02/12

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Dernier rappel pour s’inscrire comme membre du jury pour la 14e remise du prix des Irrésistibles.

Seront dévoilés dans l’envoi de l’Infolettre de jeudi prochain les cinq titres finalistes pour cette nouvelle édition.

Un grand merci à toutes celles et à tous ceux qui ont déjà répondu.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de belles lectures !


Laetitia Colombani nous propose avec Le Cerf-volant (Grasset, 2021) un voyage au cœur de l’Inde. Celui des Dalits (les Intouchables) et non celui des cartes postales.

Qu’est-ce qui a incité Léna, la narratrice, mi-quarantaine, à quitter la banlieue de Nantes pour se rendre au bord du golfe de Bengale ? Pourquoi, dans la foulée, avait-elle aussi donné sa démission au collège où elle enseignait l’anglais depuis vingt ans ? Ce qui est sûr, c’est qu’elle a besoin de passer quelques semaines loin de chez elle pour se reconstruire, après qu’un incident tragique a chamboulé sa vie et détruit ses rêves.

Une fois arrivée à Mahäbalipuram, sur la côte de Coromandel, elle n’a qu’une exigence : avoir un guest-house non loin de la mer, car elle aime se baigner. L’endroit est réputé pour ses temples, mais il n’est pas question pour Léna de quelconques visites. Un jour, alors qu’elle nageait, elle ne s’est pas assez méfiée des courants et sans l’intervention d’une gamine qui a alerté la cheffe des Red Brigade, elle aurait pu y laisser sa peau.

Elle doit donc la vie à Pretti, 20 ans, et Holly (de son vrai prénom Lalita), 10 ans. Qui sont-elles ? La première est partie de chez elle le jour où pour « réparer le déshonneur de la famille, [ses parents] ont voulu la marier à l’homme qui l’avait agressée. Une trahison qu’elle n’a jamais pardonnée ». Lalita, elle, avait été confiée à James et Mary – ils ont changé de religion et d’identité pour ne plus être associés aux Intouchables – qui tiennent un dhaba (un restaurant de rue ou de bord de route). Si la mère biologique de Lalita, une cousine éloignée de James, avait agi ainsi, c’était dans l’espoir de donner un avenir plus radieux à sa fille.

Si Lalita ne sait ni lire ni écrire, Pretti, elle, est allée à l’école jusqu’à ses 11 ans. Aujourd’hui, elle apprend à des jeunes femmes les enseignements d’Usha Vishwakarma, la fondatrice des Red Brigade, qui prône le « self-defense » sans arme, ce qui leur permet de mieux se défendre en cas d’attaque. Pour ce faire, elles suivent des cours dans un garage abandonné et manifestent dans les rues.

« Partout, les Dalits sont assignés aux tâches les plus ingrates. Une soumission institutionnalisée par la religion hindoue qui les place tout en bas de l’échelle des castes, à la périphérie de l’humanité. » Alors imaginez quand vous êtes femme et Dalit ! Comment améliorer votre sort dans de telles conditions ? Votre futur est déjà tracé, il ne vous reste plus qu’à obéir à vos parents, puis à votre mari et à votre belle-mère.

Depuis que Lalita a été déracinée, elle n’a plus prononcé un mot. Son grand plaisir, son seul moment de bonheur : faire voler tôt le matin, durant quelques minutes, son cerf-volant sur la plage. Elle consacre ensuite le reste de sa journée à travailler comme serveuse au restaurant de James et Mary. « L’Inde est le plus grand marché de main-d’œuvre enfantine au monde. »

Après un bref séjour à l’hôpital, Léna veut retrouver Lalita, la personne qui lui a sauvé la vie. À son contact, elle se sent investie d’une mission : apprendre à la jeune fille à lire et à écrire l’anglais. Ainsi, aura-telle possiblement plus de chance que sa mère qui est videuse de latrines et que son père qui chasse les rats.

Léna est obligée de retourner en France, car son visa touristique ne peut être prolongé au-delà de 90 jours. Durant ces trois mois, elle s’est attachée à Lalita et à Pretti. Elle était heureuse de contribuer, de manière modeste, certes, à améliorer leur quotidien et elle ne veut pas, elle ne peut pas, les abandonner en cours de route.

Elle s’est mis en tête… un projet complètement fou, démesuré, mais auquel elle s’accroche comme à une bouée de sauvetage. Comment tout cela va-t-il se terminer ? Léna réussira-t-elle son pari d’ouvrir une école dans un quartier où l’analphabétisation est la norme ? Où les castes inférieures n’ont pas le temps de s’instruire, puisque les enfants doivent d’abord aider leurs parents ?

Est-ce que « l’éducation est leur seule chance de s’affranchir du sort auquel leur naissance les a condamnés ? » Plusieurs pourraient, à juste titre, se demander à quoi sert d’éduquer ces jeunes filles, alors que l’on sait très bien que la majorité seront mariées de force, souvent dès l’âge de 12 ans...

Le style de Laetitia Colombani est simple, sans fioritures, son contenu est riche et instructif. Il y a dans ce roman, une forme de naïveté chez Léna, mais beaucoup de courage et de détermination chez ces femmes qui tentent de s’affranchir de la condition dans laquelle elles sont nées.


Les Irrésistibles de Marie-Anne ont aussi leur page Facebook. Venez voir !

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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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Bewilderment

Powers, Richard

Belwilderment Powers

Un roman qui, écrit avec beaucoup d’intelligence et de sensibilité, ne peut que secouer notre tendance à la torpeur, celle qui nous fait parfois oublier l’essentiel.

Il y est question de l’enfance perturbée, de la nature oubliée, de techniques informatiques extraordinaires qui, bien employées, pourraient être au service des hommes, en particulier ici au soin des autistes, d’astrologie et de l’univers qui nous demeure inconnu alors que mieux le connaître pourrait « accroître notre sagesse collective et notre empathie ». Et cela peut être une grande joie que d’y regarder de plus près, en y mettant aussi un peu d’imagination. Mais ce n’est pas ça qui se passe et l’auteur ne cache pas qu’il trouve ça un peu tragique.

L’humour n’est pas exclu. Face au pédiatre qui veut médicamenter son fils pour un « spectrum disorder » un père voudrait bien dire : « […] tout être vivant sur cette “fucking planet” fait partie d’un spectre. C’est ça un spectre. La vie elle-même est un trouble du spectre, où chacun de nous vibre à une fréquence unique dans le continuum de l’arc-en-ciel. […] La vie est quelque chose qu’on devrait arrêter de corriger. […] Chacun de nous est une expérience, et on ne sait même pas ce qu’elle essaye de prouver. »

À propos de la politique, on rit un peu en noir. J’ai déjà entendu l’auteur dire que le roman est un outil qui permet, à travers des personnages, de rendre un sujet touchant. Mission réussie !

Titre en français : Sidérations Membre : N.L., Île-des-Soeurs Powers, Richard. Bewilderment, Éditions Random House of Canada, 2021, 288 pages.

Dans la solitude du Terminal 3

Mathieu, Éric

Dans la solitude du terminal 3

Un soir de février 1984, Nathan Adler est témoin d’un accident de voiture et porte secours au conducteur. Irrésistiblement attiré par ce dernier et tentant de le rencontrer de nouveau, il fera la connaissance d’un groupe qui gravite autour de l’écrivain débonnaire Antoine Dulys.

Au cours d’une interview accordée à Radio-Canada le 5 octobre dernier, Éric Mathieu nous révélait que, pour écrire, il fait beaucoup travailler son subconscient. Il se lève très tôt et, encore endormi, il va chercher ses rêves et ses cauchemars pour stimuler son écriture. Il considère que l’égo, le conscient, ne sert qu’à le contrôler et, ainsi, empêcher l’élan littéraire.

Dans la solitude du terminal 3, c’est exactement ça : un mélange de rêves, de cauchemars et de délires qui racontent la longue dérive d’un jeune qui se cherche et qui vit un très mauvais « trip » après avoir rencontré la mauvaise personne à un mauvais moment. L’auteur avoue : Nathan Adler, c’est lui à 19 ans. On espère très fort qu’il n’est pas Nathan dans son vécu, mais seulement dans sa recherche de soi.

Tout au long de ma lecture, je me suis demandé où l’auteur voulait en venir. Des phrases courtes, une écriture factuelle, aucune figure de style, Éric Mathieu ne développe pas, n’interprète pas et ne nous donne aucune clé pour anticiper la fin. Et c’est sans doute là, la force du livre : on le lit comme si on le voyait se dérouler sur un écran, un peu ennuyé de ne pas comprendre, un peu écœuré par la débauche, mais incapable de l’abandonner. Et ce n’est qu’à la fin qu’on comprend enfin ce qu’on vient de lire.

Même si je me serais bien passée des descriptions explicites de scènes de débauche, car je préfère, de loin, à ce sujet, l’élégance de la subtilité suggestive à la lourdeur de descriptions minutieuses ; même si j’aurais dû sauter les 11 pages d’index écrites par Nathan pour la biographie de Dulys plutôt que de tenter en vain d’y trouver un sens et que j’aurais pris beaucoup plus de la poésie éthérée qui se dégage des scènes qui se passent dans le terminal 3, fan finie d’Éric Mathieu depuis son premier roman, je ne regrette pas d’avoir, encore une fois, pénétré dans cet univers si particulier et labyrinthique qui est le sien. J’attends avec impatience le prochain.

Membre : Christine d’Outremont Mathieu, Éric. Dans la solitude du Terminal 3, Éditions La Mèche, 2021, 306 pages.

Kukum

Jean, Michel

Kukum

Lire Kukum est émouvant ! Dans une langue simple et imagée, Michel Jean décrit la vie de sa grand-mère Almanda Siméon née probablement en Irlande et qui, en émigrant au Canada, a épousé Thomas, un Innu dont elle a adopté la façon de vivre. Non seulement l’a-t-elle adoptée, mais elle a transmis à ses descendants leurs coutumes ainsi que l’amour des siens et de la nature.

Lire Kukum est aussi troublant ! L’auteur raconte comment les envahisseurs blancs se sont approprié impunément leurs lacs, leurs rivières, leurs forêts et même… leurs enfants. En évoquant le progrès et avec la soif d’exploiter leurs richesses, ces conquérants à la solde des gouvernements et des compagnies, ont brisé à jamais l’âme de ces nations autochtones.

Lire Kukum, c’est comprendre une réalité pénible : celle de ces peuples qui sont devenus apatrides. Et Michel Jean a les mots pour le dire !

Membre : Colombe, Ville de Québec Jean, Michel. Kukum, Éditions Libre Expression, 2019, 222 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

L'Aventure ambiguë

Kane, Cheikh Hamidou

L'Aventure ambiguë

Un classique de la littérature africaine. Critique du colonialisme ; problème à jamais insoluble de l'identité. Au pays des Diallobé, les temps ont bien changé. Des « étrangers venus d’au-delà des mers » ont imposé par la force militaire leur présence, leurs institutions, leur ordre. En une génération, la société s'est transformée, occidentalisée.

« L’école étrangère est la forme nouvelle de la guerre que nous font ceux qui sont venus ». Du coup, pour certains Diallobé, l'alternative se présente comme un « catch 22 » : ou ils refusent la nouvelle réalité, et alors se condamnent à disparaître, ou ils envoient eux aussi leurs enfants à l'école étrangère, afin que ceux-ci apprennent « à vaincre sans avoir raison », au risque de perdre leurs traditions, leurs valeurs, leur identité. Samba Diallo, le jeune protagoniste, suivra la voie du risque. Il est retiré de l'école coranique et soumis à l'enseignement des Blancs, ce qui le conduira jusqu'à Paris.

Dans ce roman, publié en 1961, année de l'indépendance du Sénégal, Cheikh Hamidou Kane propose une critique de la civilisation occidentale. Mais cette critique, curieusement, n'est pas d'abord politique, ne s'intéresse pas, par exemple, au racisme, aux problèmes des inégalités (les rapports entre Noirs et Blancs sont tout à fait cordiaux) ; elle centre plutôt la question identitaire autour de la survie spirituelle des Diallobé. L'auteur montre une conception rigide de l'identité, qui rejette aussi bien le matérialisme occidental que le paganisme préislamique (Roog Sène, les pangols), valorise la tradition, idéalise le passé.

Le monde à préserver est imaginé comme un espace anhistorique, un jardin d'Éden dont les habitants vivent dans un état de communion direct avec l'être : « Moi, dit-il, je n’ai pas encore tranché le cordon ombilical qui me fait un avec [la nature]. La suprême dignité à laquelle j’aspire, aujourd’hui encore, c’est d’être sa partie la plus sensible, la plus filiale. Je n’ose pas la combattre, étant elle-même. Jamais je n’ouvre le sein de la terre, cherchant ma nourriture, que préalablement je ne lui en demande pardon, en tremblant. Je n’abats point d’arbre, convoitant son corps, que je ne le supplie fraternellement. Je ne suis que le bout de l’être où bourgeonne la pensée ».

Entre un tel monde et la civilisation occidentale – avec son « parfait ajustement mécanique », avec sa science aux vérités superficielles (« une prolifération de la surface ») – l'incompatibilité ne peut qu'être entière. Aussi le métissage des valeurs s'accompagne-t-il, chez Samba Diallo, alors étudiant à Paris, d'un sentiment récurrent de « monstruosité ». À la fin, le lien identitaire avec la nature, avec Dieu, finit par se rompre ; Samba Diallo perd la foi et sera tué par le fou du village pour avoir refusé de prier.

Le message de l'auteur semble ambigu. D'un côté, les Diallobé se montrent préoccupés de leur survivance (« je crois que le temps est venu d’apprendre à nos fils à vivre »), mais de l'autre, conformément à l'enseignement coranique, la mort est valorisée, notamment celle du protagoniste, présentée comme la fin de ses « antagonismes » intérieurs, la « grande réconciliation », où celui-ci « rena[ît] à l’être » et à la vérité.

Ambiguïté aussi quant à la question de l'identité. Les Diallobé demeurent attachés à leur noblesse, alors que celle-ci, précisément, révèle « un fond de paganisme », en ce qu'elle « est l’exaltation de l’homme », c'est-à-dire le contraire de la foi qui est « avant tout humilité, sinon humiliation ». À l'inverse, les Occidentaux ne sont pas tous aussi matérialistes, comme l'illustre, par sa grande piété, le personnage du pasteur Martial.

D'une main, Kane construit son dualisme, de l'autre, discrètement, il le relativise, semble s'en distancier. L'écriture, elle aussi, est une aventure ambiguë.

Titre original : Ambiguous Adventure Membre : S. de Montréal Kane, Cheikh Hamidou. L'Aventure ambiguë, Éditions 10/18, 1961, 2002, 191 pages.

Le Syndrome de takotsubo

Gagné, Mireille

Le Syndrome de takotsubo

Le syndrome de takotsubo est une maladie cardiaque qui se déclenche à la suite de chocs émotionnels, négatifs le plus souvent, comme à la suite d’une rupture, d’un deuil ou d’anxiété. D’où l’appellation de syndrome du cœur brisé au propre comme au figuré car, au moment de l’attaque, le cœur démissionne, ne se contracte plus et le ventricule brisé prend la forme d’un piège à poulpe qu’on appelle takotsubo au Japon, où la maladie fut découverte.

Mireille Gagné, explore dans ce recueil ce thème du cœur brisé au travers de 17 nouvelles courtes qui parfois se recoupent, mais toujours décrivent le moment où l’existence des victimes reste suspendue entre deux issues incertaines.

On y retrouve un insomniaque dont le cœur se brise lorsqu’une oie sauvage s’écrase à ses pieds, des déportés japonais au Canada pendant la Deuxième Guerre mondiale, une prisonnière sur le point d’être pendue et qui attend en ligne son tour, un homme qui meurt seul la nuit pendant que sa femme le trompe, un autre dont le cœur flanche quand il rencontre la future dirigeante de l’entreprise qui l’emploie et qui n’est autre que l’inconnue qu’il avait séduite dans un bar pour une nuit sans lendemain, une femme victime d’un accident de voiture, etc.

Dans chacune de ces nouvelles, un sentiment d’urgence sous-tend le propos mais, même si la noirceur de l’imminence de la fin se fait sentir entre chaque ligne, il se dégage de chaque histoire un sentiment de paix faite de résignation et d’acceptation de l’inéluctabilité de ce qui est à venir, comme une réponse au défi de l’incertitude.

Autant vous le dire tout de suite, je n’aime pas trop lire des nouvelles, mais comme avec Haruki Murakami (Après le tremblement de terre), je me suis laissée emporter par le style particulièrement poétique de l’écriture de Mireille Gagné, qui m’avait déjà conquise avec Le Lièvre d’Amérique (dont je recommande fortement la lecture). Un style tout en nuances et qui, en peu de mots bien choisis, permet au lecteur de participer et de vivre mentalement ce que ressentent les personnages.

Et que dire des titres des nouvelles sinon qu’ils sont un récit en eux-mêmes. Pour n’en citer que quelques-uns : « Qu’est-ce que le cœur sinon un muscle de mémoire », « Comment un cœur en explosant peut-il faire autant de blessés ? » et « Combien de cœur faut-il emboîter avant de se sentir entier ? ».

Membre : Christine d’Outremont Gagné, Mireille. Le Syndrome de takotsubo, Éditions Sémaphore, 2018, 116 pages.

Les 9 vies d'Edward

Brouillet, Chrystine

Les 9 vies d'Edward

Tous ceux et celles qui aiment les chats vont adorer ce livre qui relate la vie d'un chat qui en est à sa neuvième et dernière vie.

Ce chat, très spécial, veut trouver un mari pour sa maîtresse, Delphine, qui est photographe à Paris. La particularité de ce chat est qu'il se souvient de ses autres vies ; il utilise des connaissances et des habilités qu'il y a acquises, entre autres, la télépathie. Il peut donc savoir ce que les hommes veulent de Delphine. Elle rencontre un Américain et Edward flaire le danger… mais arrivera-t-il à en avertir Delphine ?

Ce qui m'a fasciné dans ce livre, c'est la relation entre Edward et Delphine ; chacun y accorde beaucoup d'importance et elle ne se gêne pas pour communiquer cela à ses amies. Un autre aspect est aussi très fascinant, c'est le retour continuel d'Edward dans ses vies antérieures d'où il rapporte plein d'idées, mais aussi des odeurs. Car Edward est très sensible aux odeurs. C'est ainsi qu'il recherche l'époux idéal à partir de l'odeur d'un de ces anciens maîtres au XVIIe siècle ; il veut retrouver un homme qui sentirait cette odeur, car il est certain que ce serait l'homme idéal pour Delphine.

À lire absolument, mais ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler la fin de ce polar, car…

Membre : Outremont Brouillet, Chrystine. Les 9 vies d'Edward, Éditions Denoël, 1998, 332 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Mitsuba

Shimazaki, Aki

Mitsuba

Takashi Aoki, employé modèle d’une société japonaise d’import-export voit sa vie bouleversée par la rencontre de la réceptionniste Yȗko Tanase, originaire de Kobé, qui suit des cours de français le soir à la même école de langues que lui, car elle rêve de partir pour Montréal. Leur histoire d’amour va naître dans un café après leur cours de français. Non, ne pensez pas à une histoire écrite mille fois.

L’univers d’Aki Shimazaki, installée au Québec depuis 1991, nous entraîne dans son pays d’origine, le Japon, tout en tissant des liens avec Montréal. Très souvent les personnages principaux osent s’affranchir des codes et des traditions nippones en s’intégrant par les événements imaginés par l’autrice dans la société occidentale.

Ce livre est court, de facture très agréable à lire, mais ô combien riche pour les lecteurs !

Premier volet de la pentalogie Au coeur du Yamato. Membre : Christine, Duvernay (Laval) Shimazaki, Aki. Mitsuba, Éditions Actes Sud, collection Babel, 2006, 136 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Qui de nous deux ?

Archambault, Gilles

Qui de nous deux Archambault

Je trouve tout à fait juste l'analyse approfondie, faite par un membre du Club des Irrésistibles, de ce livre qui raconte le départ de « l'autre ». Il est bouleversant ; il ne reste que le vide et des souvenirs émouvants.

J'ajouterai que cet opus nous fait apprécier le temps présent… en attendant « qui de nous deux ». Très bien écrit, avec beaucoup de pudeur. Qui de nous deux ? peut-il aider ou démolir davantage ceux et celles qui sont dans la même situation ? Difficile de répondre à cela !

Membre : Outremont Archambault, Gilles. Qui de nous deux ?, Éditions du Boréal, 2011, 117 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Ragnagna & moi. Jour 1

Koyama, Ken

Ragnagna et moi, jour 1

Lorsque j'ai entendu parler de ce manga, j'ai eu des doutes... et finalement, je ne regrette pas d'avoir écouté mon libraire (Allan, spéciale dédicace).

C'est un manga excellent, qui lève le tabou auréolant les menstruations. Fini le liquide bleu représentant les règles dans les pubs. Ici, on parle sans peur, mais aussi sans juger ou se moquer de ce que vit la gente féminine à partir de la puberté, car pour certaines, c'est loin d'être une partie de plaisir. Alors un grand merci au mangaka !

C'est drôle et instructif. À mettre dans les mains des filles, mais aussi des garçons.

Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Koyama, Ken. Ragnagna & moi. Jour 1, Éditions Ki-oon, 2021, 218 pages.

Syngué sabour : pierre de patience

Rahimi, Atiq

Syngué Sabour Folio

Ce monologue, d’une femme qui s’occupe de son mari, est touchant, captivant et oblige à la réflexion. Et quelle qualité d’écriture ! Le thème nous confronte à une autre réalité.

« Dans un pays en guerre, probablement l'Afghanistan, une femme veille sur le corps de son mari, blessé d'une balle dans la nuque par l'un des hommes de sa milice, et plongé depuis trois semaines dans un coma profond. […] Homme d'armes et de guerre, il fut un mari absent, violent, marié en son absence à cette jeune femme dont il a eu deux filles. La femme entame un long monologue avec son mari, faisant de lui, selon la culture perse, sa syngué sabour, sa pierre de patience, présente pour recueillir les confessions du monde et les absorber jusqu'à son implosion finale. » (Wikipédia)

Magnifique roman, le premier écrit en français par l’auteur né à Kaboul en 1962. C’est un incontournable. Une ouverture sur un autre monde.

Prix Goncourt 2008. Membre : Outremont Rahimi, Atiq. Syngué sabour : pierre de patience, Éditions P.O.L., 2008, 154 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Trois

Perrin, Valérie

Trois Perrin

Nina, Adrien et Etienne, sont inséparables depuis l'enfance... C’est promis, à 18 ans, ils partiront vivre ensemble à Paris et formeront un groupe de rock ! Et puis, le dernier été, celui du baccalauréat, tout bascule…leur trio va exploser ! Pourquoi ?

C’est le roman de l’amitié, de sa force et de ses failles, c’est aussi l’enfance, l’adolescence, le passage à l’âge adulte. Étonnamment, j’ai bien aimé et je vous le recommande.

Il serait dommage de ne pas faire la connaissance de ces trois-là, ils vous rappelleront des petits bouts de vous-mêmes et de votre propre adolescence.

Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Perrin, Valérie. Trois, Éditons Albin Michel, 2021, 669 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

pas touche!!!