03 oct 2019

Maïmaï

Shimazaki, Aki

Maimai Shimazaki

Dès le début de Maïmaï (2018), cinquième et malheureusement dernier roman du cycle L’Ombre du chardon, on sait que nous devrons quitter Mitsuko qui décède subitement. Ce décès et les jours qui suivront se déroulent dans le calme, sans drame. Je regretterai le personnage de Mitsuko. Je m’y étais tant attachée ; j’ai aimé son intelligence, sa résilience, son regard aiguisé sur la vie et les êtres.

Bien qu’attristé par la mort subite de sa mère, Tarô, son fils sourd et muet, reste préoccupé par l’âge avancé de sa grand-mère dont il se sent responsable. Il s’installe donc dans la maison, héritée de sa mère, habite avec sa grand-mère et transforme la boutique en atelier de peinture. Nous avions appris, à la lecture du deuxième volet du cycle (Hôsuki), que Mitsuko, cette bouquiniste de livres rares et lectrice insatiable, était dépositaire de lourds secrets, notamment sur la naissance de Tarô.

L’auteure fait preuve d’une grande habileté en proposant une intrigue captivante, écrite sobrement avec sensibilité et délicatesse. En cherchant à reconstituer son histoire familiale, Tarô découvre la double vie de sa mère. Lèvera-t-il le voile sur les secrets de sa naissance ? Il devra jongler avec les sentiments que suscitent ces découvertes, cette quête d’identité, sa carrière de peintre, ses responsabilités familiales et les aléas de sa vie amoureuse. Qui croisera-t-il sur son chemin ? Quelles personnes l’auteure, dont c’est l’habitude, fera-t-elle surgir de son passé ?

Les personnes qui ont lu d’autres séries d’Aki Shimazaki savent à quel point elle est douée pour les tombées de rideau en douceur mais souvent dramatiques. Laissons le suspense prendre sa place. La lecture de ce roman est un pur délice !

Encore ici, on aime le style dépouillé de cette auteure, ses descriptions émouvantes de la nature, son talent pour nous faire vivre les émotions et comprendre les contextes dans lesquels se déroule le récit, et ce, en si peu de mots.

Membre : Monique L. de Cookshire-Eaton

Shimazaki, Aki. Maïmaï, Éditions Leméac, Actes Sud, 2018, 174 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



Partager cet article sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Pour laisser un commentaire

*