18 nov 2021

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

J’ai tellement aimé Blizzard (éditions de l’Olivier, 2021) de Marie Vingtras, que j’ai décidé que ce serait le livre que j’allais offrir au temps des Fêtes.

Réservez-vous une soirée pour lire ce premier roman d’une auteure talentueuse et vous serez, à votre tour, emportée par la tempête de neige qui sévit ce jour-là en Alaska.

Chaque chapitre ne comporte que quelques pages. Cette partition musicale – on entend les rafales de vent – donne la parole à Bess, Benedict, Cole et Freeman. À tour de rôle, ils parlent d’eux et des autres, nous ouvrent petit à petit une porte sur leur passé, ce qui nous permet de saisir l’ampleur de l’abysse dans lequel ils se trouvent.

Que sont-ils venus faire dans ce 49e État des États-Unis ? Fuir quelqu’un ou quelque chose ? Ils ont au moins un point commun : chacun porte un lourd secret qui est dévoilé par petites touches au fil des récits.

L’histoire s’ouvre alors que Bess dit : « Je l’ai perdu. J’ai lâché sa main pour refaire mes lacets et je l’ai perdu. Je sentais mon pied flotter dans ma chaussure, je n’allais pas tarder à déchausser et ce n’était pas le moment de tomber. […] J’ai lâché sa main combien de temps ? Une minute ? Peut-être deux ? Quand je me suis relevée, il n’était plus là. » (p. 9) Mais pourquoi est-elle sortie avec le môme au moment où la visibilité était nulle, où il faisait froid, très froid ?

Qui est ce gamin de dix ans ? Il serait le fils de Benedict Mayer, le petit-fils de Magnus et de Maud. Les Mayer, originaires de France, sont installés en Alaska depuis plusieurs générations. C’était un clan uni jusqu’au jour où Thomas, leur fils aîné, est parti sans regarder derrière lui. Ils ne l’ont jamais accepté. Qu’est-ce qui l’a poussé à agir ainsi ? Où est-il allé ? Reviendra-t-il auprès des siens ?

Bess Morgensen a une sœur, Cassandra. Leur mère, une Américaine d’origine irlandaise et leur père, qui a des origines scandinaves, vont voir leur couple éclater à la suite d’un drame. Pourtant la famille était heureuse en Californie… Que s’est-il passé pour qu’ils en arrivent là ? Comment Bess et Benedict se sont-ils rencontrés ?

Cole, lui, vient de Minneapolis. Sans enfant, il est porté sur la bouteille. Il boit avec Clifford « le seul qui surveille ce qui se passe ». Il ne comprend pas du tout ce que Benedict trouve à Bess, tandis que Bess méprise Cole après avoir découvert quelque chose le concernant. Lorsque la scierie a fermé, Cole s’est fait engager par Magnus à qui il doit beaucoup, dont plusieurs « trucs » de survie dans un climat si hostile.

Freeman, est sûrement le seul Noir de la région. À 19 ans, il s’était engagé dans l’armée pour aller combattre au Vietnam. De retour en 1972, il avait fait carrière comme policier à Miami, puis à Fort Lauderdale. Arrivé en Alaska il y a deux ans, on se demande pourquoi sa femme, Martha, et son fils, Leslie, ne l’ont pas accompagné ? Parfois le gamin vient faire son tour, mais est-ce pour voir Cornelia, la chienne, ou pour lui tenir compagnie ?

Dès que Benedict s’est rendu compte que son fils et Bess n’étaient plus à la maison, il est allé voir Cole pour qu’il l’aide à les retrouver. Partis en raquettes, ils vont tenter l’impossible. Réussiront-ils à les ramener sain et sauf ?

Malgré les grands espaces, on étouffe dans ce huis clos. L’intrigue, superbement menée, est prenante et donne froid dans le dos. Comme le dit Benedict au moment où le blizzard perd de sa force : « Tout était redevenu comme avant, sauf que rien ne serait plus jamais pareil. » (p. 170) Nous, non plus, ne sortons pas indemne de cette lecture.

J’ai terminé le livre et je l’ai posé sur ma table de nuit. Deux jours plus tard, je le reprenais pour le simple plaisir de refaire le parcours de cette terrible journée en compagnie de Bess, Benedict, Cole, Freeman et de quelques autres personnages.

Je suis certaine à 99% que Blizzard sera bientôt adapté au cinéma. Tous les ingrédients sont là pour faire un bon film. À suivre !

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.


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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,


Marie-Anne



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