10 jan 2019

Les Vagues

Woolf, Virginia

Les Vagues

D’abord publié en 1931, Les Vagues est un roman magistral écrit, pourrait-on dire, avec les talents combinés de Shakespeare et de Christian Bobin, et traversé d’un ton épique qui ne s’essouffle pas. Une philosophie, aussi, puisque l’on suit les vies de quelques collégiens qui évoluent dans leurs réflexions sur la vie et que cette évolution suit les grands cycles de la nature. Le soleil en est le chef d’orchestre, mais ainsi vont les vagues inexorablement.

Un des personnages dénommé Perceval, fascination de tous les autres, s’il n’a pu mener son périple bien loin, est toujours présent en filigrane et c’est bien de la quête déçue du saint Graal dont il s’agit ici un peu aussi. Chemin faisant donc, tous, avec leurs forces et leur vulnérabilité, essayent de donner un sens à la vie, à leur vie, et sont touchants.

Une phrase qui résonne : « Le mot est un levier capable de soulever un monde » et ceux de Virginia Woolf nous propulsent dans un univers poétique qu’il est difficile de quitter.

« Le vent se leva. Les vagues résonnèrent sur le rivage comme des tambours, semblables à des guerriers enturbannés, à des hommes enturbannés, qui brandissent leurs sagaies empoisonnées au-dessus de leur tête et se précipitent à la rencontre des monstres blancs. »

Mais aussi : « Des vagues bleues, des vagues vertes, promenaient sur la rive un rapide éventail, entouraient de leur onde les piquants du chardon marin, mettaient çà et là sur le sable de minces étangs de lumière et laissaient derrière elles un pâle cerne noir. » À savourer !

Traduction : Marguerite Yourcenar.

Titre original : Waves

Membre : N.L., Île-des-Soeurs

Woolf, Virginia. Les Vagues, Éditions Livre de poches, 1931, 1993, 317 pages.



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