30 mar 2017

Ma part de Gaulois

Cherfi, Magyd

Ma part du gaulois

Magyd, c’est un magicien. Ses mots, ce sont des incantations. Dans la rue Raphaël, quartier nord de Toulouse, les uns réclament la légende des quartiers, « un truc qui tue ! », comme on demande au djinn « exauce mes vœux ». Les autres se piquent d’un « parle bien ta race », « écrivains de mes couilles » !

C’est l’année du baccalauréat pour Magyd et quand une mère a décidé pour son fils, son fils n’a pas le choix : il sera le premier bac arabe de la cité ! L’enfant élu ! « L’espoir de la fraternité de demain » dans « la piaule à Jules Ferry » – république cosmopolite oblige. Une manière d’esquiver comme on le dit à l’époque « les barrières à bicots ».

C’est la fin des années Giscard, l’arrivée de Mitterrand au pouvoir, des rumeurs qui vont avec et de la douce paranoïa qui s’ensuit. « Révise tes classiques, pour eux il reste le ministre de la guerre d’Algérie, frérot… ». Où trouver sa part de Gaulois ?
C’est là la quête douce amère du jeune banlieusard algérien. « Que devrais-je être ? Arabo-beur, franco-musulman, berbéro-toulousain, gaulo-beur, franco-kabyle, maghrébo-apostat… j’arrête là. »

Ma part de Gaulois, c’est un peu de ce rendez-vous manqué entre deux France. Et d’Histoire mise sous le tapis. C’est la télé éteinte une bonne fois pour toutes, l’histoire de Magyd et de son quartier, des drames du quotidien comme des moments de pure évasion et cet incroyable sens de l’autodérision qui illumine le tout !

Membre : France

Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal.

Cherfi, Magyd. Ma part de Gaulois, Éditions Actes Sud, 2016, 258 pages.



Partager cet article sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Pour laisser un commentaire

*