10 mai 2018

L’Identité malheureuse

Finkielkraut, Alain

L'identite malheureuse

Ce livre traite de la culture avec un grand C. Celle qui est différente de celle que l’on pourrait appeler la culture populaire. Une idée, entre autres, que développe l’auteur est résumée par cette citation du mathématicien Laurent Lafforgue : « La faculté de penser fait partie du propre de l’homme et elle est donnée à chacun, mais la pensée elle-même en ses diverses manifestations qui composent la culture, n’est pas innée. Elle est une lente construction humaine… »

Le fameux slogan de Mai 68 « Soyez réaliste, demandez l’impossible ! » a permis de justifier le rejet du passé. Maintenant, il n’y en a que pour le présent. La thèse principale est de regarder cet aspect sous différents angles. Les Grecs avaient une expression « l’aidos », soit la réserve, la modestie face à nous-mêmes, ce qui nous permet de mieux connaître les autres et de les respecter. Et l’un des éléments importants de sa critique porte sur l’arrogance des récentes générations qui se traduit par un déficit du vivre-ensemble.

Ce livre est un plaisir de lecture et l’auteur fait preuve d’une grande érudition. Alain Finkielkraut est identifié à la droite par ceux qui s’identifient de gauche. Personnellement, j’ai de plus en plus de difficulté à savoir ce qu’est la gauche. J’ai tendance à comparer ces tenants à des girouettes, tellement ils ont changé la nature de leur idéologie. Cet auteur exprime des idées et je crois sincèrement que l’on peut être en désaccord avec certaines. Mais il les formule avec intelligence et tolérance. Il débat démocratiquement et je pense que ceux qui s’expriment par l’insulte ne démontrent que leurs faiblesses.

Je vous laisse sur cette phrase admirable d’Edmond Burke que cite l’auteur : « [...] si la simple sagesse nous recommande la plus grande circonspection lorsque nous travaillons sur les matières inanimées, la prudence devient véritablement un devoir quand nos travaux de démolitions n’ont pas pour objet la brique et le bois, mais des êtres sensibles. » – Edmond Burke, Réflexions sur la Révolution de France. Ça se passe de commentaires.

Membre : Le hibou

Finkielkraut, Alain. L’Identité malheureuse, Éditions Stock, 2013, 229 pages.



Partager cet article sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Pour laisser un commentaire

*