19 avr 2013

Les Mots sont verbe

Marcotte, Josée

Elle apocalypse de nouveau. Elle boulivresque avec ses fragmensonges. Beau et grand saccage du langage : elle a de la ruine dans les idées. Elle est de retour, surgit, au détour des mots. Elle ruine-babines les décombres. Elle âme entre les lignes et rame entre les mots-fleuves.
Elle perd la marge à suivre. C’est la fête :
« Face à ton refus, j’apocalypse, je résiste toute en boule de toi, je pense, je me concentre, et, alors, j’y arrive une seconde : je début, je milieu, et je fin. Je conte et je décompte les je d’un récit qui m’échappe. Je suis Princesse Apocalypse. J’ai l’imachination à la cuisse légère, j’ai la fin rancunière, j’ai la fin virtuelle.
(J’haine jusqu’à plus boulivresque.) »
(…)
« Et je m’obstine, je reste, je ruines. Et je ruine-babines les décombres. Et je fin. Trop de fins. Trop de choix. Je chaque fois, dans la machination, l’imagination. Dans ce lieu, j’imachine. Tous ces imaginaîtres où j’imaginêtre. Trop de mots compliqués. Je répète. Je reste. Pour la suite. Jusqu’où ?
(J’ai de la ruine dans les idées) »
(…)
« Il faut bien continuer, ça je sais faire, alors je poème, je figure cachée, j’âme entre les lignes, et je rame entre les mots-fleuves. »
(…)
« oh que de fragmensonges en ton nom
(Ma rêverie m’apparaît plus réelle que le réel) »
(…)
« (les mots ne seraient-ils que des verbes ?) »
(…)
« Et si j’avais le verbe, je romprais, je multiplierais. »

Les Mots sont verbe paru dans Poèmes du lendemain 21.
Mention : Prix Piché de Poésie de l’Université du Québec à Trois-Rivières (2012).



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Membre : Montréal

Marcotte, Josée. Les Mots sont verbe, Éditions Écrits des Forges, 2012.

Catégorie : Poésie

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