26/05

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Joël Dicker est en très grande forme. Depuis le décès il y a quatre ans de son éditeur Bernard de Fallois, l’écrivain a décidé de créer sa propre maison d’édition, Rosie & Wolfe. Avec cette nouvelle enquête criminelle, je ne doute pas une seconde du succès qu’obtiendra L’Affaire Alaska Sanders (2022).

Donc, dix ans après La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, voici L’Affaire Alaska Sanders qui ramène au devant de la scène les personnages de Marcus Goldman, écrivain devenu riche et célèbre, et Perry Gahalowood, sergent au sein de la brigade criminelle de la police d’État du New Hampshire.

Les deux hommes, aux tempéraments très différents, se sont connus en juin 2008 après avoir résolu le meurtre de Nola Kellergan à la suite de « l’enquête sur l’affaire Harry Quebert ». Depuis, une amitié est née et, même s’ils ne se voient pas souvent, ce tandem improbable, se complète à merveille.

Marcus avait connu, à 29 ans, un retentissant succès à l’automne 2009 avec La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert. Natifs du New Jersey, Harry et Marcus s’étaient connus en 1998 sur le campus de l’Université de Burrows où le premier était le professeur du second. À l’été 1976, Harry, mi-trentaine, avait vendu des millions d’exemplaires des Origines du mal. Alors que tout allait bien dans leur vie respective, un drame était survenu en juin 2008. Six mois plus tard, Harry avait disparu de la circulation. Marcus n’avait cessé de le chercher, en vain. Mais où était passé Harry Quebert ? Marcus réussira-t-il à le retracer et à connaître les raisons du silence de son ami qui avait cru en lui ?

On ne s’ennuie pas deux secondes avec ces multiples pistes empruntées et retournements de situations. J’ai vraiment beaucoup apprécié cette nouvelle « affaire » dont je vais taire 99% de l’intrigue.

L’action se déroule principalement en 1999 et en 2010, au New Hampshire (Mount Pleasant, Concord et Aurora), au Massachusetts (Boston et Salem), au Québec (Montréal) – où l’on tourne l’adaptation cinématographique de G comme Goldstein le premier roman de Marcus –, à New York (où habite l’écrivain) et en Floride (Miami où demeure Saul, l’oncle de Marcus).

Dès la première ligne, je savais que je ne pourrais abandonner cette intrigue que l’on peut facilement lire sans avoir ouvert La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, car l’auteur, fort habilement, nous rappelle certains éléments et les liens qui unissaient plusieurs personnages du roman publié en 2002. Donc, le vendredi 2 avril 1999, à la veille du meurtre : « La dernière personne à l’avoir vue en vie fut Lewis Jacob, le propriétaire d’une station-service située sur la route 21. Il était 19 heures 30 lorsque ce dernier s’apprêta à quitter le magasin attenant aux pompes à essence. »

« La dernière personne » dont il s’agit est le personnage titre du roman : Alaska Sanders. Cette très jolie jeune femme de 22 ans, super gentille et à la personnalité fort agréable, était originaire de Salem au Massachusetts. Son corps avait été découvert sur le bord d’un lac à Mount Pleasant, dans la petite localité de Grey Beach au New Hampshire. Mais qu’était venue faire Alaska à Mount Pleasant, alors qu’elle venait de « remporter son premier concours de beauté professionnel ? ». Élue Miss Nouvelle-Angleterre, elle aurait dû plutôt prendre la direction de New York où se trouvait son agente… Elle avait tourné dans des publicités et espérait maintenant que quelqu’un la remarque car, son but ultime était de devenir comédienne. Qui lui en voulait au point de la tuer ? Son petit ami ? Une concurrente jalouse de son succès ?

Le meurtrier avait rapidement fait des aveux de culpabilité, entraînant avec lui dans sa condamnation une autre personne. Pourquoi avait-il agi ainsi ? Par pure méchanceté, par vengeance ou quelqu’un l’avait-t-il forcé à parler ? Peu importe la raison, 11 ans plus tard, l’enquête repart de plus belle, Perry ayant reçu une lettre anonyme lui disant qu’il avait tout faux. Pour clore cette terrible histoire, le sergent fait appel à Marcus Goldman, une fois encore.

Quelques indices seront donnés et vérifiés, il y aura aussi du décryptage à faire avec des messages retrouvés : « Je sais ce que tu as fait » ou « Pute infidèle ». Mais à qui s’adressaient ces mots ? Qui en était l’auteur ? Étaient-ce des menaces ? Plusieurs mentent, d’autres camouflent de l’information et certains ont une double vie. Les suspects, les morts et les suicidés s’accumulent. Quand cela s’arrêtera-t-il ? Y a-t-il un lien entre un pull-over maculé de sang, une voiture bleue aperçue à quelques occasions dans divers lieux et un débris de phare arrière retrouvé ?

In fine, j’avoue avoir eu tout faux à mon tour, un peu comme le sergent Perry il y a 11 ans. Plaisir garanti, lecture idéale pour les vacances d’été !


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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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Abandonner un chat : souvenirs de mon père

Murakami, Haruki

Abandonner un chat. Souvenirs de mon père

Dans ce court livre de 82 pages, l'auteur livre un hommage à son père. Parsemé d'illustrations, Murakami nous raconte la vie de cet homme qu'il dit avoir peu fréquenté.

Ce récit débute avec cette courte histoire : avec son père, il amène un chat sur la plage afin de l'abandonner. Lorsqu'ils sont de retour à la maison, le chat les y attendait. Comment avait-il réussi à revenir ?

Récit touchant et calme. Faire hommage à son père est parfois un défi rempli de surprises. Lire ce livre, c’est comme se laisser porter par une douce mélodie. Quel moment simple et magique !

Illustrations d’Emiliano Ponzi. Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu Murakami, Haruki. Abandonner un chat : souvenirs de mon père, Éditions Belfond, 2022, 82 pages.

Blizzard

Vingtras, Marie

Blizzard

J’ai tout aimé de ce roman, le premier écrit par une jeune auteure remplie de talent. En 182 pages, Marie Vingtras a su créer une atmosphère étouffante.

C’est, comme l’indique le titre, jour de blizzard. Pas n’importe où, en Alaska. La visibilité est presque nulle, c’est un temps à ne pas mettre quidam dehors, ce qui rajoute une difficulté supplémentaire pour tenter de retrouver un jeune garçon et Bess. Où allaient-ils ainsi ? Quel est leur lien ?

Trois autres personnages, Freeman, Benedict et Cole, vont se mettre à l’œuvre pour braver cette tempête, agir avant qu’il ne soit trop tard.

Mais rien n’est blanc comme neige ici. Des secrets et des non-dits sont enfouis dans ce lieu où, parfois, le froid gèle les mémoires. Je vous conseille fortement cette lecture !

Prix des libraires 2022. Membre : Baie-Saint-Paul Vingtras, Marie. Blizzard, Éditions de l’Olivier, 2021, 182 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Document 1

Blais, François

Document 1 Blais

Document 1, de François Blais, est vraiment un très bon roman. Drôle (j'ai ri aux larmes à deux reprises), intelligent, et critique de la société, sans trop en avoir l'air. J'y ai retrouvé, comme dans Sam, comme dans Cataonie, l'esprit ludique, parodique et joyeusement antilittéraire de Louis Gauthier, auteur des mémorables Aventures de Sivis Pacem et de Para Bellum (1970), le roman québécois le plus lu en fumant un joint, dixit Pierre Foglia.

L'idée dominante, chez Blais, à la source de son travail sur la forme, c'est que la littérature québécoise et l'institution qui la supporte (organismes subventionnaires, maisons d'édition, critiques universitaires), ne sont plus dignes du moindre respect. La valeur d'un roman se mesure au nombre d'exemplaires vendus ; et pour connaître le succès, il est utile de suivre des règles comme celles proposées par Marc Fisher dans son essai Conseils à un jeune romancier (2000). Par curiosité, j'ai téléchargé cet essai : il y a effectivement de quoi rire !

Tess, la narratrice principale, veut-elle vraiment suivre ces règles ? Oui, par cynisme, et l'ironie est là pour nous rappeler ce qu'elle pense de Fisher, son « gourou », comme des nombreuses « plumes renommées » que compte la ville de Grand-Mère (Paule Doyon, Bryan Perro, Aurore Descôteaux...). Mais le cynisme de Tess n'est pas absolu ; une règle implicite semble lui tenir à cœur : dire la vérité. Son « récit de voyage » doit respecter les faits. Or, ceux-ci sont dépourvus de toute dimension romanesque.

Tess et son compagnon de vie, Jude, sont de parfaits marginaux ; elle travaille à temps partiel au Subway de Grand-Mère, se dit « paresseuse que c’en est invraisemblable » et « sans colonne vertébrale », alors que lui, sur le BS, passe son temps à jouer sur sa Xbox 360. Ils n'ont pas d'amis et n'en cherchent pas et toute leur vie se passe à l'intérieur d'un périmètre de quelques rues autour de leur logement : « On n’a jamais accompli quoi que ce soit, on n’est jamais allés nulle part, et la plus légère dérogation à nos petites habitudes nous amène au bord du désespoir. » Si bien que leur récit de voyage n'en est que la parodie, truffé de digressions, d'énumérations superflues, d'éléments hors sujet, comme la fiche technique complète de la Chevrolet Monte Carlo 2003... « On a juste à inscrire “roman” sur la couverture et tout le monde n’y verra que du feu. On appelle n’importe quoi “roman”, de nos jours. »

Leurs voyages demeurent virtuels, menés grâce à Google Earth, Google Maps et Bing Maps. Vers la fin du récit, l'achat d'une voiture usagée leur permettra de parcourir, pendant quelques semaines, les villages environnants. Dans tous les cas, leurs déplacements, virtuels ou réels, demeurent sans but, arbitraires, dénués de sens, à l'image de leur vie. Pas étonnant alors qu'ils ne parviennent pas à trouver un titre à leur récit, d'où ce « Document 1 » familier à tous les utilisateurs de Microsoft Word.

Impossible de ne pas penser, devant ce couple de loosers, à Nicole et André Ferron, les protagonistes de L'Hiver de force (1973), de Réjean Ducharme. Même profil socio-économique, même relation fusionnelle (« Jude fait partie de moi autant que mon oreille droite, que mon nez et que mes cinq-six gallons d’eau ») dénuée d'allusions sexuelles, même rapport distancié à la société (les gens « sont quelconques et on ne parvient à les trouver excitants qu’avec de l’alcool ou du romantisme, ou un mélange des deux »). Les Ferron regardent la télé et se plongent dans l'encyclopédie Alpha, alors que Tess et Jude ont Google Street View et Wikipédia. Les premiers sont mus par un refus nihiliste de tout, les seconds, par un cynisme qui les rapproche des Bougon, sans le ton acerbe.

Je ne connais pas d'équivalent de François Blais dans la littérature québécoise d'aujourd'hui. D'où son importance à mes yeux. D'où, aussi, le choc à l'annonce de son suicide, le 14 mai dernier.

Membre : S. de Montréal Blais, François. Document 1, Éditions L’Instant même, 2012, 179 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

L'Habitude des ruines : le sacre de l'oubli et de la laideur au Québec

Voyer, Marie-Hélène

L'Habitude des ruines

Professeure de littérature au cégep de Rimouski, l'auteure de ce petit livre, extrêmement intéressant et fort bien écrit, publie ici une charge à fond de train contre notre manque de respect pour le patrimoine, triste reflet de notre ignorance de notre histoire et de notre culture. Pas difficile de s'en convaincre : il ne se passe pas une semaine sans que les journaux nous apprennent la démolition d'un édifice ou d'un paysage emblématique de notre passé.

On peut blâmer bien sûr les promoteurs qui ne pensent qu'à démolir pour rebâtir à neuf et à leur profit des centres commerciaux génériques entourés de stationnements à la gloire de l'auto individuelle.

On peut blâmer aussi les gouvernements et les institutions publiques, municipalités ou commissions scolaires, qui font de beaux discours, mais regardent ailleurs pour ne pas réagir à ces destructions, quand ils n'en sont pas carrément responsables.

L'auteure nous rappelle à ce sujet les scandales de l'aéroport de Mirabel et du Bureau d'aménagement de l'Est du Québec, qui ont fait disparaître des villages entiers, arrachés à la mémoire de leurs habitants. À cet égard, l'inaction du ministère de la Culture est pathétique. Ces blâmes sont justifiés, mais ils n'excusent en rien la population pour sa passivité ou, au pire, pour son ardeur à vivre dans un présent permanent, où ni le passé ni l'avenir ne comptent. On a les gouvernements qu'on mérite.

Le livre est constitué d'une vingtaine de courts chapitres portant sur différents aspects de la problématique, dont certains sont souvent méconnus. Comme la construction du faux vieux et le façadisme, ou encore la disparition des rivières transformés en égouts collecteurs (82% des cours d'eau de l'île de Montréal ont disparu).

Marie-Hélène Voyer ne désespère pas, mais appelle à un réveil de notre désir de protéger, d’animer et d’entretenir notre patrimoine. Il y a du travail à faire. Déjà au XIXe siècle, Arthur Buies écrivait que « nous avons ici l'habitude des ruines : celles qui tombent ne font qu'une variété piquante au spectacle de celles qui sont tombées déjà et qui restent où elles sont, sans qu'on les enlève ».

Membre : Pierre, abonné de la bibliothèque Germaine-Guèvremont Voyer, Marie-Hélène. L'Habitude des ruines : le sacre de l'oubli et de la laideur au Québec, Lux éditeur, 2021, 211 pages.

La Brodeuse de Winchester

Chevalier, Tracy

La Brodeuse de Winchester

1932, Violet Speedwell, 38 ans, est l'une de ces innombrables femmes anglaises restées célibataires depuis que la Première Guerre mondiale a décimé toute une génération d’hommes en âge de se marier, dont son fiancé.

Violet n’est coupable de rien, mais malgré tout, elle doit subir les railleries et l’intransigeance d’une société fermée et parfois même de son entourage le plus proche. Dans un dernier sursaut, espérant créer un changement dans une vie parfois trop monotone aux côtés d’une mère acariâtre, Violet quitte son domicile et part s’installer à Winchester. Débute alors pour elle cette émancipation tant convoitée avec ses hauts et ses bas. Elle rejoindra un cercle de brodeuses et se perfectionnera dans cet art, mais surtout elle fera la connaissance d’Arthur, un sonneur de cloche qui aura un impact significatif sur le reste de son existence.

Comme toujours avec Tracy Chevalier, le travail de recherche historique est incroyablement pointu. L’écriture est sobre et efficace, au service d’un récit bien construit. Quelques petits bémols sont tout de même à noter pour ma part.

Sachant les coups de cœur qu’ont été La Jeune Fille à la Perle (2000) et L'Innocence (2007), ce titre ne m’a pas enflammé plus que ça. Cela est dû en grande partie aux thèmes abordés « la broderie et les sonneurs de cloches » dont je ne raffole pas forcément. Ajouté à cela, quelques choix très discutables que fait Violet. Un roman qui se lit bien, mais l’auteure a fait mieux à mon humble avis.

Le célibat était considéré comme une tragédie, mais aussi une menace, dans une société conçue pour le mariage.

Titre original : A Single Thread Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Chevalier, Tracy. La Brodeuse de Winchester, Éditions Quai Voltaire, 2019, 2020, 349 pages.

La Décision

Tuil, Karine

La Décision Karine Tuil

Une femme doit prendre une décision dans son travail. Alma Revel est juge d'instruction antiterroriste. Elle doit décider du sort d'un homme qui est suspecté d'être un terroriste. Cette décision va influencer son travail, sa vie de couple, sa vie amoureuse, sa personne et son pays. Terrifiant ! Un coup de poing au visage ou au plexus. J'ai utilisé peu de mots pour résumer ce livre. Il est envoûtant et déroutant. Trop de détails sont donnés pour tous les énumérer !

C'est un monde inconnu et violent qui nous est offert. Quelle femme, confrontée à l'opacité des gens, au danger permanent de la radicalisation et aux menaces continuelles peut avoir l'esprit dégagé ? Comment faire son travail lorsque le danger se rapproche des membres de sa famille ?

Addictif, comme lecture ! J'ai reçu ces mots comme s'ils étaient écrits par la personne qui a vécu cette histoire. Dans La Décision, le ton et les détails créent un envoûtement constant. Impossible de faire une pause lorsque l’on commence notre lecture : 296 pages de tension et de suspense !

Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu Tuil, Karine. La Décision, Éditions Gallimard, 2022, 296 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La femme qui ne vieillissait pas

Delacourt, Grégoire

La femme qui ne vieillissait pas

Quel plaisir de lire une seconde fois un roman qui fait du bien.

« À quarante-sept ans, je n’avais toujours aucune ride du lion, du front, aucune patte d’oie ni ride du sillon nasogénien, d’amertume ou du décolleté ; aucun cheveu blanc, aucun cerne ; j’avais trente ans, désespérément. »

Il y a celle qui ne vieillira pas, car elle a été emportée trop tôt. Celle qui prend de l’âge sans s’en soucier parce qu’elle a trop de problèmes. Celle qui cherche à paraître plus jeune pour garder son mari qui finit par tout perdre. Et puis, il y a Betty. Bonne lecture !

Abonnée : bibliothèque Germaine-Guèvremont Delacourt, Grégoire. La femme qui ne vieillissait pas, Éditions Jean-Claude Lattès, 2018, 247 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La Patience des traces

Benameur, Jeanne

La Patience des traces

Quoi ajouter de plus à la magnifique recension de Marie-Anne Poggi du 3 mars dernier.

Simon, le psychanalyste s’offre une analyse sur lui-même. Il sent qu’il est urgent de faire le vide et de penser à lui.

Le Japon est la destination parfaite pour l’observation et la contemplation. Simon se fait rapidement des amis japonais qui lui offrent la paix qu’il recherche.

L’écriture de Jeanne Benameur est impressionnante. Tout est écrit avec finesse et tendresse. Ce roman est un voyage intérieur. Bonne lecture !

Abonnée : bibliothèque Germaine-Guèvremont Benameur, Jeanne. La Patience des traces, Éditions Actes Sud, 2022, 200 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Le Carré des indigents

Pagan, Hugues

Le Carré des indigents

Ah ! Le charme rétro des polars français à l'ancienne ! Avec leurs histoires de grands flics rincés dans lesquels bourbons et bourdon n'ont qu'une lettre de différence ! Amour éternel et grande levée de coude pour le meilleur d'entre tous…

Notre atypique limier ! Faux calme impavide, indocile et diablement sagace ! Compagnon des damnés de la terre, pianoman égaré dans la nuit, inspecteur Schneider himself !

Rembobinage dans les années 70. Retour sur les jeunes années du limier. Enquête sur le meurtre atroce d'une gamine. Réveil brutal dans les abîmes d'une scène de crime et les violentes réminiscences d'une guerre d'Algérie encore trop présente à l'esprit de Schneider.

Bordel, le diable a le sens du rythme ! Et un style qui claque comme un bon vieux zippo après avoir embrasé la mèche ! Je prêche pour tous les non-convertis !

Les moijelispasdepolar, lecteurs poupons ou simples tombés des nues ! Soyez dignes et repentants ! Lisez Le Carré des indigents… Il n'est jamais trop tard pour embrasser le paganisme !

Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Pagan, Hugues. Le Carré des indigents, Éditions Rivages, collection Rivages noir, 2022, 384 pages.

Première personne du singulier

Murakami, Haruki

Première personne du singulier

Ce livre de 153 pages est composé de huit nouvelles. Chacune nous amène dans une atmosphère particulière.

En voici quelques-unes à découvrir : « de la femme qui criait le nom d'un autre pendant l'amour » ; « du vieil homme qui lui avait révélé le secret de l'existence » ; la « crème de la crème de la vie » ; « de cette femme si laide et si séduisante qui écoutait le Carnaval de Schumann ». (Babelio)

La nouvelle qui a attiré mon attention est celle « du singe qui lui avait confessé voler le nom des femmes qu'il ne pouvait séduire ». Un homme se rend dans un bain thermal peu fréquenté. Il profite de la chaleur de l'eau lorsqu'un singe se présente près du bain. Le singe entame la discussion et lui offre de lui laver le dos. L'homme invite ce singe à boire une bière dans sa chambre. Durant la conversation, le singe raconte son parcours et confie à cet homme comment il vole le nom des femmes qu'il aime. Lors de son départ le lendemain, cet homme est confronté au fait bizarre que ce singe n'existe pas. Alors, avec qui a-t-il passé la soirée ?

Le singe lui avait confié que lorsqu'il volait le nom d'une femme, cette dernière oubliait son nom. Comme tout semblait démontrer l'étrangeté de cette soirée, ce dernier avait oublié cet événement. Quelques années plus tard, il croise une femme qui avait oublié son nom. De courtes nouvelles à découvrir !

Titre original : Ichininsho Tansu Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu Murakami, Haruki. Première personne du singulier, Éditions Belfond, 2020, 2022, 153 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Un bref instant de splendeur

Vuong, Ocean

Un bref instant de splendeur

Little Dog, le narrateur, petit-fils d’un G.I. américain et d’une jeune femme vietnamienne, écrit à sa mère une lettre qu’elle ne lira jamais. Arrivés aux États-Unis, la grand-mère, la mère et le fils essaient de vivre dans une société qui les accueille par compassion, mais sans bienveillance.

Ocean Vuong, dans une langue poétique, travaillée comme une œuvre d’art, va nous raconter son histoire de petit garçon battu par sa mère, protégé par sa grand-mère et se réfugiant adolescent chez son copain Trevor.

Le lien entre ce petit garçon et sa mère est très fort et tout au long du roman, Little Dog va nous dévoiler son parcours de vie, par des pages magnifiques, mais bien tristes aussi.

« Maman, je ne sais pas si tu es parvenue aussi loin dans cette lettre ni si tu es parvenue ici tout court. Tu me dis toujours que pour toi c’est trop tard pour lire, avec ton foie fragile, tes os fatigués et qu’après tout ce que tu as traversé, tu voudrais juste te reposer à présent. »

Titre original : On Earth We’re Briefly Gorgeous Membre : Christine, Duvernay (Laval) Vuong, Ocean. Un bref instant de splendeur, Éditions Gallimard, collection du Monde entier, 2019, 2020, 290 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

pas touche!!!