21 nov 2019

Toute la lumière que nous ne pouvons voir

Doerr, Anthony

Toute la lumiere que nous ne pouvons voir

Et quelle merveille […]
de se sentir repue et réchauffée,
soulevée par les phrases
et transportée ailleurs.

Anthony Doerr

J’ai un rendez-vous amoureux avec une ancienne flamme. La première rencontre a eu lieu il y a quatre ans et ce fut un coup de foudre immédiat. L’aventure passionnelle a été de courte durée, le temps d’une semaine fascinante pendant laquelle il m’a tenue en haleine. Je me souviens qu’il m’avait littéralement transportée en Allemagne et en France pendant la dernière Grande Guerre. Il m’a alors raconté la très belle histoire de deux courageux adolescents à l’intelligence vive et l’imagination fertile : Werner, un jeune orphelin dont les talents en transmission électromagnétique sont exploités par les Allemands et une jeune Française aveugle dont le père, pour la protéger, l’a conduite à Saint-Malo.

Lors de cette première rencontre, j’ai parcouru en imagination cette ville bombardée avec Marie-Laure. Elle réussissait à reconnaître le chemin qu’elle a appris par cœur grâce aux maquettes que lui a construites son père, un être tendre et bienveillant. Au fur et à mesure du déroulement de l’intrigue, j’étais fascinée par l’aventure  ! Les deux jeunes héros auraient-ils la vie sauve  ? Allaient-ils se croiser  ? Qu’adviendrait-il du précieux diamant caché au cœur du récit  ? J’étais happée par le suspense prenant de l’histoire à laquelle il a toutefois mis fin, à mon grand regret.

Quand on m’a proposé un second rendez-vous, je n’ai pas hésité, mais c’est un beau risque. Je peux ne pas retrouver l’éblouissement des premiers instants. Le plaisir du mystère n’y étant plus, puisque le dénouement est maintenant connu, est-ce que je serai aussi ravie que la première fois  ? Est-ce que je retrouverai les saveurs du grand cru auquel il m’a fait goûter il y a quatre ans  ?

Je me rends donc à ce rendez-vous avec un peu d’appréhension, craintive de ternir la belle image qui m’est restée. Allez, il est temps, après tout je suis en terrain connu  ! J’ouvre toute grande la porte de son univers. La magie opère ! Envoûtée, je le redécouvre : le regard intelligent qu’il pose sur la vie ; son langage élégant, fluide et précis  ; la justesse avec laquelle il s’exprime  ; la sensibilité lorsqu’il décrit une atmosphère  ; sa tendresse pour des personnages fascinants  ; sa sagesse quand il donne des leçons de courage, de volonté et de résilience  ; son humanité  ; sa persistance à trouver de l’espoir malgré les horreurs de la guerre  ; sa capacité d’allumer un phare dans le brouillard.

À notre premier rendez-vous, j’étais curieuse et me suis fait prendre par l’intrigue. Maintenant j’admire son éloquence et je savoure encore plus la beauté de sa prose.

En quittant ce fabuleux conteur, encore une fois à regret, je planifie déjà un autre rendez-vous avec Anthony Doerr, en d’autres lieux et d’autres temps.

Lu en version papier, relu en version numérique.

Titre original : All the Light We Cannot See

Membre : Monique L. de Cookshire-Eaton

Doerr, Anthony. Toute la lumière que nous ne pouvons voir, Éditions Albin Michel, 2014, 2015, 610 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



Partager cet article sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Une réponse pour “Toute la lumière que nous ne pouvons voir”

Pierre Duquette dit : - 22 novembre 2019

J'ai lu ce livre en 2017 sur votre recommandation. Fantastique, extraordinaire. Un véritable chef-d'œuvre d'écriture. Un des meilleurs livres que j'ai eu le plaisir de lire depuis des années.

Pour laisser un commentaire

*