16 avr 2015

Un homme, ça ne pleure pas

Guène, Faïza

Un homme ça ne pleure pas

Mourad Chennoun est né à Nice dans une famille algérienne. Sa sœur aînée, Dounia, rue dans les brancards, quitte sa famille et renonce à ses origines et à une partie d’elle-même pour mener une vie à la française, s’habiller à l’occidentale et même se faire connaître. Sa petite soeur Mina, très soumise, respecte au contraire la vie traditionnelle de sa famille. Quant à Mourad, il se rend compte que pour ne pas « devenir obèse, aux cheveux poivre et sel et nourri à base d’huile de friture par sa mère », il devra échapper à sa famille, à un père tendre mais analphabète qui le met en garde contre les larmes qu’un homme doit refouler et à une mère très possessive. Il devra se forger un destin : pour cela, il commence par se réfugier dans le savoir et la lecture puis devient professeur de français. Toutefois, il se rend compte qu’un être est sans cesse ramené à ses origines et qu’il est impossible de renier son héritage. Pour illustrer sa pensée, il revient souvent au syndrome de Babar qui aura beau marcher sur deux pattes et s’habiller comme les humains, il restera toujours un éléphant !
Ce roman ramène les éternelles questions identitaires, ce qui me rappelle une pensée d’Henri Troyat, d’origine russe, dans un livre de la série Les Eygletière (1965) : « On ne devrait jamais s’expatrier car cela fait perdre ses plus secrètes raisons de vivre. »

Membre : Outremont

Guène, Faïza. Un homme, ça ne pleure pas, Éditions Fayard, 2014, 315 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



Partager cet article sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Pour laisser un commentaire

*