21/10

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Montée en à peine cinq mois par Mary-Dailey Desmarais, conservatrice en chef au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), en collaboration avec l’équipe des conservatrices et conservateurs du Musée, « Combien de temps faut-il pour qu'une voix atteigne l'autre ? » est présentée au MBAM jusqu’au 13 février 2022.

À la base de cette exposition, il y a l’œuvre Triptyque (1990-1991) de Betty Goodwin. Fait rare, il est possible aussi de marcher sur ce titre. Oui, oui, vous avez bien lu. Avant d’entrer dans la verrière du Musée, tout de suite à votre droite, on aperçoit deux oreilles en bronze de l’artiste montréalaise (1923-2008). Jetez ensuite un œil quelques étages plus bas. On peut lire sur le plancher : « Combien de temps faut-il pour qu’une voix atteigne l’autre ? » L’aviez-vous déjà remarqué ?

Inspirée d’un vers tiré du recueil The Country Between Us (1981) de la poétesse, professeure et activiste américaine Carolyn Forché, la question posée dans le titre est intéressante et d’autant plus pertinente depuis le 13 mars 2020. De tout temps, les gens s’expriment à travers l’art ou d’autres médiums. Mais pour qu’un échange ait lieu, il faut écouter l’autre. Avons-nous vraiment l’oreille tendue ?

Si les salles sont divisées par thèmes, le sujet commun est la « voix » dans tous les sens du terme. Les 40 œuvres exposées ont été puisées à même la collection du Musée. Certaines ont déjà été montrées au public, d’autres étaient dans les réserves, tandis que quelques-unes ont été acquises ces derniers mois.

Parmi les 31 artistes du Québec et d’ailleurs, 13 femmes et non des moindres : Nadia Myre, Hannah Claus, Irene F. Whittome, Elisapi Inukpuk…

Que les oeuvres soient contemporaines (Ying Gao, Yves Gaucher) ou classiques (Fabritius Barent ou Jusepe de Ribera), qu’il s’agisse d’installations (Rafael Lozano-Hemmer, Yann Pocreau) ou de techniques mixtes, de sculptures (Auguste Rodin, Mattiusi Lyaituk), de toiles ou de photographies (Geneviève Cadieux), toutes nous parlent d’une manière ou d’une autre.

Il y a aussi des installations sonores, dont celle de Rebecca Belmore qui ouvre l’exposition. La dernière salle du parcours nous laisse entendre le Salisbury Cathedral Choir dans une composition musicale de Thomas Tallis, organiste anglais de la Renaissance. Cette installation audio de 14 minutes, signée par Janet Cardiff, comprend 40 haut-parleurs qui diffusent autant de voix singulières. Il y a quelques années, j’avais déjà été subjuguée par cette magnifique polyphonie qu’offrait le Musée des beaux-arts du Canada, mais quel bonheur de pouvoir à nouveau réentendre ce motet !

L’installation de Shilpa Gupta Car, dans ta langue, je n’ai pas ma place : 100 poètes emprisonnés (2017-2018), comprenant 100 livres coulés en bronze à canon vissés à une table en bois m’a particulièrement touchée, d’autant plus que les poètes emprisonnés l’ont été pour leurs idées politiques. J’ai aussi beaucoup apprécié l’aquarelle, encre sur traits à la mine de plomb et broderie de fils intitulée La beauté dans nos traits (2019) de Nancy Saunders. Revoir le moulage en plâtre Yes, We Love You de Stanley Février réalisé à la suite du décès de l’Afro-Américain George Floyd le 25 mai 2020, procure un moment de grande émotion.

Toujours au niveau 3 du pavillon Jean-Noël Desmarais, on peut voir jusqu’au 13 février 2022, Hors cadre : oeuvres des artistes parmi nous dont le commissariat est assuré par l’équipe des conservatrices et conservateurs du MBAM.

La particularité de cette exposition ? Les 44 œuvres – tirage numérique, technique mixte, acrylique, aquarelle, huile sur toile, gouache –, ont été créées par 28 employé(e)s qui occupent divers postes au MBAM : médiateurs-trices, responsable des activités culturelles ou coordonnatrice de projets, technicienne à la restauration, commis à la clientèle, guides bénévoles, technicien aux expositions ou à la restauration… On sent la volonté de la nouvelle équipe du Musée d’intégrer leur savoir-faire. C’est tout à leur honneur !

Il est intéressant de connaître une autre facette de ceux et celles que l’on côtoie parfois en allant au Musée. Mais comment pouvait-on soupçonner que s’y cachaient autant de talents artistiques ? Bonnes visites !


Les Irrésistibles de Marie-Anne ont aussi leur page Facebook. Venez voir !

https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


Partager cet article sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter

80, 90, 100 à l'heure ! 14 octogénaires et nonagénaires inspirants

Sirois, Alexandre et Judith Lachapelle

80 90 100 à l'heure

« La vieillesse est un accident inévitable. » Jacques Godbout

La pandémie a laissé des traces profondes dans notre société dont le clivage entre les pros et les contre vaccins, leurs manifestations publiques lançant des propos haineux témoignent du ravin qui s’est creusé davantage entre les personnes qui choisissent de se renseigner, de se fier aux experts scientifiques et celles qui se font honteusement ou naïvement manipuler par les tenants de la désinformation.

Le désœuvrement des personnes âgées a non seulement tracé de nombreuses cicatrices, il a également soulevé un sentiment de honte collective devant le triste constat de les avoir abandonnés dans leur solitude et leurs souffrances. Quelle sorte de citoyens sommes-nous pour traiter ainsi nos aînés ?

Pour la septuagénaire que je suis, cette crise sanitaire a mis en lumière et exacerbé mes inquiétudes face à la vieillesse. Si les deuils successifs vécus cette année m’ont obligée à faire face à la certitude de la mort, ce n’est pas tant cette issue qui a nourri mes réflexions. Alors que nos corps vieillissants nous imposent de nouvelles limites tout en nous offrant des outils pour outrepasser leurs effets, nous sommes plusieurs de ma génération à nous demander quelle sorte de vieillesse nous aurons. Les images des personnes démunies, en complète perte d’autonomie, esseulées et mourantes, se sont imprégnées dans notre esprit. Est-ce cela vieillir ?

Il me semble qu’il nous faut donner un sérieux coup de barre et nous faire une autre image de la vieillesse. C’est alors que vient à la rescousse le livre 80, 90. 100 à l’heure ! 14 octogénaires et nonagénaires inspirants parce que « nous avons besoin d’être rassurés. De savoir qu’il est possible d’être en forme, curieux, vif, brillant, allumé et resplendissant de bonheur après son 80e anniversaire. Mieux encore, son 90e. Et vous savez quoi… à l’issue de nos 14 entretiens, nous en sommes maintenant persuadés ! » (Alexandre Sirois et Judith Lachapelle) C’est le projet des deux auteurs de « démontrer que les octogénaires et les nonagénaires méritent notre respect et notre écoute. Que l’âgisme est un vilain défaut ».

Ce livre propose les portraits de « vieux » qui nous inspirent, qui s’indignent du traitement qu’on fait aux personnes âgées et qui nous obligent à y réfléchir et à changer les choses collectivement. Ils nous invitent également à nous concentrer sur le bonheur, l’engagement dans la société, le maintien de l’énergie intellectuelle et créatrice.

La vitalité de l’esprit peut faire contrepoids au ralentissement du corps, comme le souligne le sociologue de 97 ans, Guy Rocher : « Je vous dirais que je sens que mon corps a vieilli, qu’il prend de l’âge. Il existe depuis presque un siècle. Mais dans ce corps, il y a le moi, que je distingue du corps. Ce que j’appelle le moi, c’est mon sentiment d’exister, ma conscience d’être, mes passions, mon intelligence, mes émotions… Et voilà, il n’a pas le même âge que mon corps. […] Je dirais que je ne vieillis pas en même temps que mon corps, mentalement, psychiquement […] J’ai le sentiment que j’ai encore en moi la passion de vivre et la passion d’agir au moment où je sens le besoin de le faire. »

Ces « vieux » inspirants nous donnent de profondes leçons comme en témoignent leur vie et leurs réflexions. Il est permis d’utiliser ce mot pour les personnes âgées, mais il faut cesser de galvauder le mot « vieux » « […] en le méprisant. Comme si, avec le vieillissement, nous perdions tous les acquis qui viennent de nos connaissances, de notre maturité, et de nos expériences de vie. Si on emploie le mot “vieux”, il faut que ce soit toujours avec bienveillance et gentillesse. Car dans le mot “vieux” il y a le mot “vie” ». (Béatrice Picard)

Les personnes vieillissantes interviewées dans ce livre, nous livrent de précieux messages : - Une conception du bonheur à la portée de toutes personnes qui ont la chance d’être en santé et la nécessité de travailler à le rester ; - Un regard critique sur le développement de la société et le sort des prochaines générations ; - Des leçons pour vivre pleinement et savourer le moment présent comme le fait Françoise Sullivan, cette signataire de Refus global, qui peint tous les matins : « J’aime beaucoup le matin, la beauté du matin. Surtout s’il fait soleil… Les matins peuvent être très beaux. Et c’est l’aventure… De voir ce qui va sortir de ce travail que je fais » ; - Des mises en garde pour protéger notre culture, notre langue et notre environnement. C’est le vibrant plaidoyer de Jacques Godbout ; - Un regard lucide sur les inégalités du partage des ressources et le déséquilibre de nos sociétés ; - Surtout de sages conseils comme celui de Lucille Wheeler championne olympique en ski alpin en 1956 et qui dévale encore les pentes à 86 ans : « S’il y a une chose que je conseille aux gens, c’est non seulement de continuer à faire ce qu’ils aiment le plus longtemps qu’ils le peuvent, mais aussi d’accepter leurs limites. […] Il faut accepter que, parfois, on n’est pas aussi bon qu’on l’a déjà été, sans abandonner tout le plaisir pour autant » ; - Une invitation à continuer à lire et à écrire.

S’agit-il ici d’un livre sur la vieillesse ou d’un livre sur la vie ? C’est surtout un appel à voir la vieillesse « comme une période à découvrir plutôt qu’à appréhender ». Une invitation à regarder de l’autre côté du tableau sombre qui s’est dessiné dans notre esprit, à sortir de la torpeur et nourrir notre vitalité d’esprit, à se laisser porter par un élan vital.

Voilà un livre qui secoue et qui fait tellement de bien.

Membre : Monique L. de Cookshire-Eaton Sirois, Alexandre et Judith Lachapelle. 80, 90, 100 à l'heure ! 14 octogénaires et nonagénaires inspirants, Éditions La Presse, 2021, 204 pages.

Auprès de moi toujours

Ishiguro, Kazuo

Auprès de moi toujours Folio

Dans le premier roman que j'ai lu de cet auteur, Les Vestiges du jour (1989, 2001), Ishiguro nous amenait en promenade avec un majordome anglais. Il nous racontait un court voyage dans la campagne anglaise, à la rencontre de l'ancienne intendante du domaine. Cet homme prenait contact avec ses compatriotes. Le récit était livré dans une écriture simple et envoûtante.

J'ai par la suite lu Le Géant enfoui (2015) que j'ai moins apprécié. Un couple part à la recherche de leur fils qui les attend dans un autre village, alors qu'ils ont perdu la mémoire sous l'effet du souffle d'une dragonne. Ils craignent les souvenirs et anticipent la mort. Particulier !

Avec Auprès de moi toujours, je découvre une dimension nouvelle. Les questions soulevées dans ce bouquin sont étonnantes et dérangeantes. Quelle serait la place d’un clone de nous-mêmes et dans quel but les créer ? Quelles seraient les interrogations de ces gens face à la société et face à leur destin ? Que devrions-nous leur enseigner si ces gens sont destinés à être des donneurs ? Quelle serait l'utilité de cette école ? Qui en seraient les professeurs ? Et pourquoi toutes ces questions ?

Cette histoire se joue autour d'une chanson ayant pour titre « Auprès de moi toujours ». Nous sommes dans les années 90. Kath, Ruth et Tommy ont été des élèves de Hailsham. Kath, la narratrice, nous amène dans les souvenirs de ces trois personnages qui ont vécu dans cette école. Ils sont devenus des adultes ; ils sont soit donneur ou accompagnateur. Nous partageons la vie de cette école, les événements qui se produisent autour de ces trois personnes et des gardiens.

Après Hailsham, nos trois amis sont dirigés vers les cottages. La vie change de rythme ainsi que leur vision de l’avenir. Ils partagent des réflexions concernant la vie et le sexe. Kath devient accompagnatrice et quitte les cottages. Plus tard, elle croise Ruth et Tommy. De ces rencontres découle le flot ordonné de souvenirs.

Dans ce roman d'une grande douceur et d'une nécessaire lenteur, j'ai voyagé dans les souvenirs de Kath. Je me suis assis et je me suis laissé porter par les moments d'une grande humanité et par le souci des autres que la narratrice laisse émerger. Dans ce bouquin, j'ai trouvé la compassion, le respect d'autrui et un grand amour pour les souvenirs.

Titre original : Never Let Me Go Membre : Pierre, Saint-Jean-sur-Richelieu Ishiguro, Kazuo. Auprès de moi toujours, Éditions Gallimard, collection Folio, 2005, 2006, 440 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Double faute

Shriver, Lionel

Double faute

Imaginer le pire et lui faire prendre vie sous les yeux du lecteur est une spécialité que Lionel Shriver maîtrise à la perfection.

Double faute est un roman sur une descente aux enfers d’un couple qui paraissait de prime abord tellement prometteur. Mais le tennis, ce sport qui les a unis, deviendra pour eux une compétition terrible, cruelle et dévastatrice.

Des personnages antipathiques, ambitieux, égoïstes et obstinés, finement décrits, qui vous donneront envie de crier de rage, mais qui vous laisseront scotchés à votre lecture.

Un récit particulier qui, à mon avis, n’est pas pour tous les goûts, mais dont je conseille malgré tout la lecture.

Titre original : Double Fault Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Shriver, Lionel. Double faute, Éditions Belfond, 1997, 2010, 444 pages.

Je ne suis pas de ceux qui ont un grand génie

Lupien, Sévryna

Je ne suis pas de ceux qui ont un grand génie

Paroles d’enfant ou… propos d’adulte dont l’imagination s’éloigne de la réalité ? Et pourtant, Auguste, dit Auguste le Grand, poursuit son rêve : s’évader de l’orphelinat Sainte-Marie-des-Cieux, pour retrouver son ami Gustave. Ainsi, peut-être découvrira-t-il enfin ses racines, « ses branches ».

Chaque rencontre qu’il fait l’amène à remplir son carnet de souvenirs, des gens dont la bonté et le sourire illuminent ses journées d’itinérance. En fondant un organisme d’entraide, il apprend avec George la générosité et… la poésie ; avec Marie, il vit « le bien-être d’être unis » et la confiance ; avec Monsieur William, il éprouve un sentiment de sécurité.

Il n’hésite pas à adopter Monsieur Andy et sa femme Émilie ainsi que Madame Harrison pour lesquels il partage un attachement mutuel. Tous l’aident à cheminer vers la « vie adulte » alors qu’il prétend l’avoir presque atteinte.

Un roman savoureux aux couleurs de la naïveté de l’enfance et aux parfums des fleurs épanouies auxquelles Auguste porte une attention amoureuse ! Un roman où l’imagination charme et dont les mots exercent tout leur pouvoir séducteur.

Membre : Colombe, Ville de Québec Lupien, Sévryna. Je ne suis pas de ceux qui ont un grand génie, Éditions Stanké, 2017, 181 pages.

Là où nous sommes chez nous : l’histoire de ma famille éparpillée

Leo, Maxim

Là où nous sommes chez nous

En ouvrant le livre de Maxim Leo, c’est un arbre généalogique qui capte notre attention. Les racines de cet arbre sont plantées à Berlin. C’est l’histoire de la famille Friedrich Leo, autrefois nommée Levin, famille berlinoise dont les membres furent dispersés dans le monde entier lors de la montée du nazisme en Allemagne au début des années 30.

Aujourd’hui, la branche berlinoise de la famille Leo ne compte plus que quelques membres car, pour échapper au régime des nazis, la famille a dû quitter Berlin, qui pour l’Angleterre, qui pour la France, qui pour Israël.

C’est justement cette famille éparpillée que l’auteur nous présente dans ce récit bouleversant qui retrace le destin de trois femmes et de leurs familles respectives depuis les années 30 jusqu’au retour commémoratif des enfants et petits-enfants à Berlin dans une ville bien différente de celle des années 30, du Berlin de la deuxième moitié du XXe siècle et du Berlin de nos jours.

Pour ces derniers, essayer de comprendre ce qui les rattache à ce pays et à cette histoire, retracer certains souvenirs familiaux qui les unissent dans ce pays d’où ils furent chassés il y a plus de quatre-vingts ans, voilà ce que Maxim Leo a voulu mettre de l’avant et ainsi découvrir un « lien qui se joue de toutes les frontières » comme il le dit si bien en quatrième de couverture.

Titre original : Wo wir zu Hause sind Membre : Côte-des-Neiges Leo, Maxim. Là où nous sommes chez nous : l’histoire de ma famille éparpillée, Éditions Actes Sud, 2019, 2021, 366 pages.

Le Réseau Alice

Quinn, Kate

Le Réseau Alice

En 1915, la Britannique Eve Gardiner veut participer à la Première Guerre mondiale contre les Allemands. Elle sera recrutée comme espionne. Par contre, elle a un problème d’élocution : elle bégaie et est donc facilement reconnaissable.

Elle sera envoyée dans le Nord de la France et sera formée par Lili, nom de code Alice, qui dirige un vaste réseau d’agents secrets. Eve, recluse depuis trente ans, tente de prendre sa revanche sur celui qui s’est joué d’elle.

Le réseau Alice a véritablement existé et a apporté une précieuse aide pour résister aux Allemands. Rempli de rebondissements, le récit est plus difficile à suivre dans la double chronologie des années 1915 et 1947.

Titre original : Alice Network Membre : Laval-Vimont Quinn, Kate. Le Réseau Alice, Éditions Hauteville, 2017, 2020, 669 pages.

Les Yeux dans les arbres

Kingsolver, Barbara

Les Yeux dans les arbres

Une vue sur l’Afrique, l’évangélisation d’un fou qui en plus est le père d’une petite famille. Les filles qu’on découvre et qui se laissent aimer. Chacune raconte à sa façon sa vie au Congo. On les accompagne dans ce voyage avec beaucoup de plaisir.

Rire, colère, tristesse, tendresse… Difficile de fermer le livre avant de connaître la fin. À lire !

Titre original : The Poisonwood Bible Membre : Pointe-Claire Kingsolver, Barbara. Les Yeux dans les arbres, Éditions Payot, 1998, 1999, 600 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Manam

Elkouri, Rima

Manam Elkouri

Léa entreprend un voyage au pays de ses racines. Au pays de la mémoire de sa grand-mère Téta, « aux confins de la Turquie et de la Syrie ». Là où des centaines de milliers d’Arméniens, peuple dont elle est issue, ont péri, victimes en 1915 d’un génocide inqualifiable.

Avec l’aide d’un interprète, elle visitera les lieux empreints d’un passé douloureux et ira à la rencontre de ces gens qui lui enseigneront que malgré les atrocités qu’ils ont vécues, le goût de vivre les habite. Elle apprendra à faire la paix avec son histoire familiale, héritage de résilience et devoir de mémoire.

Un roman écrit tout en douceur d’où se dégagent, à chaque ligne, philosophie et lumière !

Membre : Colombe, Ville de Québec Elkouri, Rima. Manam, Les Éditions du Boréal, 2019, 224 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Manderley for Ever

Rosnay, Tatiana de

Manderly for Ever

J’ai eu beaucoup de plaisir à lire la biographie romancée de l’auteure britannique de Rebecca (1934), Daphné du Maurier. J’ai eu l’impression d’être près d’elle, de la connaître.

Tatiana de Rosnay s’est mise dans la peau de la jeune fille, puis de l’adolescente qui a été subjuguée par son père, acteur reconnu et adulé de Londres. Une maison, entre autres, l’a marquée, Menabilly, la maison de Cornouailles où la famille vécut pendant vingt ans et qui a inspirée Manderley, la maison de Rebecca.

Son amour pour son mari, ses trois enfants et l’écriture qui a pris une place considérable dans sa vie m’ont enchantée. À lire !

Membre : Laval-Vimont Rosnay, Tatiana de. Manderley for Ever, Éditions Héloïse d’Ormesson/Albin Michel, 2015, 457 pages + 16 pages de planches non numérotées.

Premier sang

Nothomb, Amélie

Premier sang

Le livre commence sur une note dramatique : Patrick, le père de l’écrivaine, est mis en joue devant un peloton d’exécution. Il a 28 ans, mais il va s’en sortir.

Amélie Nothomb nous relate l’histoire de son père. Elle nous décrit sa vie avec sa grand-mère, son père étant décédé lorsqu’il avait huit mois. Il ne voit pas souvent sa mère.

Pour les périodes de vacances, à six ans, il découvre son autre grand-père, Pierre Nothomb, poète assez déconnecté de la vie, ainsi que ses enfants, pas très bien traités car affamés ; c’était la période de la guerre. Patrick apprend à s’affirmer et en sort plus fort.

Avec son style bref, bien tourné, Amélie Nothomb nous prend dans ses filets. On s’attache à ce petit garçon qui vieillira et qui deviendra son père.

Membre : Laval-Vimont Nothomb, Amélie. Premier sang, Éditions Albin Michel, 2021, 175 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Une deux trois

Mishani, Dror

Une deux trois

La numéro un se prénomme Orna. À la suite de son divorce, elle s’est inscrite sur un site de rencontres juste pour voir – elle n’envisage rien de particulier. Guil est lui aussi inscrit sur ce site et le profil d’Orna lui plaît ; il la contacte.

Après plusieurs échanges, ils envisagent de se rencontrer pour faire plus ample connaissance. Orna n’est pas très réceptive aux avances de Guil, mais ce dernier ne se décourage pas, si bien que tous deux nouent une relation. Et puis un jour, Orna est retrouvée pendue dans une chambre d’hôtel à Bucarest.

La numéro deux s’appelle Emilia. D’origine lettonne et parlant très mal l’hébreu, elle n’a trouvé qu’un emploi d’auxiliaire de vie. C’est d’ailleurs chez le père de Guil qu’elle travaille. À la mort du vieil homme, Emilia est contrainte de quitter la chambre qu’elle occupait et de trouver un autre emploi dans une maison de retraite. Entre-temps, Emilia et Guil se sont rapprochés, mais Emilia est retrouvée morte ; elle s’est suicidée en s’asphyxiant avec un sac plastique.

La numéro 3 s’appelle Ella. Un petit matin, alors qu’elle travaille sur sa thèse à la table d’un café, Guil l’aborde…

Roman policier surprenant dans sa construction. L’auteur des crimes est connu du lecteur. Il s’agit alors de savoir si Guil va se faire arrêter, car ce meurtrier sait savamment effacer toutes les traces qu’il peut laisser dans la vie des femmes qu’il rencontre. On ne peut s’empêcher de penser combien de victimes ont précédé Orna…

Premier roman que je découvre de cet auteur israélien ; j’ai vraiment beaucoup aimé.

Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Mishani, Dror. Une deux trois, Éditions Gallimard, collection Série noire, 2018, 2020, 329 pages.
pas touche!!!