05 avr 2018

Le Plongeur

Larue, Stéphane

Le Plongeur Larue

C’est un roman dont le sujet n’est pas ordinaire : il est rare, en effet, de vivre ainsi dans le monde de la restauration, et surtout dans ses coulisses où la vie est particulièrement stressante et exigeante, où chacun doit faire sa part et aider le voisin si nécessaire, surtout au moment des fêtes de fin d’année.

L’auteur fait de très bonnes descriptions de ces heures trépidantes et essoufflantes, des amitiés qui se nouent, des analyses psychologiques très justes des acteurs qui ne sont pas dans ces arrière-cuisines par choix, mais bien par nécessité. Aux petites heures du matin, pour se détendre, ils se retrouvent, tous ou presque, dans un bar pour boire, se droguer ou même s’adonner au jeu avant d’aller dormir quelques heures et de reprendre cette vie infernale dont ne se doutent pas les clients de restaurants.

Malheureusement, pour ceux qui n’ont pas vécu dans ce quartier de la ville et qui ne connaissent ni « l’argot » ni le franglais des cuisines des restaurants montréalais, certaines expressions sont trop souvent difficiles à saisir – pour masquer le manque de vocabulaire ? Ou pour aller plus vite ? – ce qui risque de priver ce roman de nombreux lecteurs de la francophonie !

« Dans le reste du monde, l’influence de l’anglais est externe ; au Québec, elle est interne, écrit avec justesse Jean Paré dans un très beau livre Pièces d’identité » (Christian Rioux, Le Devoir, 21 mars 2018). Et Le Plongeur est un très bon exemple de ce constat. C’est vraiment dommage pour ce roman !

Membre : Outremont

Larue, Stéphane. Le Plongeur, Éditions Le Quartanier, 2016, 569 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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