28 juin 2018

Les Bienveillantes

Littell, Jonathan

Les Bienveillantes

Maximilien Aud est juriste de profession. Durant la Seconde Guerre mondiale, il est officier de l’armée allemande. C’est un haut gradé proche du centre de décision. Sa mission : renseigner ses supérieurs de l’atmosphère qui règne sur le front russe.

Cet homme se trouve face à un cas de conscience assez difficile à résoudre. Ou bien il sert son pays et obéit aux ordres de ses supérieurs qui optent pour la « solution finale » ou bien il trahit son pays et c’est le peloton d’exécution ou le suicide.

Ce n’est pas un « autre » roman sur la Seconde Guerre mondiale. C’est un roman qui, pour la première fois à mon avis, nous explique les fondements politique et économique de la vision d’Adolf Hitler qui voulait se débarrasser (expatrier) non seulement des Juifs, mais aussi des Tsiganes, des Bolchéviques, des prisonniers de droit commun, des infirmes, des malades mentaux, des homosexuels, des prostituées, des alcooliques : « […] enfin tous ceux jugés incapables de remettre sur pied une Allemagne forte. Et dans un second temps, [il faudra] songer aux tuberculeux, qui contaminent les gens sains, aux cardiaques, qui propagent un sang altéré et qui coûtent des fortunes en soins médicaux : eux, il faut au moins les stériliser. Tout ça, il faudra s’en occuper catégorie par catégorie. »

En lisant ce livre passionnant, je me suis demandé si par hasard certains dirigeants de pays fort démocratiques ne songeaient pas justement à appliquer ce genre de « solution finale » aux immigrants qui, de plus en plus, causent des maux de tête aux bien-pensants de cette planète. « Bien, voyons donc !, que je me suis dit, tu exagères toujours. »

Avec ce premier roman, Jonathan Littell décroche le Goncourt 2006. Qui dit mieux ?

Membre : Saint-Jean-sur-Richelieu

Littell, Jonathan. Les Bienveillantes, Éditions Gallimard, 2006, 907 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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