Sévère
Jauffret, Régis
Dans son propos et dans sa facture, ce roman m’a fait penser à ceux de Nelly Arcan. Même soumission, même désespoir de cette femme prise dans ce carcan sexuel. Seule différence, mais de taille, l’auteur n’est pas le personnage principal. Autre différence majeure : dans ce cas-ci, il s’agit d’une véritable histoire d’amour. Tordue à souhait, je veux bien, mais authentique, sans nul doute. Un auteur à découvrir assurément.
Merci au membre de Montréal @ljodoin sur Twitter de m’avoir mis sur la piste de cet auteur peu banal
24 fév 2012
Régis Jauffret affirme dans la préface de ce roman qu’il « ment comme un meurtrier ». Belle leçon d’écriture. Histoire de meurtre un peu sordide. Admirez la concision du style dans le court extrait qui suit. Tout le récit est de cette eau : « Je l’ai rencontré un soir de printemps. Je suis devenue sa maîtresse. Je lui ai offert la combinaison en latex qu’il portait le jour de sa mort. Je lui ai servi de secrétaire sexuelle. Il m’a initiée au maniement des armes. Il m’a fait cadeau d’un revolver. Je lui ai extorqué un million de dollars. Il me l’a repris. Je l’ai abattu d’une balle entre les deux yeux. »
Jauffret, Régis. Sévère, Éditions du Seuil, 2010.
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