11 mai 2012

Le Second souffle suivi du Diable gardien

Pozzo di Borgo, Philippe

Il ne s’agit pas d’un roman. L’auteur relate dix années de sa vie après une chute en parapente en 1993, accident qui le laisse tétraplégique à 42 ans. Le scénario du film Intouchables est élaboré autour de ce récit.
Les contraintes d’un scénario (si fidèle au récit soit-il) limitent la compréhension de ce qui se passe vraiment dans la tête de ce tétraplégique. L’horreur, le déni et la douleur physique et mentale y sont gommés. Le film nous révèle un homme adapté à sa condition, soutenu et aidé par le « Diable gardien », Abdel, magnifique géant noir. Ce qu’en pense l’auteur, seul le récit nous éclaire là-dessus.
Abdel : « Il est insupportable, vaniteux, orgueilleux, brutal, inconstant, humain. Sans lui, je serais mort de décomposition. » « Je sens chez Abdel une personnalité, une intelligence des situations et quelque chose de quasi maternel. »
En réalité, monsieur Pozzo di Borgo qui tenait pour acquis sa santé, sa famille, son statut social ainsi que son immense fortune, se réveille après sa chute ne comprenant pas ce qui lui arrive. La mémoire du corps engendre des perceptions physiques insupportables. Constante sensation de brûlure partout. Presque toujours.
Par exemple, comment saurions-nous en regardant le film que cet aristocrate fortuné s’apaise quand Abdel lui lit J.M.G. Le Clézio La quarantaine, entre autres ? Mais on sent que Le Clézio l’émeut au point de lui faire oublier un court instant (ce n’est pas rien) la souffrance qu’il a finie par accepter.
Ce récit oscille entre espoir et désespoir. Il nous défie par exemple avec « polysensualisme » et « acculturation ». J’ai dû faire mes devoirs. Le film nous séduit. Nous ne nous posons pas de questions.
Comment ne pas songer à tous les tétraplégiques de par le monde, lesquels n’ont pas les « moyens » de monsieur Pozzo di Borgo ?
Bémol : récit un peu longuet vers la fin. Ou pas ? À lire.

Membre de : Île-des-Soeurs


17 fév 2012

Je viens de terminer la lecture de ce récit suivi du Diable gardien. Juste à temps, alors qu’arrive sur nos écrans le film Intouchables, réalisé à partir de ces deux livres, un film adulé déjà par huit millions de Français, paraît-il. On peut prévoir qu’il fera aussi un tabac au Québec, vu l’histoire qu’il raconte.
Celle de l’auteur, tétraplégique à la suite d’un accident de parapente : fortuné, il pourrait tout se permettre si ce n’était des douleurs physiques et morales de son état. Il embauche pour l’aider un Beur, récemment sorti de prison. En dépit des contrastes d’éducation et de classe, ces deux-là développeront une amitié complice et drôle. Le premier des deux livres nous fait cheminer à côté de l’handicapé, à travers ses amours, ses souffrances, sa réflexion, son engagement social. Le second serait plutôt le canevas du film.

Je voudrais aussi remercier les membres du Club des Irrésistibles pour tout le bonheur que j’ai eu à lire récemment Il pleuvait des oiseaux - le plus beau livre de 2011 à mon avis – Le cas Sneijder et Rien ne s’oppose à la nuit.



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Membre : Outremont

Pozzo di Borgo, Philippe. Le Second souffle suivi du Diable gardien, Éditions Bayard, 2011.

Catégorie : Biographies

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