21 déc 2012

Les Invités

Assouline, Pierre

Que d’acidité au menu !
D’abord évitez d’être treize à table, car cela donne lieu à une incursion imprévue. Des propos amusants dans la préparation du repas, dans la mise en place selon les règles de l’art. Cela tourne au vinaigre : maladresse, jalousie, accusation. « Ce serpent venimeux qui pique… »
Une peinture d’une société française comme Assouline l’a si bien réussie dans Le Portrait (Éditions Gallimard, 2007).


C’est une critique acerbe de la bourgeoise française à travers l’histoire d’un repas où tout est organisé selon des codes propres à cette bourgeoisie, mais durant lequel une invitée (la 14e) vient transgresser les lois…
« Un dîner à Paris est en soi une Comédie Française » dit l’auteur et moi, je dirais même une comédie humaine.
Voici quelques extraits qui vous donnent une idée du style de cet auteur et de l’esprit de cette bourgeoise :
- « Lorsque le corps s’affale, la pensée s’affaisse ».
- « On blasonnait une dot en dotant un blason ».
- « Son égo est si massif qu’il en a fait don à la recherche médicale ».
- « Elle le déleste de son portable mais il hésitait à se séparer de son poumon artificiel ».
- « L’une des invitées est refaite de partout c’est une néo-femme ».
Voilà ce que, pour ma part, j’appelle de la littérature : ce pouvoir de jouer avec les mots, de trouver le mot ou l’expression juste pour décrire tel ou tel travers. Chaque mot a son pouvoir propre pour assener des coups aux représentants de cette bourgeoisie. C’est du grand art de la part de cet auteur, c’est de l’orfèvrerie !

Membre de Lachine

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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Membre : Ville Mont-Royal

Assouline, Pierre. Les Invités, Éditions Gallimard, 2009.

Catégorie : Romans : récits humoristiques

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