26 avr 2018

Le Bouddhisme du Bouddha : ses doctrines, ses méthodes et ses développements mahayanistes et tantriques au Tibet

David-Néel, Alexandra

Le Bouddhisme du Bouddha

En préface l’auteure pose des questions : quand la faillite menace notre société commerciale, cela ne justifie-t-il pas un inventaire de capital d’idées dont l’humanité est propriétaire ? Or, il existe un enseignement dont le but consiste précisément dans la suppression de la souffrance. Ne serait-il pas sage d’y accorder notre attention ?

C’est justement la doctrine proposée aux hommes il y a 25 siècles par un penseur né aux pieds des Himalayas, le Bouddha, doctrine qui fut développée par la suite et transformée d’après les mentalités diverses. Sommes-nous capables d’en faire aujourd’hui un usage utile ?

Le présent livre est le produit d’une collaboration poursuivie pendant un grand nombre d’années avec son regretté fils adoptif le lama Yongden (mort en 1955).

Le Bouddha Siddhârta ne représente pas un Maître, une autorité exceptionnelle ni un sauveur, mais il prêche que c’est l’homme lui-même qui doit assurer son salut en faisant l’effort nécessaire. Les Bouddhas ne peuvent qu’enseigner, même si les hommes aiment se rattacher à une personnalité qui les domine.

Dans la fleur de la jeunesse, c’est l’ascète Gautama. Il a décidé de quitter son milieu d’aisance et de plaisirs pour devenir un sannyâsin, c’est-à-dire quelqu’un qui vise une « joyeuse délivrance », autour duquel se grouperont des disciples. Dans l’Inde de l’époque, son geste n’avait rien d’exceptionnel et les motifs exacts ne relèvent d’aucun récit véritablement historique. Ce qu’on sait, par contre, c’est que depuis sa prime jeunesse, il s’est montré enclin à des méditations prolongées et s’écartait des siens pour aller s’asseoir pensif au pied d’un arbre dans les jardins du palais familial.

Le père essaye d’y mettre un terme, mais il doit constater que son fils ne s’accoutumera pas au genre d’existence oisive et sensuelle que mènent les jeunes nobles de son pays. Le jeune Siddhârta est absorbé dans les réflexions qui aboutirent à lui faire abandonner la maison. Il a des pensées mélancoliques : « Quel sujet de joie y-a-t-il en ce monde, ne chercherez-vous pas une lampe ? » Et il ne conçoit pas la recherche de l’illumination spirituelle sans l’abandon préalable de toutes attaches. Il laisse même son fils, mais dit : « Je reviendrai et je verrai mon fils. »

En solitaire donc, il médite et par une succession d’états de conscience dans le détachement il en arrive au Nirvâna (action d’un souffle qui passe sur une flamme et l’éteint, c’est-à-dire une extinction de tous les sentiments et de toutes pensées mauvaises pour nous), il devient un Bouddha. Comme il a beaucoup de compassion pour les êtres qui souffrent, il veut faire partager sa délivrance. Il indique une voie : par des vues justes, une volonté juste une parole juste et par un effort, une attention et une méditation justes.

En fait, la doctrine du Bouddha est très simple, mais elle a subi des modifications au cours du temps. Dans ses principes essentiels, le bouddhisme est une école d’énergie stoïque, d’inébranlables persévérances et de singulière audace dont le but est de s’entraîner à une lutte contre la souffrance pour arriver à une connaissance, une sagesse.

C’est le sentier à sept branches qui comprend : la concentration d’esprit, la méditation à la recherche de la vérité (vue juste)… qui conduit à la sagesse. Il faut être attentif et examiner tous ses mouvements et tous ses sentiments… Rejeter la convoitise, la colère, la nonchalance l’agitation et le doute. Pour cela il faut chercher un endroit solitaire. L’auteure renvoie le lecteur à son livre Mystiques et Magiciens du Tibet (1929).

Parmi les efforts et volontés, David-Néel nomme l’effort pour éviter les idées malsaines et fausses, celui de dominer les tendances néfastes, celui d’acquérir les qualités requises pour parvenir à la Connaissance, l’effort pour conserver les tendances et les notions salutaires. Il doit aussi régner un but altruiste, une compassion. Il existe cinq préceptes qui sont des sortes de codes de conduite morale.

À la fin du livre, deux chapitres très intéressants. L’auteure parle de théories au Tibet qui sont plus ancrées dans la sorcellerie et la magie, les masses ignorantes qui sont imbues des croyances chamanistes avant l’introduction du bouddhisme. C’est très consciencieusement écrit dans le livre Mystiques et Magiciens du Tibet.

Membre : N.L., Île-des-Soeurs

David-Néel, Alexandra. Le Bouddhisme du Bouddha : ses doctrines, ses méthodes et ses développements mahayanistes et tantriques au Tibet, Éditions du Rocher, 1921, 320 pages.



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