24 sept 2015

Polaroïds

Richeux, Marie

polaroids

Près de 70 polaroïds. Lus à toute vitesse (mais chacun fera comme il veut). Et voilà que je ressors ébloui par l’expérience. La poésie comme je l’aime. Pas celle mal rimée qu’on cueille et « foire » en recueils. Non, celle qui parle aux yeux et révèle le monde devant lequel on passe et que l’on ne voit pas. Marie Richeux apparaît alors avec ses mots et, l’instant d’un instant, en une trentaine de lignes, elle saisit, révèle ce qui était là de détails, d’odeurs et de couleurs. C’était là et on ne le savait pas. Quelques lignes plus tard, l’éblouissement du flash passé, on jubile d’avoir tout vu. Dit comme ça, la réalité, même la plus crasse, laisse une larme. La poésie, c’est ce qui est là, gratuit, inutile, pour personne mais que quelqu’un voit. Regardez cet arbre au milieu du jardin d’une maison parfaitement convenable, il a deux cordes et « comme personne n’a voulu se pendre, on en a fait une balançoire. » Par bonheur, un enfant de 12 ans va en tomber. Je ne connais rien de plus beau.

Membre : France

Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal.

Richeux, Marie. Polaroïds, Éditions Sabine Wespieser, 2013, 160 pages.



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Catégorie : Classiques

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