26/01

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Quand tu écouteras cette chanson

Il y a des livres que l’on veut absolument garder dans sa bibliothèque, car on sait qu’on les relira un jour. Quand tu écouteras cette chanson (Stock, 2022) de Lola Lafon, treizième titre publié dans la très belle collection « Ma nuit au musée », fait maintenant partie de la mienne. Peut-être en sera-t-il de même pour vous...

Qui n’a pas déjà eu en mains Le Journal d’Anne Frank ? Écrit à Amsterdam, aux Pays-Bas, du 12 juin 1942 au 1er août 1944 – les Frank sont arrêtés trois jours plus tard – il a été, à ce jour, vendu à plus de 30 millions d’exemplaires.

L’Annexe est ce lieu minuscule où la famille s’est terrée durant 25 mois : le père, Otto Frank, juif allemand, directeur d’une petite entreprise de pectine – le seul de la famille qui survivra à Auschwitz-Birkenau –, Edith, sa femme, la mère de Margot et d’Anne (morte à l’âge de 15 ans en 1945).

Le Journal d'Anne Frank nous apprenait, entre autres, à travers leur quotidien, qui avait aidé clandestinement durant 760 jours les huit occupants de l’Annexe. Lola Lafon, avec son récit touchant, complète certaines informations, le tout entremêlé de pans de sa vie personnelle et familiale.

« C’est elle, Ida Goldman [la grand-mère maternelle de Lola], la raison de ma nuit dans l’Annexe ; elle qui m’a offert, j’avais une dizaine d’années, une médaille dorée frappée du portrait d’Anne Frank », tandis que c’est Ronald Leopold, directeur du Musée Anne-Frank, qui lui donné la permission, le 18 août 2021, en pleine pandémie, de passer dix heures dans l’Annexe.

Lola Lafon, née le 28 janvier 1974, arrive à Paris alors qu’elle a à peine 12 ans : « J’avais grandi en Bulgarie et en Roumanie [celle de Ceaușescu], ces pays dans lesquels j’avais tant aimé fêter la Pâque orthodoxe. Mes grands-parents étaient polonais, russes, mais aussi français du Sud-Ouest du côté de mon père, je passais mes vacances dans les Landes, une partie de ma famille était nord-américaine, j’étais trilingue. »

Pour se préparer à cette nuit, Lola Lafon a, en amont, discuté avec des gens exceptionnels qui ont connu les Frank, dont Laureen Nussbaum, une voisine de la famille, qui « étudie le Journal en tant qu’œuvre littéraire depuis les années 90 » ou encore Teresien da Silva qui, depuis 37 ans, travaille au musée et qui « a rencontré plus de 90 témoins, amis, voisins ou parents des Frank ». Derrière l’horreur et la barbarie, il y a aussi eu, parfois, de la générosité et de l’entraide.

Si le manuscrit a été récupéré par madame Miep Gies, secrétaire au service d’Otto Frank et qui les a aidés à survivre dans leur cache, celui de sa grande sœur Margot (morte à l’âge de 19 ans en 1945, au camp de concentration de Bergen-Belsen), n’a jamais été retrouvé. On y apprend que la première espérait prendre la plume comme journaliste et/ou écrivaine, tandis que Margot « rêvait de devenir infirmière ou sage-femme en Palestine, après la guerre ».

Le Journal d’Anne Frank a été publié quelques années après la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Un témoignage inestimable, mais dont le traitement pour la publication soulève quand même quelques questions : Qui a décidé de ce que l’on gardait ou retranchait ? Les éditeurs néerlandais, allemands ou américains ont chacun eu des exigences de censure à des degrés divers. A-t-on obtempéré à leurs demandes ? Est-ce qu’Otto Frank a, comme on l’a souvent laissé sous-entendre, retiré certaines pages ? Le milieu artistique, que ce soit le cinéma, le théâtre, la comédie musicale, s’est « s’emparé » de l’histoire d’Anne Frank. A-t-il été respectueux de l’œuvre ou a-t-elle été dénaturée ?

« Quand l’arbre généalogique a été arraché, la naissance d’un enfant revêt une importance particulière : le nouveau-né devient une preuve de survie. Il ne pourra se contenter d’exister. Il héritera d’un devoir : celui de vivre plus fort, pour et à la place des disparus. » (p. 167)

En cette ère où le négationnisme reprend du poil de la bête, il est d’autant plus essentiel de lire Quand tu écouteras cette chanson.


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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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Chasseur au harpon

Patsauq, Markoosie

Chasseur au harpon

C’est un récit de ces nomades inuit depuis plusieurs générations, chasseurs dans l’Antarctique plus précisément sur le territoire du Nunavik dans la province de Québec.

Chasseur au harpon raconte qu’un ours blanc est venu attaquer et a éviscéré cinq chiens sans toucher aux hommes. Ces derniers ont constaté que cet ours était contaminé par des vers ; ils se doivent de le poursuivre pour l’abattre pour éviter une contamination aux autres animaux et ainsi qu’à la viande dont ces Inuits se nourrissent.

Un adolescent, Kamik, a assisté à la scène de l’attaque de l’ours blanc. Ce dernier a été blessé à la patte arrière par son père avec son harpon, mais malheureusement il a succombé à ses profondes blessures. Ce jeune et sept autres Inuits partent alors sur les traces de cet ours malade et dangereux.

Cette histoire met en scène l’immense et mémorial combat que ces hommes et ces femmes doivent livrer pour leur survie.

Entre ses vols d’aviateurs, l’auteur a transposé par écrit ce que ses aïeux lui ont raconté.

Ce livre est le deuxième roman de la littérature autochtone au Canada. J’ai beaucoup aimé ce récit épique. Markoosie Patsauq est décédé dans sa communauté d’Inukjuaq, dans le Nunavik, en 2017.

Titre original : Uumajursiutik unaatuinnamut Membre : Josette G. de Montréal Patsauq, Markoosie. Chasseur au harpon, Éditions du Boréal, 2021, 120 pages.

Chien 51

Gaudé, Laurent

Chien 51

Difficile de résumer l’histoire. Ce roman est classé polar d’anticipation. La Grèce est en faillite et contrôlée par une compagnie.

Divisée en trois zones : la première est habitée par la classe politique, la deuxième par les gens aisés et recouverte d’un dôme climatique et la troisième est occupée par la population pauvre.

Zem Sparack, un enquêteur de police, est de la zone 3 où un meurtre a été commis. Il est jumelé à Salia Malberg de la zone 2.

Je vous incite à lire le résumé de Pierre, membre du Club des Irrésistibles de Saint-Jean-sur-Richelieu, publié en ces pages le 1er décembre dernier, qui décrit très bien le contexte, la situation et les émotions des personnages.

J’ai dévoré ce livre qui m’a déstabilisée au départ. Laurent Gaudé n’est pas ce que j’appelle un écrivain de science-fiction. J’ai aimé qu’il m’amène dans un style où je ne l’attendais pas.

Membre : CestDoris Gaudé, Laurent. Chien 51, Éditions Actes Sud, Leméac, 2022, 292 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

D'acier

Avallone, Silvia

D'Acier

Dès son premier roman en 2011, l’auteure prouve son immense talent.

Dans ce coin de l’Italie, c’est l’usine d’acier qui fait vivre les familles. Les parents sont souvent absents.

Anna et Francesca, deux adolescentes de familles tout à fait différentes, sont liées d’une grande amitié fusionnelle.

Ce lien important fait leurs forces afin de faire face à une situation sociale pénible : misère, pollution, viols.

Silvia Avallone a un style remarquable. Elle a retenu mon attention spécialement dans son dernier roman, Une amitié (2020, 2022). Bonne lecture !

Titre original : Acciaio Abonnée : bibliothèque Germaine-Guèvremont Avallone, Silvia. D'acier, Éditions Liana Levi, 2010, 2011, 386 pages.

La Gouvernante

Fielding, Joy

La Gouvernante

Jodi Bishop s’occupe beaucoup de ses parents. Sa mère est atteinte de la maladie de Parkinson, son père est vieillissant. La solution : engager une gouvernante.

Elyse Woodley, sexagénaire, est veuve et possède de nombreux talents. C’est une femme intéressante jusqu’au jour où elle coupe les ponts avec Jodi.

Elle séduit son père et s’approprie les affaires de sa mère.

Que cache cette femme ? Jusqu’où est-elle prête à aller pour parvenir à ses fins ? Bonne lecture !

Titre original : The Housekeeper Abonnée : bibliothèque Germaine-Guèvremont Fielding, Joy. La Gouvernante, Éditions Michel Lafon, 2022, 384 pages.

Le Salon

Lalo, Oscar

Le Salon Lalo

Un homme de 39 ans habite chez son père et vit encore le deuil de sa mère décédée lorsqu'il avait quatorze ans. Il n'a aucune formation, travaille une journée par semaine pour son père et le reste du temps écoute durant la journée des séries télévisées.

Comme il doit se faire couper les cheveux, il se rend chez son coiffeur. Avant d'arriver au salon de coiffure, son attention est détournée devant une librairie. Dans un bac placé devant le commerce, son œil se porte sur un livre de Gustave Flaubert, vendu pour un euro, soit La Tentation de saint Antoine.

Il est retardé pour son rendez-vous chez le coiffeur. Il doit payer 20 euros qu'il n'a pas pour une coupe de cheveux. Il se dirige alors vers un salon de santé : massage du cuir chevelu, relaxation dans une salle désignée, coupe de cheveux par un coiffeur styliste. Il sort de ce parcours avec une facture qu'il ne peut payer. Il s'engage alors à donner une formation sur Flaubert pour rembourser sa dette.

Pour remplir cet engagement, notre jeune homme achète chez un libraire une série de livres concernant Flaubert. Débute une conversation soutenue avec le propriétaire afin d'approfondir sa connaissance de Flaubert.

Voici un extrait : « Les silences créés en nous par Flaubert sont aimables dans la mesure où l'on peut s'oublier. Loin de toutes ces passions dont il a empli La Tentation : l'amour, la haine, la jalousie, l'envie, la colère, le mépris, et j'en passe. Quand on lit Un cœur simple, même l'ego disparaît pour laisser place à un moi vide. » Il découvre, à travers d'autres auteurs, des mots qui sont à lui : « La littérature, c'est une fenêtre vers l'immensité. »

Quelles seront les influences de cette démarche sur la relation qu'il va vivre avec son père ? Quels seront les futurs échanges qu'il aura avec le libraire ? Quels auteurs se présenteront sur son parcours ? Va-t-il donner son cours sur La Tentation de saint Antoine ?

Quel livre agréable à lire ! Une écriture simple et douce. Une quête qui peut être la nôtre. Partir de nous afin de découvrir des auteurs ou les laisser nous séduire ? Belle proposition. J'adore !

Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu Lalo, Oscar. Le Salon, Éditions Plon, 2022, 151 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Madame la cardinale

Scaraffia, Lucetta

Madame la cardinale

Intrigues, malversations, manigances, hypocrisie, abus sexuel… bienvenue dans les couloirs du Vatican, la face cachée qui ressemble plus à un gouvernement corrompu qu’à un haut lieu de Dieu. Pas de nouveauté ici puisque les rumeurs de tout ce que ce roman effleure ont déjà fait couler beaucoup d’encre dans la presse mondiale. Pour cette raison, l’histoire goûte un peu le réchauffé, servi avec des garnitures différentes.

Commençons par une chanson que l’on connaît bien : jeune beauté qui séduit un homme puissant pour faire du mal. Ici, c’est le médecin personnel du pape Ignace, dans le but d’assassiner ce dernier à cause de son désir de réformer l’Église catholique. Des machinations ourdies par quelques prélats qui veulent empêcher le sacerdoce féminin à tout prix afin de protéger leur pouvoir. Ce complot est déjoué, mais la vie du médecin se termine mal quand même. L’œuvre se veut un suspens, mais manque d’élan.

Il est clair que l’autrice prend parti pour une présence plus importante et plus égalitaire des femmes dans la curie. Peut-être aurait-elle mieux défendu sa position dans un article. D’ailleurs, elle exerce déjà le métier de journaliste. Ce bagage se voit dans son style d’écriture, sans beaucoup d’intérêt littéraire. En outre, il n’y a rien d’attachant côté personnages non plus parce qu’ils ne sont que des véhicules pour faire avancer l’histoire.

En fin de compte, dans un temps révolu, ce livre aurait été explosif pour ce qu’il raconte, mais aujourd’hui, il est éventé. Ou l’on est trop blasé… Titre original : Donna cardinale Membre : Nacha, Montréal Scaraffia, Lucetta. Madame la cardinale, Éditions Salvator, 2020, 2021, 161 pages.

Mensonges sur le Plateau Mont-Royal

David, Michel

Mensonges sur le Plateau Mont-Royal

Michel David, auteur prolifique, nous fait revivre le quotidien des gens ordinaires du Plateau Mont-Royal durant les années 40.

Deux familles que tout oppose. L’union forcée de Jean Bélanger et de Reine Talbot les fera vivre ensemble pour le meilleur et pour le pire. Les tensions deviennent fréquentes au sein du couple meurtri par le mensonge.

Les dialogues sont faibles et les descriptions banales. Ce livre s’adresse, sans doute, aux nostalgiques de cette époque.

Je m’explique difficilement la vente d’un million d’exemplaires ? Bonne lecture !

Mensonges sur le Plateau Mont-Royal. 1, Un mariage de raison (2013). Mensonges sur le Plateau Mont-Royal. 2, La biscuiterie (2014). Abonnée : bibliothèque Germaine-Guèvremont David, Michel. Mensonges sur le Plateau Mont-Royal, Éditions Hurtubise (édition intégrale), 2013 et 2014, 1188 pages.

Moonlight Love Affair

Stelar, Parov

Moonlight Love Affair

Bon, ok, la pochette de l’album est assez bizarre… Pas très engageante. Perso, elle ne me met pas vraiment à l’aise \o/ Mais « surprenant », est le premier mot qui m’est venu en écoutant Moonlight Love Affair !

Je ne m’attendais pas du tout à ce style, surtout pour ce PCDM4 (aka 1.3) : classé en jazz, il a énormément d’allure électro et pour cause : Marcus Füreder, qui se cache sous le pseudo de Parov Stelar, est un compositeur de musique électronique !

Le tout mixé, ça donne un album d’électro jazz très justement / subtilement dosé ! Ça se laisse très bien écouter ! J’avais envie de bouger et de voyager à chaque chanson.

Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Stelar, Parov. Moonlight Love Affair, CD, 2022.

Tout le bonheur du monde

Lombardo, Claire

Tout le bonheur du monde

Une fresque familiale, des années 70 à nos jours. Les quatre sœurs, Grace, Violet, Liza et Wendy, admirent le couple amoureux que forment leurs parents, Marilyn et David, après 40 ans de vie commune.

Cette famille traverse joies, peines, déceptions, vit aussi des moments de jalousie et partage, évidemment, de nombreux souvenirs.

Ce roman trace un portrait intéressant, tout en nuances, sur la complexité et la beauté qui unissent les membres du clan.

Une adaptation en série télévisée est présentement en cours. Un livre tonique ! Bonne lecture !

Titre original : The Most Fun we Ever Had Abonnée : bibliothèque Germaine-Guèvremont Lombardo, Claire. Tout le bonheur du monde, Éditions Rivages, 2019, 2021, 702 pages.

Un miracle

Mas, Victoria

Un miracle

Ce roman se déroule essentiellement sur l’île de Batz, au large de Roscoff. Victoria Mas retranscrit brillamment l’atmosphère qui règne sur l’île, son côté sauvage et merveilleux, mais également son aspect rigoureux et inhospitalier.

Sœur Anne, après avoir été maltraitée par son père, s’est réfugiée au couvent dès l’âge de treize ans. Désormais adulte, elle fait le choix de quitter la maison mère des Filles de la Charité à Paris dans l’espoir de voir la Sainte Vierge lui apparaître en Bretagne.

À Batz, elle va rencontrer Michel Bourdier, le père autoritaire de Hugo, un adolescent rêveur, et de Julia, une petite fille asthmatique. Hugo va se lier d’amitié avec Isaac qui a perdu sa mère il y a dix ans dans un accident de voiture. Isaac est différent des autres jeunes de son âge et subit souvent des violences verbales ou physiques.

Tout semble immuable sur ce territoire jusqu’à ce qu’Isaac voit une apparition sur un promontoire. Cette vision va changer le cours de l’existence de tous les personnages et plus largement de la population de l’île. « Rien ne menace plus l’homme que les visites du Ciel. »

Un roman passionnant et intemporel qui interroge sur les questions de la vanité, de la croyance et du sacré.

Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Mas, Victoria. Un miracle, Éditions Albin Michel, 2022, 224 pages.

Une fille, qui danse

Barnes, Julian

Une fille, qui danse

Le titre m'a interpellé. La virgule souligne que la fille et la danse sont deux éléments distincts. Allons-nous lire que cette fille danse ou pas ? « Nous vivons dans le temps – il nous tient et nous façonne – mais je n'ai jamais eu l'impression de bien le comprendre » me fait penser que le sujet n'est peut-être ni la fille ni la danse, mais le temps.

Début de l'histoire au lycée : Tony Webster, Alex et Colin, sont les meilleurs amis du monde. Puis un quatrième s'est ajouté à eux, Adrian Finn. Les professeurs s'intéressaient à lui, car ils devaient évaluer son intelligence, son sens de la discipline, le niveau d'enseignement précédemment reçu et voir s'il avait l'étoffe d'un boursier.

Finn s'est intégré au groupe sans en adopter les manières. Par exemple, ils portaient leur montre à l'intérieur de leur poignet « le temps donnait ainsi l'impression d'être une chose personnelle, et même secrète ». Les trois amis étaient déconneurs et Finn était foncièrement sérieux, mais ces différences les ont rapprochés. Ils ont des points communs : « Nous étions affamés de livres et de sexe, méritocrates et anarchistes. Nous étions prétentieux. Nous désirions un chaos hédoniste ; nos parents nous accusaient mutuellement d'influence négative et ils redoutaient pour nous l'intimité des amitiés adolescentes, le comportement d'inconnus dans les trains, l'attrait de la mauvaise sorte de fille. Comme leurs anxiétés excédaient notre expérience. »

Tony part six mois aux États-Unis. À son retour, une lettre d'Alex lui annonce le suicide de Finn, alors âgé de 22 ans. « J'ai déballé mes affaires, repris mes marques, parlé de mes pérégrinations, et me suis refamiliarisé avec les habitudes et les odeurs, les petits plaisirs et toute la grisaille du foyer parental... »

Tony pense souvent à la mort de Finn. Les trois amis de ce dernier se retrouvent afin de visiter, par la pensée, leurs années de lycée ainsi que celles avec Finn. Ils se promettent de se voir régulièrement, mais la vie les éloigne.

Quel plaisir j'ai eu à lire Une fille, qui danse que je vais sûrement relire. Comme j'ai généreusement barbouillé les pages de mon livre ! Se placer dans les souliers d'un homme qui visite son passé est toute une expérience. Il faut beaucoup de calme et de courage pour le faire et pour réclamer un leg qui est un journal intime. J'aime ces romans durant lesquels nous nous sentons proche du personnage.

L'écriture est ici intime et libre. Nous pouvons donc en faire une lecture distanciée ou personnelle.

Titre original : The Sense of an Ending Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu Barnes, Julian. Une fille, qui danse, Éditions Mercure de France, 2011, 2013, 192 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

pas touche!!!