23 juil 2015

Le Modèle

Christensen, Lars Saabye

le modèle

C’est la première fois que je lisais cet auteur norvégien né en 1953 ˗ très polyvalent d’après ce qu’en dit la jaquette du livre. J’ai été happée par son roman. On apprend que le personnage principal, Peter Wihl, un peintre de renom, va perdre la vue. Un point de départ un peu mélodramatique, convenons-en, mais le traitement qui est fait de la suite des choses ne l’est nullement. Christensen nous plonge dans un univers familial très attachant ; on se sent dans un film de Bergman dans lequel tout à coup Mankell viendrait introduire un filon social troublant : un camarade d’école, maintenant un ophtalmologiste un peu louche, apparaît tout à coup, ce qui déplacera l’intrigue pendant quelques pages en Estonie où des enfants pauvres ont besoin de chaleur et de lumière.
Le rapport du peintre à son travail est magnifiquement exploité dans ce roman. Le poète qu’est aussi l’auteur, arrive à mettre en mots le processus particulier qui conduit des formes, des couleurs et des pulsions intimes, à l’œuvre peinte. L’intrigue n’est pas sans égratigner au passage certaines dimensions superficielles du commerce de l’art. La mise en scène d’une pièce d’Ibsen, à laquelle collabore en tant que scénographe, Helen, la femme du peintre, donne lieu à une description amusée des travers et des traditions du milieu théâtral. On remarquera aussi, dans ce roman, une construction souvent en double : un événement se présente comme le parallèle ou l’inversion d’un autre. Seule faiblesse, à mon avis, le dénouement…

Titre original : Modellen

Membre : Web

Christensen, Lars Saabye. Le Modèle, Éditions Jean-Claude Lattès, 2005, 2007, 355 pages.



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