28 déc 2017

Les Passeurs de livres de Daraya : une bibliothèque secrète en Syrie

Minoui, Delphine

Les Passeurs de livres de Daraya

L’auteure, journaliste, nous fait partager une expérience où, d’une part, la noirceur d’une guérilla immonde, celle que mène le dirigeant syrien contre cette partie de son propre peuple qui ose s’insurger à la défense de valeurs plus démocratiques et, d’autre part, la luminosité d’une flamme qui s’appelle lecture, culture, ouverture.

René Diatkin, grand psychanalyste du siècle dernier, disait déjà : « La poésie est comme une petite flamme qui permet à l’humanité de traverser les pires atrocités. » Donc, dans ce récit, on fait la connaissance d’un groupe de jeunes qui ne veulent pas quitter leur ville de Daraya malgré les bombes qui pleuvent tout autour d’eux, mais c’est l’occasion d’apprécier tous les livres qu’ils peuvent trouver et de les mettre à la disposition des autres dans une bibliothèque de fortune, ce qui, entre guerre et littérature, leur permet de suspendre le temps dans un moment passionnant et jubilatoire. Des livres « pansements de l’âme », petits cailloux du Petit Poucet, histoires de leur pays, palette d’idées, construction de soi et j’en passe.

À la fin, une petite histoire de toutes ces bibliothèques massacrées par des occupants qui ne voulaient pas que des idées circulent, et l’auteure de conclure : ces jeunes n’ont jamais cessé de croire en la vertu de la parole… c’est la laideur de la guerre surpassée par le verbe.

Même si c’est dans un autre registre, cette histoire me rappelle l’émotion ressentie lorsque, lors d’un voyage en Gaspésie, sur le bord du chemin d’un village, face au fleuve, sur un petit poteau, j’ai vu une boîte à livres qui véritablement servait encore.

Membre : N.L., Île-des-Soeurs

Minoui, Delphine. Les Passeurs de livres de Daraya : une bibliothèque secrète en Syrie, Éditions du Seuil, 2017, 160 pages.



Partager cet article sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Pour laisser un commentaire

*