28 déc 2017

Le Plongeur

Larue, Stéphane

Le Plongeur Larue

Roman initiatique détaillant un moment charnière dans l’existence d’un jeune de 20 ans, venu à Montréal pour ses études. Un antihéros un peu candide en prise avec les démons du jeu et qui sent sa vie partir en quenouille.

L’histoire commence alors que le narrateur, un jeune étudiant en graphisme, vient de déménager à la cloche de bois pour éviter de payer le loyer qu’il doit à son colocataire. Il est « dans la marde » ayant englouti dans les vidéopoker l’argent de ses économies, du loyer, celui que sa copine lui a prêté et même une avance qu’il a reçu pour faire la pochette du premier CD qu’un copain et son groupe de métal va produire. Il squatte chez un ami d’enfance et, pour essayer de se refaire, il se trouve « une job » de plongeur dans un restaurant huppé du Plateau, La Trattoria. Le roman raconte son apprentissage et son adaptation à l’univers bien particulier des cuisines et ses tentatives pour combattre sa dépendance au jeu.

La magie opère dès la première ligne. D’une écriture finement ciselée, sans effets superfétatoires, Stéphane Larue nous décrit avec maîtrise la plonge, l’arrière-cuisine, la drogue, l’alcool, les virées dans les bars après des shifts déments passés à la plonge, les réveils douloureux, les trucs pour éviter de succomber à la lumière stroboscopique des machines à sous, les shows violents de métal, les amitiés, les rencontres, les occasions ratées, les illusions perdues et les catastrophes évitées de justesse, un tourbillon d’émotions.

On s’attache aux personnages, tous plus colorés les uns que les autres, mais étonnamment criant de vérité : Mohammed le chauffeur de taxi zen, Malik le cousin bouée de sauvetage, Jess et Marie-Lou les ex-petites amies, Jade qui aurait pu le devenir, Greg le truand et surtout Bébert, grande gueule cassée, soûlon au grand coeur qui prend sous son aile le naïf Stéphane (oui, on soupçonne dès le début que ce narrateur a beaucoup en commun avec l’auteur), qui observe et tente de s’adapter.

Un véritable coup de coeur. J’attendrai avec impatience le deuxième roman de ce jeune auteur si prometteur.

Membre : Outremont

Larue, Stéphane. Le Plongeur, Éditions Le Quartanier, 2016, 569 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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