31 août 2017

Se perdre

Ernaux, Annie

Se perdre Ernaux

Grand coup de cœur. Ce roman est exigeant. C’est l’histoire d’une obsession, pas facile à comprendre.

Afin de pouvoir s’identifier au personnage (l’auteure ?), il faut absolument avoir vécu cet état de « non-être » face à l’Autre. Cette paralysie. Une attente de tous les instants, jour et nuit, d’un « signe », d’un appel téléphonique qui ne vient pas, d’une phrase (un mot), d’un apaisement. En vain. Cette femme interprète constamment le moindre geste à son avantage.

L’Autre, même s’il existe vraiment, est, à toutes fins pratiques, une fabrication de l’imagination du personnage. Ces deux êtres n’ont rien en commun. Peu importe. La souffrance est bien réelle et elle perdure. Longtemps. La distance physique entre ces deux êtres (elle est Française, il est Russe) est l’exacte image de la distance psychologique qui les sépare. France-Russie, elle-lui.

Certains verront là un masochisme, un comportement de femme battue. Il n’en est rien. Une vague emporte, contre laquelle on ne peut résister. La répétition constante des états d’âme d’une femme qui veut avant tout être aimée fait toute la beauté de l’histoire.

Membre : Île-des-Sœurs

Ernaux, Annie. Se perdre, Éditions Gallimard, 2001, 293 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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