28 juin 2018

Sans sang

Baricco, Alessandro

Sans Sang

Sans sang. Lecture recommandée par une amie. Je l’avais déjà lu dès sa sortie en français, en 2003. Récit bien enfoui dans les méandres de mes processeurs parallèles. Trou de mémoire. Un récit d’à peine 15 ans.

Ça m’est revenu, en pièces détachées, dès la relecture de l’incipit du roman : « Dans la campagne, la vieille ferme de Mato Rujo demeurait aveugle, sculptée en noir contre la lumière du crépuscule. Seule tache dans le profil évidé de la plaine. Les quatre hommes arrivèrent dans une vieille Mercedes. La route était sèche et creusée – pauvre route de campagne. De la ferme, Manuel Roca les vit. »

Récit en deux parties. Essayons de faire remonter le tout à la surface.
Première partie : les quatre hommes à la Mercedes pénètrent dans la ferme et trucident Mato Rujo et son fils. C’est que, dit-on, Mato avait lui-même torturé le frère de Manuel durant la guerre. Vengeance. Que des méchants dans ce début de récit. Les quatre chenapans se battent pourtant pour un monde meilleur, il me semble. Par chance, le père, Mato, avait ordonné à sa jeune fille de s’enfouir dans le cageot à patates (?) dès l’arrivée des quatre hommes à proximité de la fermette. L’un des malfrats, le plus jeune du groupe, la découvrira, mais ne la dénoncera pas, subjugué par ses yeux ou un truc du genre.

Fin de la première partie, ils brûlent la cambuse et mettent les bouts vers de nouvelles aventures. Tristesse à peine voilée du plus jeune. Quand même, le lecteur peut respirer, la fillette a réussi à s’extraire de sa cachette avant d’être rôtie vive. Elle sera récupérée par un badaud qui passait par là bien campé sur le dos de sa rossinante.

Deuxième partie : il était une fois de nombreuses années plus tard. Baricco maîtrise très bien l’ellipse. Vous vous rappelez Soie ? Hervé Joncour traversant, à l’intérieur d’un petit paragraphe, l’Europe et l’Asie à pied, à cheval, en Cadillac (oups, ça c’est du Plume Latraverse) pour aller quérir des larves de vers à soie au Japon. Bref, les protagonistes sont maintenant devenus vieux. La p’tite vieille, après de longues années, a fini par retrouver le jeune vieux (désolé, aucun souvenir de leurs prénoms). Il vend des billets de loterie dans un kiosque d’une ville quelconque. Il attendait sa venue depuis de nombreuses années.

On apprendra l’histoire de la jeune devenue décatie. Comment elle a fini par faire la peau à trois des membres de la bande des quatre : l’un empoisonné, l’autre abattu d’une balle dans le dos, et le troisième… ne me rappelle plus. Vengeance. Reste le plus jeune devenu décrépit. Que lui arrivera-t-il ? Je me souviens. Inoubliable. Il soigne ses chutes, Baricco. Vous l’avez lu, Sans sang ? Vous vous souvenez ?

Titre original : Senza sangue

Membre : J. de Rosemont

Baricco, Alessandro. Sans sang, Éditions Albin Michel, 2002, 2003, 112 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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Une réponse pour “Sans sang”

Jean-Marc Séguin dit : - 28 juin 2018

À J. de Rosemont,

Merci pour ce compte-rendu écrit avec style, qui m'a ramené en mémoire l'atmosphère dans laquelle j'avais lu ce livre. Il me restera cependant d'en relire la fin, pour me permettre de répondre « oui » à votre question : « Vous vous souvenez ? »

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