29 déc 2016

Le Promeneur à Paris au XVIIIe siècle

Turcot, Laurent

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Essai instructif et captivant sur le plaisir de la promenade. Le mot promenade est employé la première fois en 1618. Au XVIIe siècle, la promenade se fait surtout en carrosse. Les lieux les plus fréquentés sont les cours : lieu de rendez-vous du beau monde. Le « Cours-la-Reine » est un lieu planté de quatre rangs d’arbres, avec grilles, créé par Marie de Médicis en 1616, il n’y a aucune construction et seul le roi et l’aristocratie ont le droit de le fréquenter.
Les Tuileries et le Cours-la-Reine sont les deux espaces dans lesquels il est de « bon ton » de voir et de se faire voir. Depuis 1700 se fait la location de chaises afin de renflouer les coffres de l’état. Les Champs-Élysées, prolongement des jardins des Tuileries, devient officiellement « avenue des Champs-Élysées » en 1709.
Le début du XVIIIe siècle voit cependant un changement dans le rituel de la promenade, une transformation sociale au sein de la société française. L’exercice modéré de la marche conserve la santé. Si l’on est « gens de pied » il faut posséder de longues bottes afin de protéger ses bas de soie, « vu que les crottes augmentent tous les jours dans cette ville ». Il faut marcher près des murs des maisons afin d’éviter l’égout à ciel ouvert au centre de la rue, de là l’expression « tenir le haut du pavé ».
En littérature, on pense à l’écrivain Restif de la Bretonne qui est le spectateur nocturne, historiographe des événements ténébreux des rues de Paris dans Les Nuits de Paris, ou le Spectateur nocturne (1788-1794, 8 volumes).
Aux Rêveries du promeneur solitaire (1782) de Jean-Jacques Rousseau qui disait « il faut que mon corps soit en branle pour y mettre mon esprit ».
Au XXIe siècle, les grands rassemblements parisiens (la Nuit blanche, la Fête de la musique, Paris Plage, etc.) sont la suite de cette lointaine promenade de civilité.
Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur la promenade, mais c’est à vous, maintenant, de découvrir la suite…
L’auteur québécois est docteur en histoire de l’École des hautes études en sciences sociales à Paris.

Membre : Outremont

Turcot, Laurent. Le Promeneur à Paris au XVIIIe siècle, Éditions Le Promeneur, 2007, 426 pages.



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