01 déc 2022

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Aviez-vous l’âge, en 1972, d’aller voir des expositions ? Si tel est le cas, vous avez possiblement vu les photos réalisées à partir du projet Disraeli. Sinon, 50 ans plus tard, vous pouvez les découvrir, comme je viens de le faire, en allant au musée McCord Stewart qui présente, jusqu’au 19 février 2023, Disraeli revisité – Chronique d’un événement photographique québécois.

Cette proposition, qui a eu un effet considérable sur la photographie au Québec, a pu voir le jour dans la région de Chaudière-Appalaches, grâce à l’obtention d’une bourse provenant du programme fédéral Perspectives-Jeunesse, mis de l’avant par Pierre Elliott Trudeau.

En quoi consiste exactement ce projet porté par les membres du Collectif de l’Imagerie Populaire de Disraeli ? De juin à août 1972, Michel Campeau, Claire Beaugrand-Champagne, Cedric Pearson et Roger Charbonneau ont brossé un portrait des Disraelois(es), en compagnie des recherchistes Maryse Pellerin et Ginette Laurin qui ont enregistré environ 16 heures « d’entrevues et de sons ambiants pendant leur été à Disraeli ».

Les photographes logent sur le Rang 5, dans une maison de ferme qu’ils louent à un certain Pit Labbé, « propriétaire d’un garage local », non loin du centre de Disraeli. Ils se mêlent aux villageois et les prennent en photo. Qu’il s’agisse d’enfants, de familles telles les Bouffard, les Lagueux, les Vaillancourt…, mais aussi d’intérieurs de maisons et de commerces – chez le barbier, dans une manufacture de vêtements ou à l’usine de meubles. « Leur intention n’est pas nécessairement de composer un portrait exhaustif de Disraeli, mais plutôt de témoigner d’une série de rencontres avec des personnes et des lieux particuliers. »

Zoë Tousignant, commissaire et conservatrice, Photographie au Musée McCord Stewart, a divisé les salles par thèmes. L’exposition compte 144 photographies (épreuves numériques et épreuves à la gélatine argentique), dont plus de 67 inédites, ainsi que 44 documents d’archives. Il ne faut pas oublier de mentionner une vidéo de 16 minutes et 41 secondes, montage fait à partir de cassettes retrouvées dans le sous-sol de la mère de Cedric Pearson. « La projection présentée au musée contient des extraits audio d’interactions entre les membres du collectif et les gens de Disraeli. Ces extraits sont combinés à une section de planches contact des photographes, qui montrent souvent l’instant même qui a été enregistré. »

À la fin de cette expérience, trois mois plus tard, leur travail cumule, entre autres, 8 000 négatifs. En décembre de la même année, la population a pu, en se rendant aux Galeries de photographie du Centaur, regarder « 500 tirages de lecture de 5×7 pouces ».

Malheureusement, cette bonne idée de documenter une région du Québec a suscité une polémique à la suite d’une publication, le samedi 9 février 1974, de 18 photographies dans le supplément « Perspectives » de plusieurs journaux francophones. Quel est le problème, me direz-vous ? La réponse se trouve dans les documents exposés, puisqu’ils retracent chronologiquement toute cette saga, à défaut d’autres mots.

Claire Beaugrand-Champagne, première femme photographe de presse au Québec, Michel Campeau, Cedric Pearson, né en Grande-Bretagne, et Roger Charbonneau laissent derrière eux un matériau archivistique inestimable pour ceux et celles qui s’intéressent au Québec.

Je désire souligner qu’après plus de 12 ans de loyaux services, Suzanne Sauvage, présidente et chef de la direction du musée, tire sa révérence. Si cette exposition en est une de mémoire, nous devrions, par la même occasion, ne pas oublier tout ce que cette femme de cœur et de talent a donné durant ces années au sein de cette institution muséale. Un grand merci !


Comme j’avais pris plaisir à suivre les tribulations de hackers dans la trilogie écrite par Marc Levy de 2020 à 2022, je me suis décidée à lire sa plus récente parution. J’ai donc entamé Éteignez tout et la vie s’allume (Robert Laffont/Versilio, 2022) en confiance, mais j’ai très vite déchanté : histoire lue des milliers de fois, du Françoise Sagan dans ses plus mauvais jours… Ce roman frise la série des Harlequin, tout est prévisible et sans grand intérêt. Alors pourquoi avoir poursuivi ma lecture ? Parce que Marc Levy est l’auteur français le plus lu. Je voulais savoir pourquoi, maintenant je sais.

L’histoire débute à bord d’un navire dont on ne connaît pas la destination. On ne sait pas dans quelle ville se fait le départ ni la raison pour laquelle chacun des passagers est à bord.

D’un côté du bastingage, où il s’accroche comme à une bouée de sauvetage, Jeremy. Vingtenaire, organiste dans une église, il a pris le billet le moins cher ; Adèle Glimpse, maître horlogère qui a plus ou moins le double de son âge, a plutôt opté pour une cabine en première classe. Ils ont reçu une lettre qui les amène à quitter temporairement leur quotidien. Donc, départ hâtif dans les deux cas, mais pour des raisons différentes.

Jeremy est « monsieur pourquoi » : il pose beaucoup de questions ; Adèle a le don de deviner qui sont les gens et quelles sont leurs occupations. Ils font connaissance durant leur courte traversée, mais une fois de retour sur terre, leur chemin aurait dû prendre une direction opposée…

Le roman comporte son lot de clichés et de phrases toutes faites. Trois exemples, en six pages.
« Adèle considérait qu’entretenir le malheur était une forme d’addiction. » (p. 20)
« Le père de Jeremy, tailleur de son métier, répétait souvent à son fils que l’élégance ne résidait pas dans les vêtements que l’on porte, mais dans la façon dont on habille son âme. » (p. 23)
« Le destin n’est rien d’autre que la somme des choix que l’on fait. » (p. 26)

Si Éteignez tout et la vie s’allume avait pris plus de deux heures de mon temps, je l’aurais déposé avant d’en connaître la fin, qui est tout aussi banale que le reste du récit. Ne me parlez pas de son contenu dans quelques mois, ma mémoire risque de faire défaut. Aussitôt lu, aussitôt oublié. Suis-je trop sévère ? À vous de me le dire…


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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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