01 fév 2018

Tu aimeras ce que tu as tué

Lambert, Kevin

Tu aimeras ce que tu as tue

Voici ce qu’on peut lire en quatrième de couverture : « Le grand-père du jeune Faldistoire se prend pour un fantôme, la mère de Sylvie pratique la sorcellerie et lit l’avenir dans les tarots tandis que, sous le vernis de la normalité, le père de Sébastien cache de sombres desseins. Faldistoire, Sylvie et Sébastien fréquentent la même école primaire, puis, au secondaire, le même collège privé. Où Almanach les rejoint pour devenir, un jour, l’amant de Faldistoire.

Non loin de là, dans le cimetière, sous le regard inexpressif des crapauds, de nouveaux trous sont sans arrêt creusés. Car il ne fait pas bon vivre pour les enfants de Chicoutimi : viols, accidents tragiques, meurtres insensés… »

Oui, les enfants meurent de mort violente à Chicoutimi. Mais ils reviennent, tous, sur les bancs de l’école pour finir leur scolarité, au chalet pour jouer et assouvir leurs pulsions adolescentes et enfin, pour démolir Chicoutimi.

C’est gore, violent, haineux, féroce, halluciné, mais j’ai lu ce livre d’une traite, mue d’abord par une espèce de curiosité malsaine proche du dégoût (et si c’est ce que l’auteur a voulu, c’est réussi) puis fascinée par l’écriture quelquefois maladroite mais tellement vibrante et rythmée, en soutien de la haine et du désespoir qui sous-tendent le règlement de compte.

Quand on sait qu’il s’agit d’un premier roman et que bien souvent un premier roman est issu d’une expérience vécue ou d’un ressenti, on peut imaginer sans peine la souffrance qui explique la rage et la rancœur avec lesquelles l’auteur, lucide et blessé sans aucun doute, s’attaque dans ce livre aux apparences de respectabilité d’une société sclérosée dans le « bien-pensant ».

C’est l’enfance qu’on tue à Chicoutimi et malheureusement, il y a des « Chicoutimi » tout autour de la planète.

Membre : Outremont

Lambert, Kevin. Tu aimeras ce que tu as tué, Éditions Héliotrope, 2017, 217 pages.



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