15 oct 2020

Le Coup de lune

Simenon, Georges

Le Coup de lune plus gros format

Cette fois-ci, Simenon nous entraîne en Afrique, au Gabon, plus précisément.

Joseph Timar qui ne sait pas quoi faire de sa peau décide d’aller travailler au Gabon. En arrivant, il se sent mal à l’aise et n’arrive pas à savoir pourquoi. Ce n’est pas le dépaysement. C’est autre chose de plus subtil.

« Aucune raison d’inquiétude ? Mais si ! La raison, il la connaissait et s’il récapitulait ainsi toutes les mauvaises raisons, c’était pour retarder le moment d’arriver à la bonne.
La raison, elle était là, comme éparse autour de lui, l’hôtel. C’était l’hôtel même. »

Bien qu’à mon avis ce roman ne fasse pas partie des meilleurs romans « durs » de Simenon, il n’en reste pas moins qu’il est toujours intéressant de connaître la vision de cet auteur concernant la façon dont les Africains ont été traités par les Français durant les meilleures années du colonialisme.

Et si d’aventure on s’obstine à réviser ce roman pour le rendre plus blanc que blanc et à remplacer le mot « nègre » que l’on rencontre à peu près à toutes les pages, on n’a pas fini d’être ridicule.

Justement, Christian Rioux dans sa chronique intitulée « Les Militants » (Le Devoir, 2 octobre 2020) écrivait : « L’essayiste Anne Sophie Chazaud [...] parle d’une crise de la représentation où “tout doit être pris au pied de la lettre” sans la moindre distanciation, sans même prendre le temps de réfléchir. On bannira donc le mot “nègre” peu importe la phrase ou le livre, de la même façon que les fondamentalistes musulmans interdisent toute représentation de Mahomet. »

En fin de compte, ce Simenon, il n’était pas mal du tout. Quand un roman nous fait réfléchir…

Membre : Michel, Saint-Jean-sur-Richelieu

Simenon, Georges. Le Coup de lune, Éditions Presses Pocket, 1933, 1975, 183 pages.



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