07 nov 2019

Parfums

Claudel, Philippe

Parfums Claudel

Parfum : « Odeur agréable dégagée par quelque chose. Littéraire : Ce qui éveille une idée, une impression agréable. » (Larousse). Dans cette définition, c’est le mot « agréable » qui est important. Or, dans les 63 histoires que nous livre Claudel dans ce recueil, ce n’est pas toujours le cas.

Il n’en reste pas moins que ce sont des textes fort bien écrits et qui atteignent leur but : nous rappeler des souvenirs ancrés profondément dans notre mémoire : Acacia – Ail – Alambic – Amoureuses – Après-rasage – Boum – Brouillard – Cannabis – Cannelle – Cave – Chambre d’hôtel – Charbon – Charogne – Chaume – Chou – Cigare – Cimetière – Coiffeur – Crème solaire – Deux temps – Douches collectives – Draps frais – Droguerie – Église – Enfant qui dort – Étable – Éther – Feu de camp – Foin – Fumier – Gauloises et Gitanes – Goudron – Grès rose – Gymnase – Lard frit – Légumes – Maison d’enfance – Mort – Munster – Ombellifères – Pantalon de pêche – Piscine – Pissotière – Pluie d’orage – Poisson – Pommade – Prison – Pull-over – Remugle – Réveil – Rivières – Salle de classe – Sapin – Sauce tomate – Savon – Sexe féminin – Station d’épuration des eaux – Terre – Tilleul – Torréfaction – Tourterelles – Vieillesse – Voyage.

Pour vous mettre au parfum, je vous cite un extrait de l’un d’entre eux.
Église – « […] J’ai toujours aimé les églises. Je les ai beaucoup fréquentées, du temps que je croyais en Dieu, et aujourd’hui encore, où je n’y crois plus. […] Petit, je suis enfant de cœur […] humant la cire chaude qui tombe en larmes lentes sur les flancs des grands cierges […] et les vapeurs d’encens, âcres, épaisses, tortueuses quand elles s’échappent du brûloir […] Les vêtements amidonnés sont rangés dans une haute armoire de la sacristie, brillante d’encaustique et qui sent l’eau de Cologne et la lavande. Les tissus s’en imprègnent. […] Bougie, encaustique, encens, sages tissus tissés par des mains dévotes, carreaux de pierre lavés à grande eau par des femmes agenouillées, entre deux « Notre père », haleine vineuse du prêtre après l’Eucharistie et puis surtout, la foi de millions d’humains depuis des siècles qui exsude de cette odeur si particulière qui est celle de la piété, tenace, profonde, ineffaçable. L’odeur de la croyance indéfectible en un merveilleux mensonge qui dure depuis deux mille ans… »

Qu’en dites-vous ? Pas mal, n’est-ce pas ?

Membre : Saint-Jean-sur-Richelieu

Claudel, Philippe. Parfums, Éditions Stock, 2012, 215 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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