19 juil 2018

Toyer

McKay, Gardner

Toyer

Cela faisait un bon bout de temps que j’avais pris la décision d’arrêter de lire des livres traitant de psychopathes, surtout lorsqu’il y est question de tueurs en série. Je me questionnais de plus en plus sur ce qui m’attirait dans ces romans glauques. Le dernier avait été un livre dont la critique était dithyrambique, Le Diable, tout le temps (2008) de Donald Ray Pollock. Je ne l’avais pas aimé. En fait, j’avais beaucoup trop lu de ces livres, et le vase venait de déborder.

Mes lectures n’étaient pas uniquement des romans, mais aussi des essais, dont ceux de Stéphane Bourgoin, devenu un spécialiste de la question pour une raison tout à fait dramatique : sa femme a été assassinée par un tueur en série. Je me suis même tapé un excellent essai, trouvé par hasard, La Philosophie et les Serial Killers (2011) de S. Waller et Fritz Allhoff.

Il traite des questions suivantes : qui sont-ils et, surtout, pourquoi lit-on ce type de livres ? Pour finir, j’avais comme projet de lire ce qui est considéré par la critique comme un chef-d’œuvre du genre, la brique 2666 (2008) du grand écrivain sud-américain Roberto Bolano. Je le regarde encore sur ma tablette.

Pourquoi ce long détour ? Parce que j’en ai finalement relu un, Toyer. Eh oui ! Une grande lectrice m’a remis ce livre en me disant : « Pas capable de le lire, il me stresse trop. » Je me suis dit, je vais en lire un dernier… Parole d’ivrogne !

Toyer n’est pas un psychopathe comme les autres. Vous me direz, ils sont tous pareils ! Eh non, lui en fait n’est pas un tueur en série, parce qu’il ne tue pas ses victimes. Comme Bundy, il les séduit, les kidnappe, mais à la différence des autres, il leur fait une cordotomie de la moelle épinière. Ce qui a pour effet de les réduire à l’état de mort cérébrale. Elles n’existent plus, mais elles ne meurent pas. Et il y aura presque une douzaine de cas comme cela. C’est tellement unique qu’on ne sait pas de quel crime il pourrait être accusé. Le Code criminel ne prévoit pas cette situation. Les victimes sont traitées par la neurologue Maude Garance, dont la colère sera grandissante devant l’indifférence des autorités à mettre les énergies afin de retrouver ce psychopathe.

Ce qui est particulier, c’est qu’une jeune journaliste, Sara Smith, après un long effort de persuasion auprès de la neurologue, décidera de le démasquer en commençant une correspondance entre la neurologue, Toyer et elle, au grand plaisir cupide du directeur de son journal. Le narcissisme du psychopathe nous entraînera dans sa vie personnelle et dans une suite d’événements assez palpitants et bien menés. La finale est très surprenante et machiavélique.

C’est certainement l’un des meilleurs romans de ce genre que j’ai lu et, à ma grande surprise, je vous le recommande.

Titre original : Toyer

Membre : hibou

McKay, Gardner. Toyer, Éditions Cherche midi, 1998, 2011, 761 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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Une réponse pour “Toyer”

Jessica dit : - 23 août 2018

Bonjour,

Pour ma part, ce livre, malgré ses 761 pages, m'a laissé sur ma faim. J'ai été complètement déçue par la fin de ce roman. Il faut savoir également que l'auteur est décédé avant de terminer son manuscrit… Donc, si vous aimez les livres traitant de psychopathes, je vous recommande la trilogie de Level 26 d'Anthony E. Zuiker. En plus de l'histoire, on doit aller chercher sur internet avec l'aide d'un lien que l'auteur donne dans certains chapitres. C'est parfois à glacer le sang... Bonne lecture !

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