10 oct 2019

No et moi

Vigan, Delphine de

No et moi

Honte à moi, jusqu’à tout récemment je ne connaissais ni Delphine de Vigan ni le Club des Irrésistibles. Une amie boulimique de lectures m’a fait connaître l’une et l’autre. Quel plaisir de lire vos commentaires et profiter de vos suggestions ! Avec des années de retard, j’ajoute ma pierre au mur d’éloges que vous avez édifié au livre No et moi que j’ai lu avec tant de bonheur.

J’ai eu un réel coup de cœur pour Delphine de Vigan ! Je suis au même diapason que les membres du Club qui ont louangé son « style d’écriture incisif et direct », sa sensibilité et la subtilité de son humour. J’ajouterais sa clairvoyance avec laquelle elle dénonce l’indifférence de la société au regard des êtres démunis ou différents.

L’histoire est connue : Lou, une adolescente surdouée, à l’esprit curieux en perpétuelle ébullition, doit faire un exposé et choisit de le faire sur les sans-abris. Elle est terrorisée, mais décide d’aller à la rencontre de No, une jeune fille vivant dans la rue. Lou, enfant unique dans une famille déséquilibrée, est bouleversée par les conditions de vie de No et décide de la prendre sous son aile.

Comme le soulignait une lectrice en 2013, c’est surtout « l’histoire de solitudes » : celle de la mère enfermée dans sa dépression ; celle de Lou, solitaire dans sa douance ; No abandonnée par sa mère et qui vit plus que pauvrement dans « l’indifférence générale » ; Lucas, un adolescent de 17 ans, qui provoque continuellement les professeurs et qui vit seul dans l’apparemment d’un de ses parents. C’est également toute la beauté de l’amitié sincère, du dévouement que voue Lou pour No et Lucas qui protège Lou.

C’est vrai que c’est un livre dur, bouleversant et triste, qui nous fait mal. Mais dans toute cette noirceur, il y a tant de tendresse. Celle du père de Lou qui s’évertue à répondre aux mille et une questions de sa fille au cerveau si agité et qui calme ce bouillonnement d’un geste émouvant ; celle de la grand-mère qui ébouriffe les cheveux de Lou lorsque cette dernière rabroue une tante qui ose dire du mal de sa mère ; celle de Lucas, qui propose des activités à cette adolescente surdouée et qui la prénomme Pépite et, finalement, celle de sa mère qui esquisse parfois un sourire discret à son endroit.

Au-delà de la tristesse et de la souffrance, Delphine de Vigan nous invite à changer les choses, comme Lou. Ce livre est un véritable plaidoyer pour la tolérance et un éloge de la résilience.

Lu en version numérique.

Membre : Monique L. de Cookshire-Eaton

Vigan, Delphine de. No et moi, Éditions Jean-Claude Lattès, 2007, 285 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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