18 déc 2014

Romans et Nouvelles. II, 1904-1924

Mann, Thomas

Romans et nouvelles Mann

Ce gros bouquin de près de 1500 pages contient tellement de textes inoubliables que, bien à regret, je n’en choisis qu’un seul. La Mort à Venise est une nouvelle inspirée d’un voyage fait par Thomas Mann en 1911. Cette nouvelle, publiée en 1912 en allemand, est l’une de ses œuvres les plus célèbres.
Von Aschenbach est un écrivain allemand célébré, quinquagénaire, récemment anobli. Veuf et fatigué, il se rend à Venise pour se reposer. Il n’aime pourtant pas Venise : l’odeur d’eau stagnante et de formol l’inquiète, il soupçonne des miasmes infectieux. Il croise à l’hôtel un adolescent polonais d’une grande beauté. Luttant contre lui-même, il est de plus en plus attiré par le jeune homme. Il est torturé par le désir et le poursuit en ville et sur la plage. Il mourra sur la plage après avoir contemplé pour une dernière fois l’objet de son désir et de sa honte.
Cette œuvre est fascinante. L’auteur fait pénétrer avec lenteur le lecteur dans l’esprit torturé d’Aschenbach, par touches subtiles, et fait partager ses hésitations. Ses descriptions fourmillent de détails et ont une grande puissance d’évocation. On croit sentir l’eau des canaux et caresser des yeux le chatoiement des vêtements raffinés. On se voit affalé sur les coussins d’une gondole parmi les rumeurs du port. On devient un riche client qui déambule dans des hôtels au décor suranné, salué avec obséquiosité par le personnel.
C’est tourmenté, mélancolique, raffiné et désespéré. On sent qu’une période s’achève.

Membre : Lucienne

Mann, Thomas. Romans et nouvelles. II, 1904-1924, Éditions LGF, collection La Pochothèque, 1995, 1471 pages.



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