14 déc 2012

Mémoire de mes putains tristes

García Márquez, Gabriel

Un vieux journaliste décide lors de l’anniversaire de ses 90 ans de s’offrir une folle nuit d’amour avec une adolescente vierge. La tentation de Lolita, de l’obscène. Il est culotté, ce Marquez de nous proposer une amorce de roman pour vieux libidineux pédophile. Cet homme « laid, timide et anachronique » est un pur solitaire et, de toute sa vie, n’a eu de relations sexuelles qu’avec des femmes qu’il payait rubis sur l’ongle. Il a donc recours aux services d’une vieille connaissance, Rosa Cabarcas, tenancière d’un bordel, pour obtenir les faveurs du fruit défendu. La nuit venue, il se contentera de contempler le corps nu de la jeune adolescente nubile et de dormir auprès d’elle. Et ainsi, les nombreuses nuits suivantes, il lui fait la lecture : Le Petit Prince et Les Contes de Perrault. Au bout de mille et une nuits, il la couvre de baisers. Il finit par être happé par l’amour et ses composantes intrinsèques : onirisme, hébétude, attente désespérée et violente jalousie. Du coup, ses rapports au monde, à la vie et à l’écriture sont bouleversés, pour le mieux. Il a cru mourir seul, il est maintenant en passe de mourir d’amour. Amorce scabreuse, s’il en est, que Marquez transmue en une véritable fable amoureuse toute platonique. Ça fleure bon, ça grouille et ça grenouille comme dans tous les romans de Garcia Marquez. Par l’auteur de Cent ans de solitude (1967) et de L’Amour au temps du choléra (1985), deux livres qu’il faut lire absolument.

Titre original : Memoria de Mis Putas Tristes



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Membre : Montréal

García Márquez, Gabriel. Mémoire de mes putains tristes, Éditions Grasset, 2004, 2005, 129 pages.

Catégorie : Romans : étapes de la vie, Romans : histoires d'amour

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