15 fév 2018

L’Oeil du hibou : carnets 2001-2003

Major, André

L'Oeil du hibou Major

Tout d’abord, je dois parler de l’auteur, André Major, romancier québécois que je ne connaissais ni d’Ève ni d’Adam. Il est une sommité dans son domaine, la littérature.

Réalisateur d’émissions culturelles à Radio-Canada, il a aussi été conférencier à de prestigieuses tribunes pour parler des écrivains et de l’art d’écrire.

Ayant décidé d’abandonner l’écriture romanesque, frustré, je pense, de ne pas être capable de rivaliser avec les romans à succès « préfabriqués », il se livre maintenant à l’art du « carnet ». Comme il le dit, ce sont ses notes qu’il nous livre. Elles sont des réflexions sur ses lectures et ses auteurs préférés et aussi sur son quotidien. Ce livre couvre ses pensées de 2001 à 2003.

André Major est un érudit, ses connaissances en littérature sont époustouflantes. Ce qui ajoute beaucoup à sa crédibilité sur le sujet, c’est la quantité absolument incroyable de lectures qu’il a faites et des notes qu’il a prises à propos des écrivains célèbres qu’il préfère. Les correspondances entre eux, leurs mémoires et surtout leurs états d’âme sur le labeur de leur création nous fascinent, mais ce qui est surtout remarquable, c’est leur persévérance et leur foi dans leur art, même si cela est teinté de beaucoup de pessimisme.

Je vous laisse sur quelques citations :

« Ne plus croire qu’on a quelque chose à dire, quelle liberté ! » – Major

« L’art est toujours l’expression de l’inquiétude. » – Naipaul

« La transparence est une belle utopie, qui ne serait pas supportable à long terme. » – Major

« J’aurais envie de développer l’idée que c’est l’écriture elle-même qui est une maladie. Ce besoin d’explorer le monde à l’aide des mots comme s’il se trouvait dans le langage quelque sésame qui donnerait accès au sens de tout ce que l’on appelle la vie, l’amour, la mort. » – Major

« La liberté intellectuelle authentique ne se lasse jamais de projeter la lumière sur les recoins les plus secrets, les plus honteux d’une société. » – Pavese

Cette dernière phrase est la posture de Major qui s’est senti « déserteur des passions collectives » et qui s’est « réfugié dans la cellule de l’écrivain ». On ne peut lire tous ses grands écrivains, mais en lisant L’Oeil du hibou, on y touche un peu et c’est extra.

Membre : Le hibou

Major, André. L’Oeil du hibou : carnets 2001-2003, Éditions du Boréal, collection Papiers collés, 2017, 234 pages.



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