29 juin 2017

Sex and Dreams. The Language of Dreams

Stekel, William

Sex and Dream

C’est là le livre du psychanalyste qui, aux dires de Freud, a le mieux analysé et compris les symboles présents dans les rêves. Un symbolisme sexuel dominant qui, pour Stekel, révèle bien davantage le caractère de la personne que le principe de la réalisation du désir, qui est le schéma explicatif de Freud. Et à Freud qui cherche à dénicher le sens latent derrière le sens apparent du rêve, Stekel oppose l’idée de se concentrer sur le matériel du rêve manifeste, en en analysant les symboles.

Comme de savoir que dans les rêves, la présence d’une route sur la droite, c’est la route droite, tandis qu’à gauche, c’est la route du crime, de l’inceste, de la perversion. Qu’empoisonner dans le langage des rêves, cela veut dire être enceinte. Que « plusieurs personnes » dans le rêve, cela veut dire un secret. Que dans le rêve, le meurtre est l’équivalent psychique de l’acte sexuel, la possession au deuxième degré. Que les symboles du sexe de la femme sont nombreux : le tiroir, le secrétaire pour écrire, le gant, le bijou, toutes ces petites choses. Que tant pour hommes que pour femmes, tout ce qui, dans le rêve, réfère à la partie du corps sous le nombril va être transposé sur la partie supérieure, la bouche, les yeux pouvant avoir un tout autre sens que celui auquel on s’attend.

Mais la chose se complique du fait que les symboles du rêve n’ont pas nécessairement un sens fixe, le sens des symboles pouvant varier selon les personnes. Qu’un symbole peut parfois vouloir dire le contraire de son sens premier. Qu’il peut être nécessaire de lire un rêve en partant de la fin vers le début. Mais toujours, partir de l’affect, de l’humeur, des émotions qui se manifestent dans le rêve pour le comprendre. Et ne pas se dire « c’était juste un rêve ». Stekel allant jusqu’à dire que les crimes commis dans les rêves montrent la force de ce qui est réprimé dans la vie, la tendance criminelle, tout comme l’érotisme, prenant une grande place dans les rêves. Que les rêves sont des excrétions des pensées étouffées dans l’œuf. Que si on enlève les rêves, c’est l’aliénation mentale, ce serait enlever la soupape de sécurité pour le cerveau surchargé.

Et qu’en est-il alors de l’avantage qu’il pourrait y avoir de devenir conscient du contenu de ses rêves ? À ce sujet, écrivant par rapport à un patient qui, avant son analyse, n’était pas conscient de son homosexualité – et là on parle des années 20, il y a tout près de 100 ans –, Stekel dira que maintenant qu’il connaît son ennemi interne, la source de sa névrose, cet insight lui permettra de le gérer, de s’en occuper, que c’est le triomphe de la lumière sur la noirceur ! Et qu’en sera-t-il des meurtres de jalousie dont Stekel dit que l’effet en est souvent fort plaisant dans les rêves ? Stekel qui dit que le plus souvent, nos gratifications dans les rêves impliquent la destruction des autres, que nous maintenons notre vie par la mort des autres…

Mais, se rappeler que dans ces excès, le rêve est en quelque sorte le réceptacle de ce qui est réprimé dans notre vie, et non l’expression de ce que nous sommes, tant dans nos relations avec soi-même qu’avec les autres.

Membre : Jean-Marc

Stekel, William. Sex and Dreams. The Language of Dreams, Éditions Richard G. Badger, 1922, 2009, 322 pages.



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Catégorie : Documentaires/Essais


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