02 juil 2020

Nos richesses

Kaouther, Adimi

Nos richesses Adimi

Ryad a besoin d’un stage pour obtenir son diplôme. Une connaissance lui propose de partir à Alger pour vider un local situé rue Hamani, l’ex-rue Charras.

Là, au 2, rue Charras, se trouve maintenant la succursale de la Bibliothèque nationale d’Alger nommée Les Vraies Richesses, titre emprunté à Jean Giono avec son autorisation. Ce lieu de la vie intellectuelle, fondé par Edmond Charlot en 1936, fut, au cours des années, à la fois une librairie, une maison d’édition, une galerie et un endroit animé par amour des livres.

Albert Camus, Emmanuel Roblès et d’autres intellectuels de cette époque où l’Algérie était française ont fréquenté ce local et en ont fait un lieu de vie extraordinaire.

Ryad découvre donc ce qui a été la vie de ce lieu tant aimé des habitants du quartier. Le gardien, le vieux Abdallah, reste assis devant cette librairie si chargée de souvenirs et ne veut pas la quitter des yeux. Il va, peu à peu, faire connaître au jeune Ryad l’histoire de tout ce que contient Les Vraies Richesses.

J’ai découvert l’histoire d’un homme passionné par les livres, fondateur des éditions Charlot. Edmond Charlot publia à Alger Le Silence de la mer (1942) de Vercors et fut durant la Deuxième Guerre mondiale un éditeur actif toujours à la recherche de papier pour l’impression, qui se débat avec les susceptibilités, les egos des auteurs et la gestion de son entreprise.

Par des allers-retours entre le funeste travail de Ryad, qui a d’ailleurs beaucoup de difficulté à remplir sa mission, et les lettres si enthousiastes d’Edmond Charlot, j’ai apprécié ce récit captivant.

Membre : bibliothèque Germaine-Guèvremont

Kaouther, Adimi. Nos richesses, Éditions du Seuil, 2017, 216 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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