26 mar 2015

Nettoyer Montréal : les campagnes de moralité publique, 1940-1954

Lapointe, Mathieu

Nettoyer Montréal

Les gens de 70 ans et plus se rappelleront les événements racontés dans ce livre, et notamment l’enquête sur la moralité publique présidée par le juge François Caron (1950-1953). Enquête qui a eu notamment pour conséquence l’élection de Jean Drapeau à la mairie de Montréal en 1954. L’auteur rappelle la genèse de ces campagnes de moralité, en présente les principaux acteurs et décrit leurs actions.
Revenons en arrière : la prohibition aux États-Unis (1919-1933) entraînait la venue à Montréal de nombreux touristes et congressistes états-uniens, désireux de profiter d’une ambiance moins austère. Ceci a conduit au développement du Red Light, quartier où prostitution et jeu illégal prospéraient sous le contrôle du crime organisé, conférant à Montréal une réputation de capitale du vice (un peu comme Las Vegas aujourd’hui).
Nombre de personnalités publiques, d’organismes laïcs et religieux et de journaux (dont Le Devoir) s’en inquiétèrent. Ainsi, en 1943, les autorités militaires forcèrent la fermeture des bordels de Montréal, trop de soldats étant atteints de maladies vénériennes. Malgré une première enquête (juge Cannon, 1944), la situation perdurait et les autorités politiques de Montréal étaient soupçonnées de ne pas faire appliquer les lois ; il était de notoriété publique, par exemple, que les tenanciers étaient avertis à l’avance des descentes de la police. Une seconde campagne, reposant sur l’expérience de l’avocat Pacifique (dit Pax) Plante, directeur de l’escouade de la moralité de 1946 à 1948, conduisit à l’enquête Caron évoquée plus haut. Parmi les autres acteurs de cette saga, on retrouve, bien sûr, Jean Drapeau et aussi certaines personnes qui s’opposèrent à la tenue de cette enquête.

Membre : Germaine-Guèvremont

Lapointe, Mathieu. Nettoyer Montréal : les campagnes de moralité publique, 1940-1954, Éditions Septentrion, 2014, 395 pages.



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