08 fév 2018

Le Chardonneret

Tartt, Donna

Le Chardonneret Tartt

Voici ce qu’en dit l’éditeur : « Qui est Theo ? Que lui est-il arrivé à New York pour qu’il soit aujourd’hui, quatorze ans plus tard, cloîtré dans une chambre d’hôtel à Amsterdam comme une bête traquée ? Qu’est devenu le jeune garçon de treize ans qui visitait des musées avec sa mère et menait une vie de collégien ordinaire ? D’où vient cette toile de maître, Le Chardonneret, qu’il transporte partout avec lui ?

À la fois roman d’initiation à la Dickens et thriller éminemment moderne, fouillant les angoisses, les peurs et les vices de l’Amérique contemporaine, Le Chardonneret laisse le lecteur essoufflé, ébloui et encore une fois conquis par le talent hors du commun de Dona Tartt. »

Voilà un livre qui me prouve que la littérature existe encore ; un livre puissant par l’écriture et brillant par sa richesse. Si bien qu’après avoir tourné la dernière page, j’en suis toujours un peu étonnée. Sans doute cet étonnement est en partie dû à la quantité de livres médiocres qui encombrent les tablettes des librairies et qu’on ne peut pas toujours éviter.

Mais celui-ci est tellement bien écrit et l’intrigue tellement bien construite que malgré le nombre de pages (800), on ne s’ennuie pas une fois. L’intrigue, les personnages, le rythme, le ton, le langage, tout est parfait. Sans compter les descriptions : que ce soit un sourire, une personne, un tableau, un meuble, New York, le désert, aucun mot n’est de trop et ceux-ci contribuent à créer l’atmosphère si riche de ce livre.

L’histoire nous fait voyager de New York à Las Vegas, de l’atmosphère feutrée des demeures riches de l’Upper West Side au chaos des familles dysfonctionnelles de Vegas. Philosophie, histoire de l’art, drogues, Proust, mafia russe, rien n’est laissé au hasard, rien n’est superficiellement décrit. Si un des personnages restaure des antiquités, on apprendra tout sur les différentes qualités du bois, les vernis, comment rendre « authentique » un faux, comment les écouler et les rendre encore plus « authentiques » en multipliant les transactions. Si un autre prend de la drogue, on saura tout des effets ressentis de la première fois à l’accoutumance, et de l’illusion de pouvoir arrêter à temps.

Donna Tartt, nous fera découvrir de ces amitiés d’enfance qui naissent dans la misère et durent, du pouvoir que l’art a de changer une vie, de l’immortalité d’une œuvre d’art et de sa beauté qui se transmet de génération en génération même si chacun l’appréhende à sa manière, de la façon dont les gens vieillissent et deviennent matures, de l’effet que cela fait d’être toujours en amour avec quelqu’un qui ne veut pas partager cet amour, de la condition humaine aussi et des questionnements qui l’ont toujours entourée.

Mais surtout, Donna Tartt nous permet d’appréhender un peu mieux ce qu’est le syndrome post-traumatique et comment ceux qui le subissent vivent l’angoisse d’être un survivant. La réalité légèrement décalée de celle des autres fait qu’on ne peut pas vraiment comprendre ce qu’ils vivent et qu’ils ne guérissent jamais vraiment.

Et toute la tragédie de ce livre tient au fait qu’une mère et son fils, un jour, s’arrêtent dans un musée qui va exploser et que l’un des deux survivra et l’autre pas.
Cinq étoiles sans hésitation.

Prix Pulitzer, Fiction 2014.

Titre original : The Goldfinch

Membre : Outremont

Tartt, Donna. Le Chardonneret, Éditions Plon, collection Feux croisés, 2013, 2014, 795 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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