15 fév 2013

Quatre soldats

Mingarelli, Hubert

Nuit blanche. Je termine, soufflé, Quatre soldats de Mingarelli. La force de l’écriture et de l’amitié. Année 1919, quatre soldats de l’Armée rouge se cachent dans la forêt en fuite devant les Roumains. Ils attendent, assiégés. Pensée pour Dino Buzzati, Le Désert des Tartares (1949). Pas de grands fracas, un style épuré. Déploiement des phrases dans toute leur simplicité : sujet, verbe, complément, punto. Ça roule, s’enroulent, se déploient ces petites phrases comme des vaguelettes venant s’échouer sur la rive. Le texte tourne autour de figures de l’infraordinaire qui réapparaissent tout le long du récit tels les thèmes d’une sonate : boire du thé, fumer une clope, jouer aux dés, sculpter une main de femme, se baigner dans un étang, caresser une montre, combattre un cauchemar récurrent, pêcher un poisson avec sa gamelle. Craindre la mort, chasser l’ennui, marcher dans la nuit et toujours poser les mêmes gestes qui les unissent et les attachent à la vie. Ils ne savent pas lire, mais ils vivent dans l’espérance que le gamin enrôlé qui les accompagne grave la beauté de leur trajet dans son Carnet d’écrivain.
Mais « le ciel est sans fin (…) et il n’y a pas les mots ».
Une belle découverte. Un autre que je vais offrir à mes amis du beau et de l’insolite.
Chaleureux remerciements, Marie-Anne Poggi.



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Membre : Montréal

Mingarelli, Hubert. Quatre soldats, Éditions du Seuil, 2003.

Catégorie : Romans : récits de guerre

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