23 juin 2022

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Je suis revenue chez moi emballée par ma visite au Musée McCord où est présentée, jusqu’au 16 avril 2023, la très enrichissante exposition, Alexander Henderson – Art et nature, sous le commissariat d’Hélène Samson, conservatrice sortante, Photographie. Après 16 ans au sein de l’équipe, cette dernière a décidé de prendre sa retraite, à notre plus grand regret.

Si vous êtes natif du Canada, vous connaissez sans aucun doute le photographe et homme d’affaires William Notman (1826-1891). Mais comment se fait-il que le nom de son contemporain, Alexander Henderson (1831-1913), soit quasi ignoré de nos jours ? Il a pourtant, de son vivant, connu une notoriété nationale et internationale…

Les deux talentueux photographes ont comme points communs d’être nés en Écosse, d’être venus s’installer à Montréal (Henderson arrive au Bas-Canada en 1855 à l’âge de 24 ans) et d’avoir ouvert un studio de photographie (Henderson en 1866). Fait intéressant, les deux ont participé en 1860 à la création de l’Art Association of Montreal devenue, depuis, le Musée des beaux-arts. Par contre, leur style diffère : Notman est réaliste, Henderson romantique, c’est-à-dire qu’il veut d’abord transmettre une émotion.

L’exposition du McCord, qui « possède la plus grande collection de photographies d’Alexander Henderson, comptant près de 2 000 tirages d’époque, à laquelle s’ajoute le fonds des archives familiales », corrige donc le tir. Elle nous fait découvrir la carrière photographique de ce comptable de formation, issu de « la petite bourgeoisie terrienne écossaise », indépendant de fortune, comme sa femme, par ailleurs, qui lui a donné neuf enfants – dont cinq ont survécu.

« Première exposition d’envergure » comme le souligne le Musée, puisqu’elle réunit quelque 280 œuvres – incluant des documents d’archives (lettres, certificats, contrats, médaille) et cinq tableaux, entre autres, des huiles sur toile de Cornelius Krieghoff ou de Henry Richard Bunnett. Le procédé photographique d’Henderson, qui a exercé son art « avec un regard colonial », est principalement composé de tirages sur papier albuminé, de tirages sur papier salé et d’impressions numériques d’après tirages.

Regarder les photographies d’Henderson – fait intéressant, ils sont de la grosseur du négatif sur verre –, c’est plonger au cœur du XIXe siècle. On voit des paysages canadiens, mais surtout québécois, d’hiver (qu’affectionne particulièrement Henderson) comme d’été (canot, portage), au milieu de la nature sauvage ou des villes.

La scénographie, signée MASSIVart, est à souligner, ainsi que le travail du chargé de projet, François Vallée.

En complément de cette visite, le Musée propose, à partir du mois de septembre, trois activités gratuites sur place ou en ligne, dont une table ronde « Fabriquer le territoire : un parcours historique » et un atelier « Photo de paysages urbains aux abords du Musée McCord ».

En terminant, mentionnons la publication d’un catalogue de 224 pages, « le premier livre consacré à Alexander Henderson [qui compte] plus de 170 reproductions fidèles aux tirages d’époque », ce qui nous permet de poursuivre notre voyage.


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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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