28 mai 2015

Le Capital au XXIe siècle

Piketty, Thomas

le capital au xxi e

Chers lecteurs, vous l’aviez probablement intercepté avec vos puissants radars. Il s’appelle Thomas Piketty, il a écrit une somme : Le Capital au XXIe siècle. Un peu culotté à l’aube du XXIe siècle ! Il s’en confesse et n’en signe pas moins. Magistral !
Sa thèse est toute simple : les riches s’enrichissent de plus en plus (le 1% disposant de 99% des richesses) et les pauvres vont continuer à se « lumpeniser » du fait d’un rendement supérieur du capital au taux de croissance de l’économie disons, pour simplifier. Solution proposée, un peu idéaliste – le 1% ne se laissera pas faire – une taxation progressive des patrimoines, à l’échelle mondiale, en plus. Pas très à la mode en ces temps d’austérité. M’enfin !
Ce qu’il dit ? La première loi fondamentale du capitalisme s’exprime par une formule toute simple. Marx peut aller se rhabiller avec ses mathématiques modernes. Élégance de la formule par sa simplicité et sa concision : α = r x β
Elle permet d’évaluer le rapport capital / revenu, la part du capital dans le revenu et le taux de rendement du capital.
« Elle s’applique dans toutes les sociétés et toutes les époques […] elle doit être considérée comme la première loi fondamentale du capitalisme. »
Bon, il a du toupet, je dirais même des couilles ! Il est jeune, à peine 43 ans.
Il a développé sa théorie en accumulant de vastes données historiques sur une vingtaine de pays. C’est un rigolo, il puise aussi dans le corpus littéraire du XIXe siècle (Balzac, Zola, Dickens, Austen) pour illustrer les inégalités sociales et la répartition des richesses.
Pédagogique. Beau passage sur l’évolution, en un siècle, de notre pouvoir d’achat exprimé en kilos de carottes (multiplié par six, en grosso modo cent ans). Pour la bicyclette, on a vraiment de la chance, c’est multiplié par 40. Rien sur la montre, on est perdant, c’est sûr avec l’Apple Watch qui se détaille à 17 000 $ l’unité pour le 1%…
Tout y passe et des trucs qui vont vous interpeller, lecteurs : la surpopulation et l’épuisement des énergies fossiles notamment. Il est plutôt du genre optimiste, il pense que l’on pourra finir par contrôler ces petits irritants. Il passe évidemment au crible les prophètes de malheur et de bonheur obligatoire.
Pour les érudits et la question de la baisse tendancielle du taux de profit et la révolution que cela allait produire, il pense que Marx s’est fourvoyé en négligeant la possibilité des progrès techniques et de la croissance de la productivité.
Pas équipé pour le contredire, mais un bonheur fou à le lire, un merveilleux conteur.
Attention : 970 pages à se faire causer d’économie, faut s’accrocher.

Membre : Rosemont

Piketty, Thomas. Le Capital au XXIe siècle, Éditions du Seuil, 2013, 970 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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