29 nov 2013

L’Orangeraie

Tremblay, Larry

Ce roman très poignant, difficile à lire et qui suscite beaucoup d’émotions, se passe au Moyen-Orient avec la même trame que Le Choix de Sophie (1981) de William Styron : sur un fond de guerre, il faut sacrifier un enfant. Des jumeaux de neuf ans, unis l’un à l’autre par des liens très forts, vivent une enfance familiale paisible dans l’orangeraie plantée par les grands-parents. Une bombe ennemie tombe sur la maison de ceux-ci, les tuant tous les deux. La tristesse, la colère et l’humiliation génèrent la haine. Un « terroriste », par son chantage, le lavage de cerveau et ses mensonges (découverts plus tard), convainc les parents de sacrifier un des jumeaux pour sauver l’honneur de la famille. Lequel sera kamikaze ? Amed ou Aziz, Aziz ou Amed ? On assiste alors aux tourments dévastateurs des parents : le père propose l’un, la mère en secret l’autre. Les jumeaux échangent leur rôle…
On retrouve, dix ans plus tard au Québec, le survivant dévoré par une culpabilité obsédante. Devenu acteur dans une pièce écrite par son professeur de théâtre, il refuse le rôle d’un enfant condamné à mourir, après avoir vu ses parents assassinés par un soldat ennemi. Pourquoi cet enfant devrait-il mourir ? Le professeur / auteur doit se remettre en question. Quelqu’un qui n’a jamais connu la guerre, peut-il écrire sur la guerre et de quel droit ? Comment peut-il juger s’il est en dehors du combat ? Pourquoi les enfants doivent-ils participer à la guerre des adultes ? Roman très bien écrit, pas de verbiage, dialogues puissants qui mettent en scène une bien dure réalité.



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