07 jan 2021

Nickel Boys

Whitehead, Colson

Nickel Boys en français

Ce roman de Colson Whitehead a reçu en 2020 le Prix Pulitzer. Il s’agissait d’un deuxième Prix Pulitzer consécutif pour cet auteur américain, une première de l’histoire de cette prestigieuse reconnaissance littéraire (Université de Columbia) depuis sa création en 1948. Il s’agit du neuvième livre de Colson Whitehead qui a aussi écrit pour plusieurs publications américaines au cours de sa carrière.

J’ai lu la version anglaise, ne pouvant me convaincre d’attendre la traduction française tellement la lecture de son roman précédent publié en 2016 The Underground Railroad m’avait subjugué.

Ce récit allégorique, prenant place au milieu du XIXe siècle, sur les tentatives de fuite d’esclaves des États du Sud des États-Unis vers les États du Nord pour trouver la liberté, avait été pour moi un immense coup de cœur.

Et je n’ai pas été déçu ! Nickel Boys est le récit d’un établissement de redressement de la Floride dans les années 60 où de jeunes garçons arrêtés pour des délits mineurs étaient incarcérés et victimes de traitements cruels et inhumains. L’auteur nous présente donc à nouveau un visage de l’héritage du racisme aux États-Unis à l’égard des Afro-Américains. Le roman s’inspire de faits réels de la « Dozier School for Boys » de la Floride portés à l’attention publique lors de travaux d’excavation sur le site de cette ancienne école de réforme ayant permis la découverte d’ossements non identifiés appartenant à plusieurs résidents de cette institution. Ces faits sont établis dès la partie introductive du roman.

Elwood Curtis vient au monde dans une famille pauvre de Floride et est élevé par sa grand-mère Harriet, ayant été abandonné dès son jeune âge par ses parents disparus. Elwood développe rapidement à l’adolescence un intérêt pour les enjeux sociaux et trouve son inspiration dans les discours radiophoniques du célèbre pasteur Martin Luther King.

Elwood fait fi des obstacles économiques, raciaux et sociaux se dressant contre lui et démontre les qualités qui lui permettront bientôt d’accéder à des études universitaires, de s’affirmer et d’espérer une vie à la hauteur de ses ambitions. Le sort, le hasard ou plus vraisemblablement le déterminisme propre à cette Floride ségrégationniste des années 60 le destineront à la « Nickel Academy ».

Nous découvrons alors avec Elwood cet univers de sévices et d’inhumanité autant psychologiques que physiques qui ne parviennent pas à avoir raison de la détermination de notre jeune héros. L’histoire nous présente des personnages crédibles, une intrigue pleine de rebondissements et une conclusion que, j’en suis sûr, bien peu de lecteurs auront devinée !

Membre : Daniel de Repentigny

Whitehead, Colson. Nickel Boys, Éditions Albin Michel, 2019. 2020, 259 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



Partager cet article sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter