurs Bobin, Christian. Le Muguet rouge, Éditions Gallimard, collection Blanche, 2022, 88 pages.

Les 12 travaux d'Imelda

Villeneuve, Martin

Les 12 travaux d'Imelda Film

Une femme âgée de 89 ans, Imelda Turcotte Villeneuve, règle ses comptes avec ceux qu'elle a embêtés avant d'avoir 101 ans.

Je ne dois pas avoir saisi le sens de ce film réalisé par le petit-fils d’Imelda. Inutile me vient à l'esprit comme seul commentaire.

Avec, entre autres, Martin Villeneuve, Michel Barrette, Anne-Marie Cadieux, Robert Lepage et Ginette Reno. Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu Villeneuve, Martin. Les 12 travaux d'Imelda, Film québécois, 2022.

Une heure de ferveur

Barbery, Muriel

Une heure de ferveur

Dans son roman précédent, Une seule rose (2020), Rose partait au Japon, car son père, Haru Ueno, qu'elle ne connaissait pas, venait de mourir et lui léguait sa fortune. Rose était accompagnée dans ce périple par l'associé de son père. Elle découvrait des jardins et des temples de ce pays.

Dans Une heure de ferveur, nous allons à la rencontre de ce père. Quelles sont ses origines et les liens avec sa famille ? La narration, assurée par Haru Ueno, explique son ascension comme marchand d'art. Il nous fait découvrir les paysages de son Japon avec tout le respect qu'il porte à son pays. Haru nous parle de ses maîtresses et de Maud, la mère de Rose. Il nous confie le lien qui le lie à sa fille. Il nous amène dans ses amitiés indéfectibles.

Un roman d'une grande douceur. Une histoire attachante et calme. Un monde de beauté et de légendes. Quelle habile façon de nous faire connaître le père de Rose. Un roman à lire !

Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu Barbery, Muriel. Une heure de ferveur, Éditions Actes Sud, 2022, 246 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Vivre vite

Giraud, Brigitte

Vivre vite

Brigitte Giraud est obligée de vendre sa maison en raison d’un projet immobilier qui englobe tout le quartier. Cette maison a une histoire : elle l’a achetée il y a vingt ans avec Claude, son mari, mais il n’y a jamais vécu parce que quelques jours après, il s’est tué en moto.

La vente contrainte de son lieu de vie fait remonter à la surface les souvenirs. Cette maison rêvée par le couple est en effet au cœur de ce qui a provoqué le décès de Claude.

L’auteure se replonge donc en juin 1999, se remémore les enchaînements d’événements et essaye de comprendre comment et pourquoi cet accident a eu lieu. À travers cette reconstitution, c’est toute une époque que nous dépeint Brigitte Giraud. En vingt ans, la société française a beaucoup évolué et elle nous montre, par petites touches, les changements du quotidien.

Cette autofiction est aussi un bel hommage rendu à son mari et une suite à l’ouvrage qu’elle avait publié en 2001 qui s’intitulait À présent où elle décrivait sa détresse et les difficultés dans sa vie que le décès de Claude avait engendrées.

Un roman tendu et nostalgique qui essaye de démonter les ressorts du destin.

Prix Goncourt 2022. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Giraud, Brigitte. Vivre vite, Éditions Flammarion, 2022, 208 pages.
pas touche!!!