13 jan 2022

Léonard de Vinci

Vecce, Carlo

Léonard de Vinci

La chaîne ARTV a présenté à l’automne 2021 une série en plusieurs épisodes simplement intitulée Leonardo, traitant de la vie de Léonard de Vinci (1452-1519), donc décédé il y a un peu plus de 500 ans. Les critiques ont été partagées mais, personnellement, j’ai trouvé magnifiques ces émissions qui ont stimulé le besoin d’en savoir plus sur cet homme exceptionnel, d’où la lecture de ce livre.

La vie de Léonard de Vinci est bien connue, même si certaines zones d’ombre subsistent. C’est que, d’une part, lui-même a énormément écrit. Il se voyait autant comme ingénieur que comme artiste et il notait quasi quotidiennement ses réflexions et ses idées sur la peinture et la sculpture, mais aussi les résultats de ses recherches sur de multiples sciences (anatomie, optique, géométrie, balistique, etc.), en plus des faits relatifs à la vie courante (dépenses, rencontres, etc.). Plus de la moitié des cahiers ainsi rédigés sont perdus, même si Léonard avait prévu leur conservation et leur diffusion. Toutefois, ce qui en subsiste est très révélateur de son génie polyvalent.

En outre, la quantité et la variété des documents conservés à son sujet sont impressionnantes. Par exemple, même s’il est né d’une union illégitime, son grand-père paternel, issu d’une vieille famille de notaires, a noté le jour et l’heure de sa naissance ; son acte de baptême est connu et les recensements annuels permettent de le suivre durant toute sa petite enfance.

D’autre part, la société dans laquelle il a évolué, principalement à Florence et à Milan, en pleine effervescence de la Renaissance italienne, a vite reconnu son génie et a suivi ses travaux. Plusieurs peintres de talent ont fréquenté son atelier et les copies de ses œuvres faites par ceux-ci sont souvent les seules traces qui en restent ; c’est le cas en particulier de La Cène, murale célèbre avant même d’être terminée et qui s’est rapidement dégradée à cause des conditions de sa réalisation.

La série est fidèle dans les grandes lignes à ce qui est connu de sa vie. Le livre le suit donc à la trace de façon chronologique, avec un luxe de détails inouïs. Ayant de multiples intérêts, Léonard entreprenait beaucoup, mais terminait peu. On y retrouve de multiples références aux personnages qu’il a rencontrés, dont Michel-Ange, Nicolas Machiavel et César Borgia, pour ne citer qu’eux, mais aussi à des événements qu’il a racontés, dont un rêve récurrent d’un oiseau qui aurait approché son berceau.

L’atmosphère des ateliers des peintres et des villes de l’époque est bien rendue ou du moins très crédible, selon moi. Par contre, la trame narrative de la série, basée sur une accusation de meurtre à l’endroit d’une jeune femme nommée Caterina de Cremona, est fantaisiste, même si une relation avec cette personne lui a été attribuée.

Léonard avait une connaissance aiguë de l’humanité, dont il parlait d’une façon quasiment prophétique comme d’une « chose inutile pour le monde et destructrice de toutes les choses créées ». (p. 149)

Titre original : Leonardo

Membre : Pierre, abonné de la bibliothèque Germaine-Guèvremont

Vecce, Carlo. Léonard de Vinci, Éditions Flammarion, collection Grandes Biographies, 2001, 407 pages – dont 109 pages de notes et de bibliographies.



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