17 mai 2018

Les Chaises

Ionesco, Eugène

Les Chaises TNM

Je me suis vraiment régalé lors de la représentation de la pièce d’Ionesco, Les Chaises, au TNM. Renversé. Tellement que j’ai repris la lecture de la pièce, le lendemain dès mon réveil afin que le souvenir dure.

Monique Miller et Gilles Renaud sont époustouflants. Le scénographe et le metteur en scène ont magnifiquement traduit les indications scéniques d’Ionesco.

Ionesco proposait de confier le rôle de la Vieille à une jeune tant il y aurait de chaises à transbahuter, et toujours plus vite vers la fin. Bah ! le scénographe et le metteur en scène ont pallié ce gros effort. Il n’allait pas nous priver de la présence de Monique Miller, quand même.

Tout a été dit sur Ionesco : la fin de la communication (les vieux disent une chose et son contraire, (« Quel mauvais temps ! Comme il fait beau ! »), le théâtre de la déraison (« Je ne suis pas moi-même. Je suis un autre. Je suis l’un dans l’autre. » – clin d’oeil à Rimbaud –, scénarisation de la fin de représentation (absence de la cantatrice dans La Cantatrice chauve, « foule d’absences présentes » dans Les Chaises).

Monde en décrépitude que seul pouvait habiter et résumer le silence de l’Orateur à la fin de la pièce.

Mon passage préféré quand le Vieux dit : « Pour empêcher l’exploitation de l’homme par l’homme, il nous faut de l’argent, de l’argent, encore de l’argent. » Sidérant paradoxe, toujours d’actualités, car pour avoir de l’argent, toujours plus d’argent, il est trop souvent requis d’exploiter l’homme, et sa fiancée (disait Foglia).

En salle jusqu’au 2 juin.

Membre : J. de Rosemont

Ionesco, Eugène. Les Chaises, TNM, 2018.



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Catégorie : Théâtre


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