16/09

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Revenir à toi (Grasset, 2021) de Léonor de Récondo m’a profondément touchée. Style simple, qui laisse toute la place aux émotions, plus particulièrement à celles que vivent une mère et sa fille à la suite d’une fêlure. Comment rester insensible à une telle situation, alors que le noyau central s’est effrité un jour de 1986…

Printemps 2016. Magdalena, dite Magda, habite Paris. En plus d’être talentueuse, cette femme est d’une grande beauté. À 44 ans, elle connaît une belle carrière de comédienne, préfère monter sur les planches que faire du cinéma et, malgré le fait qu’elle a tout pour elle, du moins en apparence, c’est une femme fragile, blessée, qui ne s’est jamais remise du départ inattendu d’Apollonia, sa mère, alors qu’elle avait 14 ans.

« Elle se souvient du jour où son père, Isidore, lui avait dit : maman est partie. Une phrase simple, sujet verbe participe passé. Une phrase tout à fait intelligible. Magdalena la comprenait, mais la trouvait trop courte. Il lui manquait au moins un complément de lieu, ainsi que plusieurs paragraphes d’explications. » (p. 15)

Peu de temps après la « disparition » d’Apollonia, son père avait, à son tour, abandonné le nid familial pour recommencer sa vie auprès d’une autre femme, remettant à ses parents, Marcelle et Michel, le soin de s’occuper de Magda. L’adolescente n’avait cessé de leur demander où était sa mère. On lui donnait toujours la même réponse : « Elle est partie se reposer. » Elle n’en croyait rien. Elle soupçonnait qu’elle était dépressive, mais de là à laisser sa famille derrière elle sans explications…

Magda doit reprendre dans cinq jours les répétitions d’Antigone de Sophocle – pièce qui sera jouée cet été à Avignon et dans laquelle elle tient le rôle principal –, sauf qu’elle apprend par un coup de fil de son agente, Adèle, que sa mère a été retrouvée. Trente ans se sont écoulés. D’après ses dires, elle serait à la maison éclusière à Calonges, en Lot-et-Garonne, sur le canal latéral. Depuis combien de temps réside-t-elle là-bas ? S’est-elle remise en couple ou vit-elle seule ? A-t-elle des problèmes de santé physique ou mentale ?

Sans réfléchir, Magda se rend à la gare Montparnasse, prend un billet de train pour Bordeaux, retire de l’argent d’un guichet automatique, s’achète à la boutique de la gare une revue en prévision de deux heures de trajet. Le présent et le passé s’entremêlent, elle ne sait ce qui l’attend au moment des retrouvailles. Sera-t-elle-même capable de dire « maman » après tant d’années ?

Que vient réellement chercher Magda ? La vérité ? Une forme de pardon ? Sa mère, cette ex-institutrice au primaire qui a aujourd’hui 77-78 ans, acceptera-t-elle de lui parler, de s’expliquer ? A-t-elle un secret qui l’a fait basculer du côté du silence ? Peut-elle, veut-elle, le partager avec Magda ? Est-ce possible de reconstruire un lien de confiance alors qu’on attend depuis trois décennies des réponses ?

« Toujours Magdalena a cru que son existence s’était arrêtée avec la disparition d’Apollonia, elle a cru que cet événement avait été crucial. Et si au contraire, elle le réalise à présent, il était mineur au regard de tout ce qu’elle avait accompli depuis ? » La réponse se trouve dans ce très beau roman de Léonor de Récondo.


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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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Arbre de l'oubli

Huston, Nancy

Arbre de l'oubli Houston

À 67 ans, Nancy Huston a toujours la plume aussi acérée. Dans ce roman, on retrouve ses thèmes de prédilection : le féminisme et la procréation, mais aussi la laïcité, l'omniprésence américaine, le racisme.

Jamais, dans ce récit, elle n'utilise les termes Blancs et Noirs. Par dérision, elle utilise plutôt les mots Beiges et Marrons. Savoureux !

Elle choisit encore une fois la manière un peu déroutante de nous raconter l'histoire avec des sauts avant/arrière dans le temps et l'espace. Premier chapitre : 2016 (Ouagadougou). Second chapitre : 1945 (Bronx)... avec les différents personnages qui composent cette trame : Shayna et Felisa, Jenka et Pavel, Joël et Jeremy, Lili Rose, David et Eileen... sans compter le chien Pulaski.

Pour les inconditionnels de Huston, un très bon moment de lecture. Pour les autres, une très belle découverte.

Membre : Michel, Saint-Jean-sur-Richelieu Huston, Nancy. Arbre de l'oubli, Éditions Actes Sud, Leméac, collection Domaine français, 2021, 309 pages.

Il faut flinguer Ramirez. Acte 1

Pétrimaux, Nicolas

Il faut flinguer Ramirez

Un cartel mexicain cherche à tout prix à liquider Ramirez, un tranquille réparateur d'aspirateurs sans histoire. Quelles sont les raisons qui poussent le cartel à vouloir lui régler son compte ? Et pourquoi ont-ils si peur de lui ?

Vous aimez les films de Tarantino ? Vous allez adorer cette BD. Le graphisme est époustouflant, le scénario absurde et rocambolesque, les personnages sont hauts en couleur, les situations cocasses, un humour décapant et des dialogues savoureux.

Vivement la suite des aventures de notre expert en aspirateur… Un régal !

Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Pétrimaux, Nicolas. Il faut flinguer Ramirez. Acte 1, Éditions Glénat, 2018, 142 pages non numérotées.

L'Homme de trop. 1, L'Arc-en ciel interdit

Fernandez, Dominique

L'Homme de trop

Dominique Fernandez nous livre dans ce roman une interrogation sur la question gay à l'heure du mariage pour tous.

Le héros principal, Lucas Fabert, la soixantaine, a longtemps combattu pour la cause homosexuelle. Il raconte son adolescence, ses amours, ses batailles. C'est une sorte de transmission de flambeau, car il évoque le chemin parcouru depuis la nuit des temps : la peur, la honte, l'homophobie avérée ou latente, la liberté... Il cite de nombreux faits historiques qui s'imbriquent bien dans son récit.

Sans langue de bois, il n'hésite pas à rappeler les propos tenus par de grands auteurs, médecins ou philosophes sur l'homosexualité.

L'écriture de Dominique Fernandez, académicien de 91 ans, est un véritable régal. De la poésie, de l'humour, de la retenue et pourtant tant de modernité dans cette écriture. J'ai pris énormément de plaisir à suivre les péripéties de notre héros.

J'attends à présent de lire le second tome de ce diptyque impressionnant.

Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Fernandez, Dominique. L'Homme de trop. 1, L'Arc-en ciel interdit, Éditions Grasset, 2021, 400 pages.

L'homme qui avait soif

Mingarelli, Hubert

L'homme qui avait soif

Hisao est démobilisé depuis peu. Il descend du train, car il a soif. Cette soif sans cesse présente ainsi que les batailles dans la montagne sont ses souvenirs de la guerre.

Nous sommes en 1946 dans un Japon occupé par l'armée américaine. Hisao voit son train partir pendant qu'il boit. Sa valise est dans le train et dans celle-ci, un œuf en jade qu'il doit donner à sa fiancée.

Nous accompagnons Hisao dans la poursuite de sa valise et de l'œuf en jade. Sur son chemin, il croise des gens avec qui il doit composer. Il pense sans cesse à cette soif et les souvenirs du travail dans la montagne hantent ses nuits. Il entend souvent le rire d'un homme.

J'ai accompagné Hisao dans la recherche de sa valise. Dans ce livre, aucun rebondissement, juste une lente et continuelle marche vers cette valise.

Les rêves qui nous retiennent dans la montagne sont précis. Ils sont en constante évolution et nous dirigent vers une fin qui m'a surpris. Profondément humain que cette quête d'une valise qui rivalise avec cette soif et ces rêves.

Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu Mingarelli, Hubert. L'homme qui avait soif, Éditions Stock, 2014, 154 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La Grande fabrique de mots

Lestrade, Agnès de

La Grande fabrique des mots

Je pense avoir déjà écrit à quel point j’enviais mon frère et mes trois sœurs qui, à la table de la cuisine, lisaient leurs livres d’école. Ils prononçaient parfois à haute voix ce que leurs yeux découvraient. Ils savaient décoder les hiéroglyphes sur les pages toutes en couleurs. Et moi, je les regardais, envieuse. Comme je voulais apprendre à lire !

C’est alors que sœur Pauline est apparue dans ma vie. Une grande femme paisible aux longs doigts fins qui traçaient au tableau des lettres élégantes que j’appris bientôt à reconnaître. Combien de « a » ai-je tracés entre les lignes étroites d’un cahier en m’efforçant de ne pas dépasser. Puis une autre lettre s’est placée à côté du « a ». Sœur Pauline m’aida à déchiffrer le « pa », puis l’autre « pa », puis tout le mot « papa ».

Je me mis alors à lire tout ce que je pouvais trouver : les boîtes de céréales, les étiquettes de mes vêtements, le dessus de mes cahiers Canada, les mots de mes crayons de plomb hb ou ceux en couleurs Prismacolors. Dans la maison, on me cherchait partout alors que j’étais bien cachée au fond du garde-robe en train d’essayer de lire les livres de mes grandes sœurs. Les mots étaient là, à ma portée, gratuitement.

Il n’en va pas ainsi dans le livre La Grande fabrique de mots. « Il existe un pays où les gens ne parlent presque pas. Dans cet étrange pays, il faut acheter les mots et les avaler pour pouvoir les prononcer.  »

Or les mots ne sont pas à la portée de tous. Seuls les riches peuvent s’offrir les plus précieux, les autres doivent se les procurer dans les poubelles, mais ce ne sont pas les plus jolis ou encore les attraper à la fenêtre à l’aide d’un filet à papillons.

Cette situation est désolante pour Philéas qui veut dire à Cybelle combien il l’aime. Comment faire quand on est pauvre et qu’on n’a que les trois mots : « Cerise, poussière, chaise. » Il jalouse Oscar qui dit des mots doux à Cybelle, des mots qui coûtent une fortune : « Je t’aime de tout mon cœur, ma Cybelle. Plus tard, je le sais, nous nous marierons. »

Dépité, Philéas se concentre alors sur l’amour qu’il a dans son cœur et prononce ses trois mots qui sont comme « des cailloux précieux » et font battre le cœur de Cybelle. En les entendant, elle s’approche silencieusement et dépose un baiser sur la joue de Philéas qui sourit.

Un magnifique et très touchant album. Le récit est plein de tendresse. Les mots poétiques grandissent ou rapetissent au gré des images naïves, tout en rondeur sur des pages aux couleurs sobres sépia, blanc cassé et beige jusqu’à ce qu’éclate le rouge vibrant de l’amour.

Voici un livre trop mignon qui sous des apparences de simplicité fait beaucoup réfléchir : sur la puissance des mots, ceux qu’on dit et ceux qu’on ne dit pas, ceux qu’on cherche et qui ne viennent pas, ceux qu’on prononce à tort et à travers, ceux qui blessent et ceux qui soignent, sur les enfants qui apprennent à lire gratuitement dès le plus jeune âge dans des pays en paix.

Et principalement sur le bonheur, l’immense bonheur de savoir lire et de jouir des mots jusqu’à vouloir en écrire encore et encore.

Illustrations : Valeria Docampo. Première publication en 2009. Membre : Monique L. de Cookshire-Eaton Lestrade, Agnès de. La Grande fabrique de mots, Éditions Alice jeunesse, 2019, 33 pages non numérotées.

La Maison de papier (saison 1)

Collectif de réalisateurs

La Casa de Papel saison 1

Dans la première partie qui comprend 13 épisodes et la deuxième où on en compte 9, nous assistons à une histoire continue. Un homme qui se fait appeler le Professeur recrute une jeune voleuse et sept autres criminels. Chacun possède sa spécialité dans le crime. Ils héritent tous d'un nom de ville et se connaissent seulement sous ce pseudonyme.

Leur but est un cambriolage ciblant la Monnaie royale d'Espagne. Un échange corsé et intense est établi avec les policiers. Chaque groupe, soit les voleurs et les policiers, doit user de ruse afin d'atteindre son objectif.

La musique de cette série est captivante. Les personnages sont attachants malgré leur profession. Les rebondissements sont étonnants. La narration est pertinente et accentue soit l'intensité, soit les émotions.

Une série qui nous garde constamment en éveil.

Disponible sur Netflix. Titre original : La Casa de Papel Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu Collectif de réalisateurs. La Maison de papier (saison 1), Série espagnol, 2017.

La Maison de papier (saison 2)

Collectif de réalisateurs

La Casa de Papel saison 2

Pour cette troisième et quatrième partie de la série espagnole, de nouveaux personnages viennent se greffer à l'équipe antérieure. Le groupe cible : La Maison de la monnaie.

Le plan pour le cambriolage et les personnages deviennent toujours plus complexes. Le plan implique un travail d'équipe continuel. Le personnage de l'inspectrice est d'une violence silencieuse pour ne pas dire pernicieuse.

Dans les seize épisodes, la musique est captivante, les rebondissements sont ahurissants. Nous croyons sans cesse que le cambriolage va échouer. J'ai trouvé une forte joie à détester la représentante de la police. Cette dernière est d'un calme quasi agressant et lors d'un moment précis de cette histoire, je me suis découvert une compassion totale pour cette dernière.

Les voleurs sont intenses. Ils ont déjà vécu un cambriolage ensemble. Le risque constant de perdre le contrôle nous est bien transmis par les acteurs.

Disponible sur Netflix. Titre original : La Casa de Papel Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu Collectif de réalisateurs. La Maison de papier (saison 2), Série espagnol, 2018, 2019.

Les Oubliés

Grisham, John

Les Oubliés

John Grisham est un roi du thriller judiciaire. Il s’inspire souvent de faits réels. Un roman qui met en scène un avocat, pasteur de l’Église épiscopale, s’intéressant au cas d’un Noir condamné il y a plusieurs décennies pour l’assassinat d’un juriste.

L’auteur prouve habilement les nombreuses faiblesses du système judiciaire américain. Une lecture fort intéressante.

Titre original : The Guardians Abonnée : bibliothèque Germaine-Guèvremont Grisham, John. Les Oubliés, Éditions Jean-Claude Lattès, 2019, 2021, 412 pages.

Les Vestiges du jour

Ishiguro, Kazuo

Les Vestiges du jour

James Stevens est majordome. Durant les années 30, il a travaillé pour lord Darlington et pour un Américain. Après avoir reçu une lettre de Miss Kenton, qui était intendante du domaine avant de se marier, il décide de prendre la voiture pour se rendre chez elle.

Durant ce périple, il partage ses réflexions sur son travail de majordome et sur sa vision des gens placés sur sa route. Il réfléchit aux qualités nécessaires pour être majordome, aux relations qu'il doit entretenir avec son employeur, aux événements qui se sont déroulés dans cette maison, aux relations entre Miss Kenton et lui.

Il relate de savoureux échanges qu'il a dû avoir avec un jeune homme à la demande de son employeur concernant les relations entre les hommes et les femmes durant ces années particulières. Il nous parle de son père ainsi que du moment de la mort de ce dernier. James Stevens nous parle des nécessités de la vie d'un majordome.

Voici un commentaire placé sur le site Babelio par LePamplemousse : « Ah, que j'aime les romans merveilleusement écrits… ! Quel plaisir de lire des phrases extrêmement bien construites, avec de jolis mots, des tournures stylisées mais pas trop, des sentiments nobles, de la retenue, aucune vulgarité… »

Je partage sans retenue ce commentaire. Quelle belle écriture fluide ! Nous sommes rapidement en accord avec les exigences du travail de majordome. J'aimerais souligner la scène de la mort du père de ce majordome. Il est particulier de penser que celui-ci avait comme responsabilité d'assurer son travail alors que son père était mourant. Les sentiments sont constamment retenus ou camouflés. Magnifique moment que cette lecture !

Titre original : The Remains of the Day Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu Ishiguro, Kazuo. Les Vestiges du jour, Éditions Calmann-Lévy, 1989, 2001, 267 pages.

Les Villages de Dieu

Prophète, Emmelie

Les Villages de Dieu

Lire Les Villages de Dieu juste après le dernier tremblement de terre à Haïti laisse très songeur, songeuse. Il semble y avoir un tel chaos en temps normal qu’il est difficile d’imaginer pire. L’enfermement dans le deuil, la folie ou l’alcool guette chaque personnage et l’exil n’apporte souvent que désillusions.

La jeune narratrice, influenceuse sur le Web, devient une femme sans âge dans la Cité de la Puissance divine, un cycle de violences ou d’intempéries succédant à l’autre. Le personnage de la grand-mère incarne la dignité, seule arme qui lui reste, peu importe les circonstances.

La grande qualité de l’ouvrage est le sens du détail concret, la dénonciation n’en a que plus de force.

Membre : Ville-Émard Prophète, Emmelie. Les Villages de Dieu, Éditions Mémoire d’encrier, 2020, 215 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Tristesse de la terre : une histoire de Buffalo Bill Cody

Vuillard, Éric

Tristesse de la terre

Un autre petit bijou de cet écrivain et cinéaste, un plaisir de lecture à tous les niveaux.

C’est l’histoire vraie et triste de William Cody, alias Buffalo Bill, et des Amérindiens vers la fin de la conquête des Amériques, décrite de façon brillante et colorée. Histoire aussi du début du showbiz et qui finit heureusement sur un chapitre très émouvant qui raconte l’histoire d’un Américain, poète de la photographie, aimant la nature et l’observant de près, un beau côté de l’humanité.

Le Wild West Show fut le clou de l’Exposition universelle de 1938, mais conçu dix ans plus tôt par Buffalo Bill ; il inaugura le showbiz. « Le spectacle est l’origine du monde. Le tragique se tient là, immobile, dans une inactualité bizarre » écrit l’auteur. « [...] Le spectacle nous dérobe et nous ment et nous grise et nous offre le monde sous toutes ses formes. Et parfois la scène semble exister davantage que le monde […] plus présente que nos vies, plus émouvante et vraisemblable que la réalité... »

Sur la couverture, la photo de Zitkala, jeune Amérindienne qui représente aussi une page majeure dans l’histoire des Amérindiens et dont Éric Vuillard nous raconte les débuts.

Un livre très touchant, à l’écriture magnifique, qui laisse un souvenir indélébile.

Membre : N.L., Île-des-Soeurs Vuillard, Éric. Tristesse de la terre : une histoire de Buffalo Bill Cody, Éditions Actes Sud, collection Un endroit où aller, 2014, 158 pages.
pas touche!!!