18 jan 2013

Les Amazones

Marcotte, Josée

Vous avez aimé IQ84 d’Haruki Murakami, Millenium de Stieg Larsson, The Hunger Games de Suzanne Collins, vous allez adorer ce roman d’une jeune et talentueuse auteure québécoise que je vous encourage fortement à lire.
Le récit est composé d’une quarantaine de chapitres décrivant autant d’Amazones qui vivent « libérées » de l’homme. L’action se déroule longtemps après la fin de l’ère post-capitaliste, en l’an moins 20. Un nouveau monde pourrait naître. Au fil de la lecture, une société en décomposition apparaît sous vos yeux. Tiresia(s), la devin, mi-aveugle, s’est réfugiée dans une grotte avec sa compagne Morphale et nous narre comment est advenu le début de la fin du monde. Le clan des femmes mène une lutte sans fin à celui des hommes. Elles vivent en complète autarcie. Elles ont trouvé le moyen de s’autoreproduire par simple gaillardise, « de créer des êtres, déjà femmes, déjà adultes, à partir de boue, d’épices, d’écorces, de végétaux, de fruits, et à l’aide d’incantations ». Elles ont créé la société idéale. Le bonheur obligatoire. Une organisation sociale qui emprisonne la parole, la bannit, la fustige. Une seule parole est admise, celle du Babil réglementaire qui dicte les façons de penser, de sentir et d’agir à toutes, sans exception. Une société où l’on ne peut jouir – catharsis lunaire – qu’en groupe, dans sa petite case. Qui ne se soumet pas au Babil périra par la purge, la « flambulance ». Elles ont reproduit toutes les facettes du pouvoir propre à l’homme. Le portrait d’une révolte. Le portrait d’une société fondue dans l’Un et du possible passage au Multiple, à la rencontre de l’autre. De Tiresia à Tiresias.
Tous les traits des sociétés totalitaires et des récits dystopiques (1984, Le Meilleur des mondes, Fahrenheit 451, etc.) y sont réunis : l’interdiction de la parole, l’élimination ou l’interdiction du livre, les incantations (slogans), l’élimination de la différence, la torture, un millénarisme, une parole fondatrice, des figures expiatoires et un bouc émissaire.
Sombre portrait ? Oui, mais c’est aussi un récit ludique, déjanté, hurluberluminé et boulivresque. Ça calembourine et freudonne à souhait. On y retrouve les jeux de langage de La Princesse Apocalypse et de Marge.
J’ai commis une critique un peu plus longue et déjantée de ce roman sur le site le tiers-livre de François Bon.
Si ça vous intéresse, c’est ici : (http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3310).

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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Membre : Montréal

Marcotte, Josée. Les Amazones, Éditions L'instant même, 2012.

Catégorie : Romans : fantastique et science-fiction

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